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Justice en questions.

L'ex-assassin présumé qui avait, à l'aide de son couteau de boucher, tenté de pourfendre - et réussi en partie - quelques uns de ses concitoyens et clients, a été acquitté.
Pas question pour nous de revenir sur le jugement que d'ailleurs, légalement, personne n'a le droit de critiquer, voire même de commenter.
Par contre, il est permis de se poser quelques questions à propos des sanctions qui s'abattent, ou pas, sur ceux qui, pour des raisons qui leur sont propres, ont eu maille à partir avec la justice pour des crimes, voire des meurtres, des assassinat ou des tentatives.
Rappelons-nous.
Il y a quelques mois, un hurluberlu armé d'une carabine, a tenté de tirer sur le Président de la République. Il ressemblait plutôt à un Ravaillac de carnaval qu'à un terroriste confirmé, préparant son coup, doté de moyens impressionnants et conforté par un solide réseau de complices. Plutôt genre Pied Nickelé qu'Al Quaïda cet assassin-là. Qui a, d'ailleurs, manqué son coup.
Oh certes, même amateur, il aurait bien pu trucider Jacques Chirac. Le hasard est quelquefois du côté des tragi-comiques de ce calibre.En l'occurence 22. Ni 9 mm, ni 11,43, d'ailleurs, ceux que préfèrent les "pros".
Quand bien même il semblait relever plus de la camisole que de la guillotine, il urgeait donc de le coffrer.
Jugement et justement: dix ans de réclusion. Mazette!
Bien que pénalement responsable, il semble fort qu'au cours des débats, on ait évoqué une espèce de crise de folie.
Déja, d'ailleurs, faire un coup pareil dans ces conditions, il fallait pas être très bien dans sa tête.
Donc folie.
L'argument n'a pas pesé bien lourd.
En effet, pour une crise, par définition passagère, elle aurait, effectivement, duré un peu trop tout de même pour être bien crédible.
Certes, d'aucuns ont pu imaginer qu'un geste du genre grâce impériale, ou mansuétude empreinte de grandeur...bref. C'était oublier que la carabine n'était pas chargée avec du gros sel et que la loi est claire: tentative d'assassinat du magistrat suprême, c'est pas rien tout de même. Et puis si çà nous arrivait à nous, hein?
Oui mais, à quelques jours de là, un jeune homme, bien de sa personne et sous tous rapports, gentil comme tout, et qui avait assassiné dans des circonstances assez atroces, ses deux parents que, paraît-il, il aimait beaucoup, a été, lui, ...acquitté.
Explication: crise de folie passagère.
Ce qui veut dire, pas pénalement responsable de ses actes. Sur la foi, comme toujours, d'experts dont la mission est d'être des guides, des repères absolue, des phares, des mumières omniscientes en matière de définition de responsabilité.
Alors?
Eh bien s'il n'est pas question de revenir sur ces jugements, on peut tout de même se poser les questions sans réponses que nombre de justiciables, dont nous sommes, ont posées.
Notamment celle-ci: en l'absence d'éléments de comparaison entre toutes ces affaires, - il faudrait les avoir toutes suivies, voire assisté à tous les débats ce qui est impossible - comment ne pas se sentir désorienté, perplexe, à propos d'une disparité de peines qui laisse quelque peu pantois qui voudrait se référer à la morale populaire. Vous savez cette morale qui, face, par exemple, à un double parricide, est plutôt encline à avoir une vision plus, disons, émotionnelle que technique?
L'émotion, la douleur, la morale mise à mal n'ont-elle pas autant droit de cité que les "strictes" évaluations psychiatriques? Lesquelles pèsent lourd dans les arrêts de justice?
Si, dans ces affaires, le respect de la loi trouve pleinement son compte, et l'on ne doute pas de la sureté des jugements, la conscience populaire, le désir de morale des citoyens peuvent-ils, eux, être pleinement satisfaits, convaincus, confiants dans une équivalence absolue des sorts faits à ces trois "justiciés"?
Comment, dès lors, ne pas comprendre le malaise des citoyens?
Déja désorientés par la disparition des repères moraux et sociaux, ils persistent à voir dans leur système judiciaire un ultime refuge au milieu d'une société délirante.
Or, ils n'ont toujours pas de réponses satisfaisantes à leurs questions.
Qu'ils ne savent, d'ailleurs, même plus à qui poser...
Et on est charitables: on ne va pas reparler de l'affaire d'Outreau.

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