16/09/2005
Pétrole: Michel Edouard Leclerc le généreux
Bravo Michel Edouard Leclerc !
Bravo, bel effort !
Il était aujourd’hui à Bercy pour couiner au Ministre des Finances que l’Etat doit faire preuve d’honnêteté, sinon d’une grande générosité, en rendant aux Français les surplus des rentrées dues à l’augmentation des prix du pétrole.
En fait d’honnêteté et de générosité, il est vraiment chouette Michel Edouard !
Donner l’exemple il devrait connaître pourtant si l’on s’en réfère à ses campagnes de pub dans lesquelles il clame que dans le combat contre la vie chère, il est le meilleur de France.
La réalité nous apprend autre chose.
Dans les centres Leclerc de la culture où sont vendus des livres et tout ce qui a trait à l’audio visuel, fonctionne, très bien d’ailleurs, un système de cartes de fidélité qui vous donne droit à des remises.
Généreuses les remises ?
Pas vraiment.
D’abord, côté DVD, s’y pratiquent exactement les mêmes prix qu’ailleurs, si ce n’est les fameuses remises auxquelles donne droit cette fameuse carte.
Remises de combien ?
Tout achat de 10 euros, vous donne droit à UN point.
Au bout de 60 points, vous avez droit à 10 euros d’achat gratuit.
Le calcul est vite fait.
Acheter pour 600 euros de marchandises vous donne une remise de…10 euros.
Mais elle est moindre en réalité.
En effet, les prix ou une partie des prix y sont systématiquement fixés juste en dessous de 10 ou de 5.
Exemple, 14,99 euros au lieu de 15, ou 29,99 euros au lieu de 30, ou encore 9, 99 euros au lieu de 10.
Compris ?
Lorsque vous achetez un DVD à 14,99 euros, vous ne gagnez qu’un point.
Alors, en pensant qu’en achetant plus vous pourrez arriver à ne pas perdre votre petit avantage de 4,99 euros, vous en achetez un second.
Ce qui vous fait 29,98 euros.
Zut !
Encore raté !
Et vous pouvez continuer encore longtemps ce petit jeu de dupes auquel vous serez toujours perdant !
Génial non ?
Merci qui ?
Merci Michel Edouard le généreux!
Mieux encore.
Alors la remise ?
Eh bien avec ce petit système elle équivaut, à la louche, mais la petite louche, entre 1 et 1,20 et quelques pour cent !
C’est Byzance non ?
Comme le principe implicite sinon très explicite consiste à dire plus vous achetez, et plus vous aurez de remise, l’on pourrait, pourtant, penser qu’un si généreux mécène vous permettrait de cumuler TOUS les points ou parties de point.
Ce qui ne serait que justice.
C’est le principe suivi par les acheteurs en gros qui réclament des remises et pas par petites fractions de ce calibre.
Les remises des gros acheteursd, on connaît.
Exemple les ''marges arrière'', accrues en amont en pressurant les producteurs par exemple.
Comme celles que pratique Monsieur Leclerc.
Oui mais ce qui est bon pour Leclerc ne l’est pas pour ses clients.
Alors Michel Edouard ?
Et la générosité ?
Et la lutte contre la vie chère ?
Ben non.
Si vous achetez pour 19,99, eh bien les 9,99 c’est pour sa pomme à lui. Et pour le reste pareil.
C’est le même système qui fonctionne, très bien, dans les parkings Vinci où chaque heure commencée, même d’une ou deux minutes, est due.
Problème technique nous dit-on…
Ben voyons...
On nous disait pareil pour les téléphones portables.
Chaque minute commencée etc etc.
Ce merveilleux principe consiste à vous vendre rien au prix de quelque chose.
De l'air au prix du fromage léger léger, et de la flotte au prix de la crème glacée light.
Nous vivons une époque formidable non ?
Voili voilou !
C’était notre rubrique faites ce que je vous fais croire mais ne pensez pas que vous allez en bénéficier.
Le jet privé de Michel Edouard ça consomme pas mal vous savez.
Et même du kérosène qui pollue bien plus que les sacs écolos qu’il fait vendre aux caisses de ses supermarchés.
L’écologie et la vie pas chère : deux combats qui peuvent rapporter gros.
Et qui rapportent.
10:20 Ecrit par Maurice CARON dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
Civilisation: la faillite nous voici!
Sujet grave ?
Plutôt.
Il nous concerne tous et à court terme ;
Certitude ?
On constate ce phénomène de course à la mort tous les jours.
Encore faut-il prendre le temps de voir et de tâcher de comprendre.
Et puis, en s’essayant ensuite à faire, modestement, quelques projections à partir d’exemples que nous vivons au quotidien.
Sans nous prendre, ni vous prendre, la tête, nous allons vous donner un petit exemple.
Reproductible et reproduit, à l’infini.
L’épouse d’un copain travaille dans une multinationale de la restauration dont les horaires de travail tiennent compte, encore pour un temps on l’espère, des samedis et dimanches destinés, évidemment, à se reposer.
Ouvrons une parenthèse, ne pensez pas que nous avancions ici une énorme évidence.
SEMAINE ANGLAISE
En effet, l’un d’entre nous a connu le temps, pas très lointain, environ 25 à 30 ans, où le fameux week-end s’appelait encore semaine anglaise.
Ce qui signifiait que le repos en question n’était consenti que le samedi après-midi et le dimanche. Point.
Malgré les couinements patronaux qui nous cornaient aux oreilles que cette scandaleuse exigence allait couler l’économie française, voire mondiale, décision a été prise et…l’économie n’en est allée que mieux, les travailleurs et employés y ayant gagné en agrément de vie et en diminution de fatigue, toutes choses qui n’ont fait que contribuer à accroître leur productivité.
Les cols blancs n’ont pas rechigné non plus.
Et moins encore les patrons eux-mêmes qui n’ont pas hésité à piétiner leurs propres opinions puisqu’ils ont profité, comme tout le monde, des week-ends entiers qu’ils refusaient bec et ongles à leurs salariés.
Fermons la parenthèse.
Or, donc, un de nos amis s’est entendu demander, par un responsable de l’entreprise, de venir, très exceptionnellement, travailler un dimanche pour une tâche réellement urgente.
‘’Pas de problème, a dit notre copain, je viens même la journée si nécessaire. Le boulot c’est le boulot. Je récupèrerai après.’’
Et il est venu, quasiment, un après-midi entier.
Chose dite chose faite, mais le lundi, la patronne de la boîte arrive et, première chose, demande un relevé exact du temps de travail réalisé.
‘’Bah, dit le gars, environ un après-midi.’’
‘’Non, non, répond la dame, en heure et en minutes même si les heures ont été commencées.’’
Stupeur de l’autre !
Accepter de venir bosser, toutes affaires cessantes, un après-midi entier, et s’entendre demander le nombre d’heures et de minutes, des fois qu’il aurait la sournoise et coupable intention de voler l’entreprise hein…
Petite précision tout de même: la patronne en question, mariée à un ingénieur conseil qui ‘’pèse’’ 50 à 60.000 Frs mensuels, est, elle, salariée à hauteur d’environ 40.000 Frs par mois.
Pas mauvais non ?
Mais, et c’est là où ça se corse, en plus de son salaire, elle donne des cours en fac, payés aux juste prix, évidemment, mais pour des heures durant lesquelles elle devrait, légalement, être présente à la tête de l’entreprise qu’elle dirige.
Ceci, précision utile, dans l’ignorance totale de la haute direction de ces agissements pour le moins…shocking !
Fastoche en plus.
Etant cadre supérieure, elle n’est contrôlée que par…elle-même mais, au cas où, joignable sur portable partout et à tout instant.
Commode on vous dit.
Les choses et les mots étant ce qu’ils sont, elle vole donc et sa propre boîte et tout le personnel, et contribue à la destruction du système économique entier.
Tout simplement parce que si l’on peut légitimement reprocher aux employés et travailleurs qui, en douce, tirent leur flemme - et l’imagination humaine est d’une étonnante fertilité pour ce qui est de voler, de mentir et de frauder -, la logique veut qu’on ne fasse pas de différence entre le vol des uns et celui des autres.
LA FAILLITE NOUS VOICI !
Tout ceci pour dire que les absences injustifiées pour maladie imaginaire, les départs avant l’heure et les arrivées après, les pauses café de 5 minutes qui en durent dix ou quinze, les discussions sur le dernier épisode de Ko Lanta, les aventures sentimentales qui ont meublé les derniers week-ends ou les récents exploits de ces chères petites têtes blondes qui ont nettoyé le chat dans la machine à laver, coûtent cher aux entreprises mais, en définitive, au système économique entier et ce en raison d’une multiplicité des effets pervers induits.
Argent payé mais travail pas ou mal fait.
Suivez le guide : le gars qui a bien bossé mais qui se sent, à juste titre, pressé comme un citron, n’aura plus souvent aussi envie d’y aller de tout son cœur.
Et puis l’exemple, hein ?
Efficacité de la ‘’bonne gestion’’ patronale ? Double zéro !
Mais elle est indéboulonnable. Pensez, un directeur, un PDG est là parce qu’il est un exemple pour son personnel, pour la société entière.
Exemple ?
Le vol de la patronne, ajouté au salaire qu’à première vue elle ne mérite guère vu son nombre d’heures travaillées, l’ambiance qu’elle crée, et son exemple qui sera évidemment suivi, d’évidente malhonnêteté, l’on ne pense pas que tous ces éléments vont militer en faveur d’une saine compétitivité de la boîte en question.
D’autant que dans cette entreprise, travaillent aussi deux ou trois employé(e)s, passés eux et elles, maîtres dans l’art de ne rien faire en faisant semblant de bosser.
Véritables spécialistes du travail ‘’bien fait’’…en surface, des indisponibilités pour migraine persistantes ou courbatures invérifiables, et utilisation multi polyvalentes et extra familiales de la carte Vitale, sans oublier les rouspétances quotidiennes pour cause de non reconnaissance de leurs grandes capacités à devenir chefs, ils ont fini par dégoûter les cadres d’avoir à leur demander de simplement faire leur boulot.
Résultat, les seuls à être vraiment traqués par les chefs en question sont les travailleurs, les gars et filles les plus honnêtes et les plus capables.
On comprend : il est plus commode pour un petit chef de demander la coopération de ceux qui acceptent toujours, plutôt que celle des rouspéteurs qui râlent tout le temps et les menacent toutes les cinq minutes des foudres des prud’hommes ou des commissions nationales chargées de lutter contre toutes les formes d’exclusions.
Résultat : les bosseurs finissent à l’hôpital et les feignants se promènent.
Et les médecins contrôleurs de la Sécu ?
Vous croyez qu’eux aussi ils vont se tuer au boulot à courser les fraudeurs qui courent plus vite et s’y entendent bien mieux qu’eux à imaginer toutes les combines pour ne pas se faire prendre?
Il est bien plus facile, et nettement moins dangereux, de verbaliser des automobilistes lambda pour dépassement d’horaire aux parcmètres, que de filer le train aux gangsters armés jusqu’aux dents non ?
L’héroïsme, ça eu payé mais c’est bien fini…
Où voulons-nous en venir ?
Eh bien qu’à force de tirer sur les innocents, les coupables prolifèrent.
Et que ce n’est pas eux qui vont faire avancer la machine.
Le but de la vie c’est, désormais, non pas le travail bien fait mais le fric. Ou alors le travail efficace…uniquement pour le fric.
Rome et Athènes ont fini de la même manière : corruption, prévarication, immoralité, disparition des principes fondateurs, matérialisme dominant, insécurité des victimes et impunité des coupables, abus des classes dirigeantes, copinages…on en passe.
La vie c’est aller vers quelque part.
Pour notre économie, qui sous-tend notre civilisation, la direction c’est la faillite.
Quant au fric amassé qui travaille pour lui-même sans s’investir dans l’appareil de production, il creuse, lui aussi, le trou de l’hémorragie évidente de moyens : d’un côté les capitaux augmentent, mais sans contrepartie productive par les investissements et la relance de la consommation salariale.
Et pour augmenter encore l’hémorragie, les licenciements et la pression sur la partie humaine du Système.
La technologie qui sauve?
Une panne généralisée d’électricité, une recrudescence imparable et imprévue de catastrophes naturelles ou/et provoquées, de graves troubles sociaux inopinés, et le système se ramasse.
On l’a vu avec le pétrole.
Un émir qui s’enrhume et c’est la planète qui a la fièvre.
Il fut un temps où persistaient encore quelques sanctuaires. Des régions préservées où il était possible d’aller se réfugier par mauvais temps généralisé.
Aujourd’hui, rien de tel.
Même les steppes quasi désertes des nord, des sud, des altitudes ou des déserts extrêmes ne sont pas à l’abri. De la pollution, par exemple, ou des retombées nucléaires mais aussi sociales, économiques ou autres.
La civilisation près de la faillite à cause de la malhonnêteté de la patronne ou des employés dont on vous cause ?
Vous savez, un cancer commence toujours par un petit machin que l’on néglige.
Le premier âne venu sait cela.
Peut-être manquons-nous même de ces ânes-là pour nous en convaincre.
08:54 Ecrit par Maurice CARON dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
17/04/2005
On aide les pauvres
J’ai reçu dans ma boîte à lettres, comme tous les habitants de mon lotissement et de ma ville, une publicité des pages jaunes de la Poste, dans laquelle était inséré un en-cart, de pub aussi, émanant d’une société qui…rachète vos prêts.
Génial non ?
Vous ne vous en sortez pas avec vos échéances ? Vos fins de mois arrivent dès le 15, au mieux ? Vous n’y arrivez plus ?
Qu’à cela ne tienne : si vos prêts menacent de vous asphyxier avant le terme, c’est-à-dire dans 5 à 10 ans, la boîte vous les rachète et vous devenez leur débiteur.
C’est-à-dire que c’est à eux désormais que vous devrez de l’argent, et plus à l’établissement qui vous avait fait initialement crédit.
Chouette non ?
D’autant que les mensualités seront, dès lors, nettement réduites.
Et puis, par exemple, vous n’aurez plus 5 à 10 ans pour vous acquitter mais 10 à 15 ans, voire plus.
Plus commode non ?
C’est vrai, vous finirez par payer encore plus, entre 5 et 10, voire 15% de plus, mais bon, avec le temps, vous aurez appris la patience.
Et ça, c’est entièrement gratuit.
Il y a une dizaine d’années, quand l’inflation avait atteint les 10/12%, on a assisté à un tas de déconfitures d’accédants à la propriété qui n’avaient pas prévu l’accident.
C’est d’ailleurs à cette époque que se mirent à fleurir chez les banquiers, des services de rachats…à des tarifs…
Epoque où, d’ailleurs, il y eut quelque sérieux procès avec certaines qui rachetaient à vils prix des biens que leurs prêts avaient contribué à construire. Joli joli…
Après quelques années de baisse des taux et de retour à la normale, voire au risque de déflation, nous revenons au point de départ.
Oh, c’est tout simple: la pauvreté s’installe.
Ca , c’était actualité de la semaine où l’on nous a dit que tout allait bien et qu’avec l’Europe, tout irait encore beaucoup mieux.
16:00 Ecrit par Maurice CARON dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
Ecureuil gourmand.
Compte chèques : surprise !
La Caisse d’Epargne rémunère les comptes courants à raison de, ne riez pas, O,5 % ? 1% ? 1,5% ?
En fait, on ne sait pas tout à fait bien.
Certes, on va nous l’expliquer en long, en large et en travers. Avec des arguments qui seront, sinon très satisfaisants pour l’escarcelle des clients, du moins fort appréciables pour l’auto-promotion de la maison auprès d’un public qui recèle encore tout plein de clients potentiels.
Car, comme, chacun sait, l’Ecureuil a les dents longues…
Tout compte fait, - c’est la formule ad hoc -, cela va rapporter à vous ou moi, dans les…disons 30 euros par an en forçant un peu.
De quoi faire la fête non ?
Il aime les noisettes l’Ecureuil.
Et nous on travaille pour des prunes.
15:20 Ecrit par Maurice CARON dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité
15/03/2005
Retraités: consommateurs ou consommés?
Lundi soir dernier sur TCM, ''Soleil vert'', de Richard Fleischer nous a permis de voir une oeuvre d'un genre quasi unique: un film prémonitoire qui, non seulement ne s'est pas trompé, mais dont la prédiction se réalise sous nos yeux.
En effet, rares sont les films de science-fiction qui arrivent à échapper à ce lot commun à ces oeuvres: trente ans après, ils font sourire, voire franchement rire tant leurs prévisions sont passées à côté de la réalité bien différente découverte au moment où on rigole.
Cette fois-ci, d'ailleurs, pas question de rigoler: le côté prémonitoire, nous le vivons déja. Et il n'est drôle que pour les happy few qui en profitent. Pas pour la grande majorité des humains qui paient la note.
Le thème: un inspecteur de police US, enquêtant sur un meurtre non élucidé, finit par tomber sur l'explication ultime: le crime est en relation étroite avec le système sur lequel fonctionne la société du futur: par manque de nourriture, les jeunes et adultes vivent en boulottant les vieux. Tel que...
La vérfité toute...crue. ''Ils''ne consomment plus, donc, on les consomme.
Ils ne bouffent pas tellement, de toutes manières. Donc, on les bouffe. Recta!
Certes, pour préserver le minimum de sensibilité que ce système a encore préservé chez les consommateurs, on leur cache l'origine de ce qu'il consomment. En fait, on évite ainsi qu'ils ne se posent trop de questions et en viennent à se révolter...
Mieux, on use d'un des stratagèmes primaires dont regorge le marketing: on magnifie le produit en l'appelant ''Soleil Vert''. Ce faisant, on inclut dans la dénomination de cette espèce de biscuit de chien, à la fois la chaleur et la force de l'astre du jour et la couleur de l'écologie...d'autant plus appréciée qu'en ces heureuses et lointaines années à venir, l'herbe, les fleurs et les arbres...et tout le reste, auront disparu.
Pourquoi prémonitoire?
Il est vrai que les classes dominantes ont toujours, peu ou prou et plus ou moins discrètement, fondé leur confort sur le travail, la peine, la douleur, voire la vie des classes dominées. Toutefois, c'était à mots et actes couverts. Et par systèmes médians interposés: taxes et impôts, salaires, troc puis monnaie, services bancaires, vie à crédit, toutes choses d'apparence normale mais qui n'étaient qu'habitudes bien utiles inculquées dès l'enfance.
Dans le film, plus rien de tout cela. Les vieux qui ne servent plus à quoi que ce soit, n'ont plus à offrir que leur bidoche et leurs os à la société. Strictement identique, comme processus, à celui mis en oeuvre par les nazis qui, après avoir fait main basse sur les biens de leurs victimes, récupéraient la graisse de leurs tissus pour en faire des savons, leurs cheveux pour en faire des sacs et leurs os pour en faire des engrais ou de la farine animale, sans oublier leurs lunettes, leurs dents en or et leurs alliances bien sûr, pour leur petit magot.
Même manières!
Mêmes idées et même combat?
Où en sommes-nous aujourd'hui?
Nous le voyons. En ouvrant bien les yeux s'entend On commence, mollo mollo bien sûr, par serrer le quiqui aux vieux en diminuant leurs remboursements de soins oculaires et dentaires - tout ce qui leur permet de vivre -, on leur sucre petit à petit leurs retraites en laissant se creuser, sans espoir d'amélioration, le fossé qui les sépare du coût de la vie; on augmente la RDS et la CSG; on augmente les tarifs des mutuelles (sic) en les pénalisant selon leur âge; on facilite, on nourrit l'opposition des générations par un système médiatique bien pervers: on honore les maisons de retraite mais on empêche les vieillards de finir leurs jours dans leurs propres familles. Enfin, les medias qui bêlent d'admiration devant les quinqua et sexa qui ne se laissent pas abattre, ne se chagrinent pas trop du sort fait aux mêmes quand, passés 45/50 ans, ils sont rejetés par un monde du travail gouverné par la seule rentabilité.
Mieux, des associations aux visées éthiques inattaquables, et qui ont pour but ''d'aider à une fin digne'', se constituent tandis que les élus du peuple se concertent sur l'opportunité d'une loi favorisant ces ''départs volontaires'', que certaines infirmières ou aide-soignantes ont déja pas mal anticipé au point que, tout de même, la justice s'en est émue.
Encore 5 à 6 ans, voire moins, et c'est la croissance qui décidera de jeter en fin bas le masque. Question de temps? Oui, oui. Mais le processus est bien enclenché.
Cà fait pourtant longtemps qu'on aurait dû s'en douter.
Dans les medias, toutes les morts sont égales, nous prétend-t-on. Ouai. Mais certaines plus que d'autres.
Un vieux renforcé par un ''scoot'' et qui se casse le col du fémur et en meurt trois semaines plus tard, ''çà'' fait une nécro. Tout simplement.
Un enfant qui se fait écraser par une voiture, çà donne au moins une ou deux cols à la une ou à la 2, et encore plus en rubrique locale.
A fortiori, un ministre qui infarctuse ou un député qui casse sa pipe, et c'est le branle-bas de combat dans les rédactions.
Vrai?
Et pour un septuagénaire-lambda qui claque de son cancer, rien?
Ah, on oubliait. Les patrons de presse, et les journalistes avec eux, piaillent que les jeunes, les personnalités, les vedettes, çà plaît plus à tous les citoyens qui font les beaux taux d'Audimat..
''On '' dit çà en oubliant que si on ne leur a pas demandé leur avis, on les a, de toutes manières, bien éduqués pour cela. Et que ces lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, s'ils n'avaient que des infos convenables à se mettre dans l'oreille et sous les yeux, ils s'en contenteraient.
Ah. On oubliait.
Toutes choses égales par ailleurs, dirait-on en énarchie, bouffeur ou bouffé, ti crève quand mêm'.
15:10 Ecrit par Maurice CARON dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
Milka, Milka, mille cas et compagnie
Milka, Milka, mille cas de ce genre de squattage de noms de sites se retrouvent au quotidien sur le web.
Et alors?
Le site jaune de la couturière de la Drôme qui oeuvre à améliorer l'image de marque de ses clients contre le site de la vache violette qui ne donne pas particulièrement dans le diététique et ne se voue énormément pas à l'amélioration de la santé de ses clients: qui l'a réellement emporté?L'imagination? Le Progrès? Le mieux-être des consommateurs?
On peut disserter sur le ridicule d'une estimation qui se réduit à prendre les internautes pour des demeurés ne sachant pas faire la différence entre la retouche d'un pantalon et la dégustation d'un chocolat.
C'est, tout de même, faire injure au bon sens basique qui, malgré l'abrutissement des masses du marketing, permet aux masses en question de savoir encore distinguer une tablette de choco-caramel au lait d'une veste en tweed.
Mais ce combat, la sempiternelle guerre où le pot de fer (ici de chocolat), l'emporte toujours, va au-delà de cette confrontation.
En effet, si l'on se penche sur le problème des brevets français, on tombe sur une trouvaille qui nous permet de comprendre pourquoi les Japonais, les Américains et nombre d'autres nations européennes sont en train de nous repousser plus loin encore vers la queue du convoi des nations en quête de croissance. En clair, nous nous plaignons de patiner économiquement alors que les entreprises dépensent leurs bénéfices à gaver les actionnaires tandis que la recherche en est à tendre la main et à faire la grève pour subsister.
Pire: dans le même temps, il est une recherche qui ne coûte rien à l'Etat: les inventeurs du genre concours Lépine, qui se démobilisent du fait du mépris dans lequel ils sont tenus...voire dans l'image qu'en donnent les medias: de gentils rigolos à barbe et binocles qui ''occupent'' leur retraite de fonctionnaires...
En France, lorsqu'un petit Tournesol ou Nimbus fait bréveter une trouvaille, conçue, élaborée et fabriquée grâce à des milliers d'heures de passion, de travail et de manque de sommeil, il n'est en rien protégé, d'autant que les droits à payer dépassent de bien loin ses moyens de subsistance.
Et même protégé, la publication de son brevet le met à la merci de tous les industriels prédateurs, français et européens qui s'en saisissent et font fabriquer puis vendent, à son nez et à sa barbe.
La Loi?
Vous rigolez!
En Espagne, en particulier, certains sont passés maîtres dans la pratique: on fabrique vite, pas cher et on diffuse. Et on empoche les bénéfs.
La Justice? Vous rigolez encore plus!
Comme l'inventeur n'a pas encore pu fabriquer et vendre, la justice, dans la quasi-totalité des cas, considère qu'il n'a pas subi de bien grosses pertes. Les dommages et intérêts tournent donc autour du symbolique.
Et quand bien même le voleur (c'est le mot jurique et moral) est condamné, vous pouvez toujours courir pour lui faire rendre gorge. Il a ses moyens financiers et son habileté avocatière pour faire reporter les contraintes et évoluer dans le fatras des chicanes administratives.
Enfin, même les organismes officiellement chargés d'aider les inventions, ne se mobilisent que pour les sociétés, pas pour les ''amateurs''...
Comment s'étonner de cette démobilisation des inventeurs à la petite semaine?
Aux Etats-Unis, décriés à raison dans bien d'autres domaines, les brevets sont déposés en un ou deux clins d'oeil. Plus intéressant, les avocats sont maîtres dans l'art de faire rendre gorge aux trusts voraces. Ce qu'on leur reproche en France! Et pour cause!
D'ailleurs, la situation est, là-bas, en train de changer: l'aministration Bush s'emploie à limiter les droits des pots de terre face aux pots de fer, en matière de poursuites. Le contraire aurait été étonnant!
Il y a, pourtant, un moyen fort simple, et gratuit, de limiter ces abus: il suffit de pondre une loi qui rende les peines financières contre les délits de ce genre, réellement dissuasives. Il suffit de rendre ces dédommagements importants et immédiatement applicables, au niveau européen (on est bien en Europe non?) sous peine de contraintes financières et pénales au quotidien pour les fabricants, diffuseurs et revendeurs qui, eux, se moquent éperdument de la moralité de ceux qui les fournissent.
La croissance a tout à y gagner. Mais les multinationales se foutent absolument de la recherche. Ce qui compte c'est la vente. Pas l'imagination au service du Progrès. Résultat: les budgets de la R et D dégringolent.
Actuellement, la France est à la queue des pays déposant de brevets, mais dans ces derniers, aussi, les grands groupes ont compris qu'il valait mieux dominer le marché et vendre sans se fatiguer et...s'entendre avec les copains pour partager les profits.
A terme, ils visent la fabrication, promotion et diffusion par des machines. Il n'y aura même plus de frais de personnels.
L'innovation? Du temps et de l'argent perdu...pour les actionnaires.
L'imagination au pouvoir?
Encore un soixantehuitard vieillissant qui...s'imagine que l'on peut changer non pas le monde mais ceux qui le dirigent.
07:35 Ecrit par Maurice CARON dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

