20/08/2009

TEMOINS DE JEHOVAH ET ''C DANS L'AIR'': APPROXIMATIONS, AMALGAMES...et GROS MENSONGES

L’approximation, chez les journalistes de ‘’C dans l’air’’, est en train de devenir une spécificité maison.

Spécificité, il est vrai, bénigne tant elle est commune dans les médias, mais qui ne laisse pas d’inquiéter dès lors qu’elle confine à l’irresponsabilité la plus complète avec les dégâts qu’elle engendre.

Manque de temps ? De moyens ? De compétence ? De morale ?

Un peu, voire beaucoup, de tout en même temps.

Néanmoins, cette fois, la mesure dépasse largement le niveau habituel. Voire l'entendement.

Et là, comme on dit, ça commence vraiment à bien faire.

Commentaires.

 

Une fois encore donc, fin juillet début août, les chers téléspectateurs se régalent ou se gavent, c’est selon, des ‘’marronniers’’ courants en cette saison. L’actu n’est pas toujours foisonnante, les aéronefs pas tous mal entretenus, heureusement, les incendies de forêts ont tous une fin, heureusement aussi.

Bref, les ‘’micro trottoirs’’, investigations de fond et autres solennelles enquêtes de terrain sur les huiles solaires, les crèmes amincissantes, les restaurateurs fraudeurs et autres bouchons de bison futé, finissent par s’épuiser.

Alors ?

Alors il y a, encore et toujours, la solution de la lutte anti-secte.

Lutte qui signifie surtout l’impérieuse nécessité pour les associations idoines, de se rappeler au bon souvenir du pouvoir pourvoyeur de subventions vitales pour leur existence, et les fantastiques besoins de leur si méritante et impitoyable lutte contre ce danger menaçant la galaxie, au moins, nous avons nommé les ssssectes, et plus particulièrement, cette fois encore, les Témoins de Jéhovah.

SYMPHONIE MONOCORDE

Or donc, et pour rester fidèle à la ligne de conduite induite par son prédécesseur Yves Calvi, le sémillant Thierry Guerrier, comme son nom l’indique, est parti en guerre contre les Témoins de Jéhovah.

D’évidence, et comme on s’y attendait hélas un peu, le ‘’journaliste’’ (sic) n’avait pas estimé utile d’inviter un des représentants de cette association reconnue cultuelle par le Conseil d’Etat en 2001.

Ceci en toute bonne objectivité comme on la pratique sur la 5 on puisqu’on fait dans le culturel, on n’hésite pas à innover en instaurant les symphonies interprétées d’une seule et même voix. De la musique quelque peu monocorde.

L’animateur journaliste s’était donc adjoint, au cas où le ‘’débat’’ (re-sic) n’aurait pas tourné à la démolition en règle de la sssecte, deux éléments de poids, le président de la Miviludes et une éminente victime autoproclamée (re-re-sic) des Témoins de Jéhovah.

Ce dernier était, en l’occurrence, un participant dont l’objectivité avait de quoi laisser sceptique vu qu’il s’agissait d’un ex-membre de l’organisation qui, dans un récent livre, se présentait comme homosexuel.

Ce qui est son droit mais, comme on le sait ou pas, la Bible condamnant cette orientation, la ‘’victime’’ ne pouvait que nourrir un ressentiment, légitime ou pas lui aussi, à l’endroit d’une organisation qui ne pouvait l’accepter en son sein.

Comme le responsable de la MIVILUDES, lui, est intrinsèquement voué à la répression voire à la destruction des Témoins de Jéhovah, on ne voit pas vraiment en quoi l’exécution en règle pouvait s’intituler ‘’débat’’.

D’autant que les deux autres intervenants étaient, eux aussi, venus pour dézinguer la sssecte.

Résultat : quatre participants, parlant d’une seule et même voix, ont eu tout loisir pour développer tous les arguments, en fait des arguties, possibles contre la sssecte, puisqu’en face, personne n’était voué à sa défense.

Certes, l’animateur a cru bon, pour donner, tout de même, quelque discrète crédibilité au ‘’débat’’, d’avancer timidement, de temps en temps, quelques réflexions qui se voulaient défenseuse des Témoins condamnés au silence.

De toutes manières, les absents ayant toujours tort…

BOURRAGE DE CRANE

Pour un débat ce fut donc un beau débat, bien dans la ligne des tous ceux que’’ C dans l’air’’ a consacré aux nouveaux mouvements religieux en général et aux Témoins de Jéhovah en particulier.

Revenir sur les ‘’arguments’’ destinés à présenter les Témoins de Jéhovah comme une dangereuse organisation ?

On peut, je peux.

Encore que cet exercice commence à devenir lassant, tant les arguments en question se répètent avec autant de partialité que le bourrage de crâne des années 30 à 45 qui fit des Juifs des ennemis mortels de la France vichyste, du grand Reich allemand et de la race aryenne.

Qu’on en juge.

Le distingué Nicolas Jaquette, excipant de son ex-appartenance aux Témoins de Jéhovah, les accuse de bourrer le crâne de leurs enfants à coups de dangereuses idées, anxiogènes il n’a pas peur des mots, sur la société, la science, la conjoncture, en un mot, sur le monde aussi moderne que civilisé qui fait la joie, paraît-il, des 7 milliards de bienheureux sur la Terre.

L’ennui vient du fait qu’il a oublié, comme ses co-accusateurs, que les médias sont, jusqu’à plus ample informé, à l’origine des informations dont quiconque nous affirmerait qu’elles ne sont pas anxiogènes, nous paraîtrait très sincèrement, vivre complètement déconnecté de la réalité. A moins, évidemment, de faire partie du petit monde de ces braves nantis qui nous ressassent à longueur de discours fortement médiatisés, que la crise c’est quasiment du passé, qu’il va falloir sourire tout grand, que les prix sont en train de baisser et que le monde entier a toutes les raisons d’être optimiste.

Sans oublier, en fin de discours que, hop là, allez, mettez vous au boulot pour travailler plus en gagnant…ben…vous verrez bien.

Que nous disent donc les médias ? Au quotidien, à toutes les heures, et ce 24 heures par jour ?

Catastrophes naturelles ou pas, dégringolade financière, pollution galopante, chômage irrépressible, Etats-Unis et Chine pourrisseurs de la planète, croissance exponentielle des prix, ‘’retour aux sources’’ de nos banquiers et autres traders dorés sur tranches qui refondent le capitalisme à leur manière, environnement infect ‘’sauvé’’ par des mesures qui augmentent les dégâts, etc. etc.

Voilà-t-y pas de bien bonnes nouvelles et pas anxiogènes, tout çà?

PETAUDIERE HUMAINE

Au moins, les Témoins, eux, nous disent, et à chacun de croire ou pas, que seul leur Dieu est capable de mettre de l’ordre dans la pétaudière humaine et qu’il faut donc garder espoir et ne pas paniquer, ce que nous avons de bonnes raisons de faire, vu la confiance que nous savons ne plus pouvoir mettre dans nos prometteurs professionnels.

La conjoncture est-elle anxiogène ou plutôt rassurante ?

Dommage que ce genre de raisonnement ne semble pas devoir atteindre le degré de compréhension de nos défenseurs autoproclamés de la société humaine face aux sectes.

D’autant qu’ils ont, au cours de l’émission, nettement chargé la mule.

Tout y est passé : à commencer par ''ILS ne votent pas''.

Gros mensonge: ils votent.

Ensuite: ''ILS ne font pas le service militaire'': objectif loupé, le service militaire n'existe plus, et tout le monde, politique compris, trouve cela très normal. Par ailleurs, la reconnaissance et l'acceptation du statut d'objecteur de conscience, même la plus irréductible ne date pas d'hier.

Enfin, le plus subtil, consiste en l’amalgame avec la Scientologie et avec un genre de club de pensée plutôt farfelu dont je ne me souviens pas le nom mais dont les méfaits, s’il y en eut, auraient mérité quelque claire explication.

Plus malin encore, l’invention ‘’pure’’ et simple de soi-disant et mystérieux réseaux d’influence qui auraient trompé une centaine d’élus : on reste béat d’admiration face à cette si effrayante nocivité sectaire des Témoins de Jéhovah dont, pourtant, une des manières bien connue de mener leur barque est, justement, de ne pas se mêler de quoi que ce soit qui sente la finance ou la politique.

Ceci posé, pourquoi n'a-t-il pas été question, ou simplement fait allusion, aux réseaux, multiples, variés et ô combien puissants, de la...franc-maçonnerie? Dont les prolongements, tout le monde le sait désormais, remontent jusqu'aux plus hauts niveaux de l'Etat: expansion à la fois verticale et horizontale, pour reprendre une expression à la mode.

Mais non ! Les Témoins de Jéhovah, voilà le danger: eux, c'est le secret, les calculs ténébreux, les accointances mystérieuses et crapuleuses, criminelles disons le mot, en bref, cette secte, c'est ce qu'il faut détruire toute affaire cessante.

Dès lors, je me pose des questions.

Face à une telle dangerosité dénoncée encore une fois par les sauveurs de la planète, il y a de quoi clamer bien haut : ‘’ Mais que fait la police…et la justice par dessus le marché ?’’.

Mais dira-t-on, les Témoins de Jéhovah sont présents dans l’Hexagone depuis plus de cent ans.

Mais alors, malgré tous ces délits, crimes et autres dérives sectaires qu’ils ont sûrement accumulés depuis le début du siècle dernier, comment se fait-il que personne n’ait jugé bon de les faire tous emprisonner ?

Sans oublier d’expédier leurs enfants dans des orphelinats, comme, d’ailleurs, cela se pratiquait couramment aux heureux temps du Grand Reich allemand et de l’Union soviétique ?

SI CE N EST TOI…

En plus de pratiquer l’amalgame, on a eu droit aux approximations, caricatures, et autres à peu près du genre : le chanteur Prince est Témoin de Jéhovah, DONC, de hautes personnalités du monde du spectacle sont contaminées.

Les sources ? Aucune.

De preuves ? Encore moins.

Le rapport entre UN individu et les 7 millions de Témoins ? Aucun mais on y va gaiement, à la louche.

Autre dangereux exemple : la mère de Mickaël Jackson est Témoin de Jéhovah ? DONC, les vagues bredouillis et les silences éloquents de nos intervenants nous ont bien fait comprendre que le rapprochement avec le fortement soupçonné (donc coupable évidemment dans l'esprit du téléspectateur) de pédophilie, va de soi. Déduction logique dans l'esprit du Français moyen, client privilégié des insecticides: les Témoins de Jéhovah sont un repaire de pédophiles.

Et ainsi de suite…

Ces valeureux insecticides ont remis au goût du jour l’aphorisme du loup cité par La Fontaine : ‘’Si ce n’est toi c’est donc ton frère…ou bien l’un des tiens’’.

OHé LES STATISTIQUES !

Quant aux transfusions sanguines, c’est toujours le même argument : les défauts de transfusion font mourir des dizaines, voire des centaines de Témoins, ce qui est criminel et plus encore lorsqu’il s’agit d’enfants ou de jeunes gens.

Faut-il rappeler, à ce propos, quelques points que nous avons déjà évoqués à plusieurs reprises dans ces pages.

Les Témoins sont accusés de pousser leurs enfants à mourir pour leur Dieu ?

Et les soldats qui, en Afghanistan ou ailleurs, sont gonflés à bloc, convaincus par des professionnels de la persuasion, que s’ils meurent c’est pour la bonne cause, voire pour la patrie et la paix du monde, c’est vraiment mieux voire hautement recommandable et digne de funérailles nationales?

Et tous les troufions, en 14, en 39 et dans toutes les autres ( deux ou trois petites dizaines de millions environ), se sont fait trouer la paillasse ''pour la patrie'', c'est mieux ça aussi?

Clémenceau;, le ''Père la Victoire'', comme on l'appelait, tout militariste qu'il était, a bien dit que la guerre était voulue par ceux qui ne la font pas mais faite par ceux qui ne la veulent pas.

A ce propos, lorsque les Témoins de Jéhovah refusaient de porter l’uniforme allemand dans les années 40, n’ont-ils pas épargné ( au prix de leur vie)(1) pas mal d’Alliés qui ne les ont pas eu en face d'eux lors de la bataille de France ou sur le front russe?

Et, durant la guerre d’Algérie, dont toutes les autorités politiques aujourd’hui déplorent, à coup de pétaradantes déclarations, qu’elle a contribué à zigouiller des centaines de milliers de malheureux algériens, les Témoins de Jéhovah n’ont-ils pas eu raison, avant tout le monde, de refuser, au prix de leur liberté ou de leur vie, d’aller verser le sang de leurs semblables ?

Enfin, comme nous l’avons déjà écrit, pourquoi ne pas admettre, ce que des sommités disent depuis pas mal de temps, savoir que le besoin de succédané au sang devient de plus en plus nécessaire ?

Un programme de recherche, dirigé par les Pr Follana et Dr Riess, pour le compte de l’Institut Arnaud Tzank (CTS des A.M) en collaboration avec le laboratoire de Chimie Moléculaire de l’Université de Nice, et auquel j’avais personnellement participé pour l’information, a eu besoin de l’aide du Lion’s Club de PACA, il y a une vingtaine d’années.

Le but ? Mettre au point un sang synthétique qui ne présente que des avantages : conservation illimitée, mise en fabrication instantanée, stockage simple, coup modique.

Le produit sélectionné, les fluorocarbures, demandaient des mises au point longues coûteuses.

Les pouvoirs publics ayant, comme souvent, bien d’autres priorités, appel, auquel j’ai participé, a été fait à la population, à la mendicité publique diront certains…

Résultat ?

Nul.

Les chercheurs ont mis la clef sous la porte et certains ont été aux USA ou au Japon, à qui d’ailleurs, quand le produit en question verra le jour, la France sera contrainte de verser des royalties…

Malin non ?

Au fait, comment nos journalistes (sic) ne sont-ils pas au courant de ce ‘’détail’’ ?

Et, à ce propos, comment interpréter la démolition en règle qu’un certain journaliste (sic), Jean-Pierre Pernaud, a fait subir au DVD que les Témoins de Jéhovah ont édité en décrivant, sous le contrôle de spécialistes non Témoins, les méthodes alternatives qui donnent entière satisfaction ?

Enfin, puisqu’il a été question de morts à cause du manque de transfusions, il eut été honnête d’en donner des statistique précises et vérifiables…mais surtout de les mettre en parallèle avec les statistiques de morts…à cause de transfusions.

Pardon ?

Pour ces morts là on ne dispose pas de statistiques ?

Tiens donc !

Et pourquoi ?

Dernière remarque, après je m’arrête parce que ça me fatigue : l’émission s’est donc clôturée sur un constat implicite de…dangerosité de la secte.

Alors que, selon les termes des autorités gouvernementales, le mot secte ne doit plus être employé, l’on n’a entendu que cela tout au long de l’émission.

On peut rappeler, à tout journaliste faisant l’actualité, que l’emploi de ce terme, à lui seul, jette la suspicion, voire génère le rejet et la haine, et en tous cas, suscite la discrimination à l’endroit d’un groupe religieux, ce que personne n’oserait faire à l’égard de mouvements juifs ou catholiques…musulmans…mais là, prudence n’est-ce pas ?

Ainsi, les Témoins de Jéhovah soigneusement remis dans leur tiroir d’infamie dont ils ont la suspecte prétention de vouloir sortir, notre sémillant journaliste n’a pas estimé bon de se poser la question de savoir quels torts il a bien pu leur faire avec son émission.

Comme il l’a très bien démontré, les Témoins de Jéhovah sont toujours une secte, ils sont toujours dangereux, ce qui signifie qu’ils seront toujours mal vus de la population, que leurs enfants seront eux aussi mal vus de leurs copains de classe, voire passés à tabac comme cela est déjà arrivé sans que les pouvoirs publics, chargés de défendre les personnes et les biens, ne s’en offusquent et certains adultes seront menacés de perdre leur emploi ou, carrément, le perdront.

Autre joyeux résultat, leurs salles de réunions seront, encore et toujours, trop souvent vandalisées.

Qu’aurait-il du faire, notre si objectif journaliste, en raison des conséquences qu’une telle émission peut générer dans la vie de 200.000 personnes, enfants, adultes et vieillards compris?

Bof !

Le journaliste (sic, sic et re-sic) avait d’autres victimes à défendre et d’autres choses à penser, voire d’autres personnalités à qui complaire.

On dit que certaines chaînes sont en perte de vitesse (et de confiance) face à des consommateurs de plus en plus dégoûtés de la nullité de leurs programmes.

Sincèrement, je ne plains pas certains collègues menacés par des plans sociaux qui s’annoncent.

Tout d’abord parce que leurs parachutes seront, sinon dorés, du moins passablement matelassés, ensuite, parce qu’ils n’auront eu que ce qu’ils méritent.

On ne récolte que ce que l’on sème non ?

Tiens, il paraît que c’est une formule en usage chez les Témoins de Jéhovah.

Terrible n’est-il pas? Vous voyez comme ils se vengent ?

Maurice CARON

 

(1) Lire à ce propos le livre ‘’Les Témoins de Jéhovah face à Hitler’’, aux éditions Albin Michel…lesquelles ne sont pas, que l’on sache, un repaire de Témoins de jéhovah.

19/08/2009

A PROPOS DES CONTRADICTEURS

Désolé les gars.

Mon site n’est pas un champ clos où l'on s’envoie arguties et invectives à la tête. Pas non plus un coin de bitume où l'on règle des rancoeurs à coups d’insultes. Et pourquoi pas des coups si les ‘’intervenants’’ se retrouvaient face à face ?

Désolé vraiment. Je le regrette mais ne peux tolérer ce genre de pugilats chez moi.

Si j’étais animateur de télévision, j’accepterais des intervenants dans la mesure où eux accepteraient de se conduire convenablement.

Cette règle est aisée à comprendre, y compris par le premier téléspectateur venu.

En tant que journaliste de terrain, j’ai eu ma carte en 1963, excusez du peu, j’ai toujours eu affaire à des contradicteurs mais, un, ils s’efforçaient d’écrire convenablement, deux, se montraient corrects faute de quoi je leur indiquais la sortie.

C’est ce que je fais chez moi, c’est ce que tout le monde fait chez soi.

Enfin, certaines interventions me sont parues tellement tarabiscotées que je n’y ai rien compris. Excusez donc le fait que j’ai craint de ne pas être le seul.

Et si la disparition des commentaires que j'ai tout de même le droit de considérer inconvenants dérange, il n'y a pas à se gêner, les sites anti Témoins dont c'est le fond de commerce abondent. Tous les ''anti'' peuvent aller y déverser leurs arguments, ils seront les bienvenus.

Personnellement, pour ou contre, ce n'est pas mon fond de commerce à moi : 1% c'est-à dire environ 5 à 6 papiers sur près de 600 que compte mon site ce n'est pas ma vocation que de ''défendre'' les Témoins ou qui que ce soit d'autre.

Si n’être pas d’accord implique automatiquement l’impolitesse ou les accusations sans preuves, je n’y peux rien, mais ça ne passe pas.

Et si seules les interventions convenables sont favorables, je n’y peux rien non plus.

Je ne suis pas le défenseur officiel auto proclamé des Témoins de Jéhovah, et ne le serai jamais. Je me contente de décrypter, et pas seulement à propos de cette question, le travail de confrères dont certains estiment, c’est leur droit, de se prendre pour de grands professionnels.

Néanmoins, je tiens à préciser que dans le métier, et parmi les copains de mon syndicat, (SNJ durant 35 ans), on n’apprécie pas trop ce genre d’autopromotion qui a cours parmi les ‘’stars’’ de la profession, lesquelles, entre parenthèses, n’ont pas du tout besoin, à de très rares exceptions près, de faire partie de quelque syndicat que ce soit.

Ces étoiles-là savent fort bien se défendre côté aléas de la vie grâce à de nombreux amis qu’elles savent remarquablement bien se faire dans le petit monde médiatico-politico-économique. Mais la sécurité que procurent les hautes sphères de notre société, se paye au prix, fort, de pas mal de complaisance voire de complicité. Ce qui implique de ne surtout pas aller à contresens de la pensée unique et de la doxa à la mode.

On pourra en parler quand vous voudrez.(1)

Confiance dans la défense du public par ces fameux ‘’Grands pro’’ ? Chez nous, la grandeur se situe soit au niveau de la taille, soit à celui du courage indispensable pour mettre en pratique le principe suivant : ‘’Ne jamais être fort avec les faibles et faibles avec les forts.’’

Je me suis toujours efforcé de l’appliquer.

Mais l’inverse est, hélas, bien trop courant.

Maurice CARON

 

(1) Lisez ou relisez le bouquin de Serge HALIMI, ''Les nouveaux chiens de garde''.

26/08/2005

Presse et politique: même crapoteux

Alors comme ça, le fleuron de notre presse magazine, des images de choc et des mots qui font mouche, y va de sa leçon de morale politique en publiant les images prises au hasard bien sûr, de l’épouse de notre ministre présidentiable ?

Ben mon colon !

Ou c’est que, et jusqu’où ce que, la morale ira se nicher ma doué ?

Blague dans le coin : vous trouvez ragoûtant ce genre de journalisme ?

C’est des gens qui ont leur carte de presse qui écrivent ces torches culs avec leurs pieds ou leur derrière ?

On prend parti dans cette histoire pas propre ?

Sûrement pas !

Les histoires de fesses on s’en tape encore que l'actu nous montre que notre société de l’info et de la politique mêlés, soit en train de viser le fond du pot de chambre.

D’ici à 2007, le combat, les combats, les multiples bagarres des chefs, vont se terminer soit au couteau, soit dans le sordide et même le crapoteux du plus bas niveau.

Voire dans tous les recoins de ces registres-là.

Quand je pense que lorsque j’était gamin, il y a de cela une cinquantaine bon poids, mon papa m’avait appris à considérer nos dirigeants comme une gens inattaquable car irréprochable dans la forme et, surtout, sur le fond.

Les meilleurs des meilleurs petitou.

‘’Regarde fiston, le ministre Machin, ça c’est quelqu’un. Honnête. De la moralité à revendre. Discret. Et puis la manière. Un grand bonhomme quoi.’’

C’était il y a…des siècles.

Certes, il y avait aussi la façade.

On se souvient de Napoléon à Talleyrand qui incarnait la politique à lui tout seul : ‘’Talleyrand, vous êtes de la m….dans un bas de soie.’’

On se souvient aussi d’Herriot qui disait que la politique c’était comme l’andouillette, pour être bonne il fallait qu’elle sente la m…mais pas trop.

Mais on pensait que c’était l’exception…

Aujourd’hui…

Dites donc. Où dégringole-t-on comme ça ?

Et les medias qui en rajoutent.

En se gargarisant et en se référant, évidemment et toujours aux grands ancêtres du journalisme, de Théophraste Renaudot à Albert Londres, on fait aujourd’hui dans l’abject.

A croire que les journaleux en question ont été faire leurs stages de début de carrière au ‘’Sun’’, ou dans les autres titres de la presse d’égouts d’Outre Manche.

C’est vrai. Tant qu’il y aura des lecteurs de pareils torchons…

C’est comme les claques d’antan et les professionnelles d’aujourd’hui.

Elégantes ou pas.

Tant qu’il y aura des clients…

Au fait. Vraie l’histoire en question ?

Sortie ‘’par hasard’’.

Manœuvre sordide ?

Téléphonée par d’élégants et subtils intéressés ?

Allez…

A politique torchon journalisme torchon.

28/07/2005

Informer le peuple: le rêve!

La navette c’est plus la joie…

C’est le constat aussi subtil qu’intelligent qu’a fait un journaliste, éditorialiste pardon, du journal Nice-Var-Matin, commentant le départ de l’engin pour la station spatiale que vous savez, enfin on suppose.

Entre parenthèses, nous tâchons de suivre le journal en question, car il représente pour nous la substantifique moelle de ce que sont les journaux de la civilisation profonde du XXI° siècle, censés, comme le disait un confrère américain mais exemplaire (on n’en a trouvé qu’un), ‘’réconforter les affligés et affliger ceux qui vivent dans le confort.’’

Ce qui veut dire que le et les canards en question font tout le contraire. Fastoche.

En langage populaire.

Car en franglais multinationo-économique, on dit efficient.

Eh oui bourricot...

Ca rapporte plus de conter les émois de la monaco ou hollywoodo pipole que les angoisses des virés de la Samaritaine.

Et quand on commente l’actualité ailletèque, on émaille sa prose d’un brin de poésie. Un grand reporter est avant tout un homme. Sensible et généreux.

Alors, pour nous faire rêver en vulgarisation scientifique façon supermarché, notre homme commence par nous dire que ‘’la catastrophe de Columbia est effacée, pour l’instant, mais que l’aventure continue’’.

Et il regrette, cependant, ‘’la mission, le rêve, ne sont plus tout à fait les mêmes’’.

Le rêve, vous savez, la mission première des medias ?

 Alors quoi?

Eh bien ‘’la planète souffre de mille maux’’.

Oui mais quoi ? D’un côté vous nous dites qu’il est dommage que le rêve disparaisse et de l’autre qu’il est dommage que l’humanité souffre.

Faudrait savoir non ?

Vous n’avez rien compris : un grand éditorialiste est équilibré dans ses propos.

Il suffit de dire tout et son contraire.

Juste après.

C’est l’information sans risque et qui ratisse large.

LE REVE DES HUMAINS

Et pour faire humain, notre plumitif déplore la douleur de ne plus (applaudissez l’original) ‘’regarder vers le ciel’’.

Ah bon !

Il va donc tout nous expliquer : les tsunamis, la pauvreté dans le monde, l’environnement qui fout le camp, ces damned 4X4, les golden parachutes, le SMIC qui baisse, la CSG qui monte et c’est pas fini malgré les promesse qui n’engagent que ceux qui y croient, les 15.000 vieux tués par l’impéritie des décideurs et l’égoïsme de leurs enfants, le plombier polonais et les usines délocalisées en Hongrie, bref, il va nous dire comment faire pour mieux orienter le monde.

Ben non.

Il nous dit ‘’le monde a changé, s’est inventé d’autres défis’’.

Lesquels ?

Mystère et boule de gomme.

Ah si : les Bush programmes La Lune, Mars…

Certes, note-t-il, les crédits de la NASA sont en baisse, mais il ne dit pas que pour aller se faire bronzer au bord des canaux martiens, les crédits en question vont être multipliés par 100, au bas mot.

Il va donc nous dire qu’il faudrait peut-être les utiliser à s’occuper des ‘’mille maux’’ de la planète.

Ben non.

Pourtant, les programmes spatiaux n’ont jamais apporté un sou percé à la lutte contre la pauvreté, la famine, les inégalités sociales, voire même les problèmes de santé à part les études qui ont solennellement montré qu’on pouvait procréer en apesanteur.

Vous vous souvenez ?

S’envoyer en l’air sans même s’aider des oreilles, c’était le but d’une des expériences, secrètes il est vrai, tentées dans l’espace il y a quelques années.

C’est à des choses comme ça qu’on mesure toutes les merveilles dont nous gratifie le Progrès et le Science.

Seul but ?

Mais non !

Moi qui vous cause, j’ai acheté il y a quelques années, une ‘’casserole spatiale’’.

Un truc en céramique tout blanc tout lisse qui chauffait comme une casserole normale mais qui, du fait de sa constitution en céramique (comme les tuiles qui, comme la navette, se décollent) résistait à la chaleur très longtemps sans se casser.

Comme une casserole en alu qui file l’Alzheimer d’ailleurs.

Pour une trouvaille c’en était une.

Jusqu’au jour où elle m’a glissé des mains et volé en éclats sur mes carreaux en grès…cérame couleur Provençaou.

Vu que le manche était riquiqui et que lisse comme une savonnette, je n’ai pas pu la retenir.

Le Progrès ça n’est pas rien savez-vous une fois ?

Ensuite ?

Eh bien pour terminer, notre éditorialiste modèle de luxe termine son papier en disant que la station spatiale bricolée par les Rouskis tient la route depuis trente ans mais que le désintérêt des masses populaires pour l’aventure risque de virer au ‘’rêve industriel, commercial et stratégique tournant en rond’’.

Ach ! Le rêffe douchours le rêfffe!

Et pour faire riche, moderne et américain à la fois, il termine par ‘’Good luck’’ à l’adresse des cosmonautes.

Ce qui va sûrement leur faire une belle jambe et les aidera encore plus sûrement et psychologiquement puisqu’ils ne le liront jamais, à revenir sains et saufs sur la plancher des vaches.

Voili voilà.

ENSEIGNER PAR L’ EXEMPLE

Au fait, dans les grands défis de la planète, l’éditorialiste en question oublie de dire qu’il a, récemment, encensé sur des douzaines de pages, l’A380 fabriqué par son patron d’EADS (aucun rapport évidemment), alors que des chroniqueurs avisés, et spécialisés, se posent doctement la question de savoir si, dans les années qui viennent, le réchauffement la planète que vous savez et les problèmes climatiques qui vont s’ensuivre(même déjà), vont probablement remettre en question l’existence de ces belles machines et surtout des sommes pharaoniques qu’elles dévorent.

Autre grand défi : la protection de l’Environnement que le même canard mène en partenariat avec la fédération de notre pétaradant conseiller Nature des présidents, Nicolas Hulot soi-même.

Pour ce jour (27/07) le canard a demandé à Stéphane Diagana d’y aller de son sage conseil et de son bel exemple.

Notre carapateur de luxe nous a dit son amour sincère des serpillières réutilisables à l’infini et son horreur des lingettes jetables et des produits chimiques qui te vous empoisonnent la vie des pôvres humains.

Nouveau !

Mais il a oublié l’interview qu’il a donné à Caradisiac, qu’on trouve sur le Net, et dans lequel il confie ses autres préférences et usages ‘’raisonnables’’ pour l’utilisation, aux USA, des Dodge Viper (500 CV et du CO2 à la pelle) et ses amours pour les BM M 3 (la sienne) Jaguar, et autres Aston Martin, toutes bagnoles populaires, comme on le sait, très économes en petrol (à l’américaine ça sonne mieux) et peu polluantes, comme son coupé 406 de 3 litres de cylindrée (essence of course).

Que dire encore de ce journal moyen de la France profonde ?

Qu’il nous paraît être un très bel archétype de la presse beauf de ce brillant début de siècle. Très propre sur lui et à façonner le mental de ses lecteurs.

Piquées d’autres infos dans ces pages ?

Ben que Mel Gibson va confectionner un nouveau chef d’œuvre, parlé en langue maya cette fois, l’araméen étant trop facile à comprendre ; que Brad Pitt et Angelina Jolie vont, eux aussi et photo à l’appui, nous faire rêver dans leurs rôles de tueurs à gages avec parties de jambes en l’air garanties : excellents exemples moraux pour les mouflets des lecteurs jusque là choisis dans la frange démo-(mais pas trop)-chrétiennes nanties bien de chez nous.

LA LOGIQUE DU PLOMBIER ANGLAIS

Quoi encore ?

Qu’une ânesse sauvage de Somalie est née au zoo de Bâle, que la reine Elisabeth va utiliser l’eau de la Tamise pour éclairer gratuitement son château et qu’un plombier, pas polonais mais anglais, vient d’être arrêté par la police qui espionnait les artisans réparateurs des maisons british pour savoir s’ils le faisaient bien.

Motif, sans se douter du piège, il a fait pipi dans un vase qu’il a ensuite vidé dans le réservoir d’eau chaude de la maison où il avait été appelé à intervenir.

Logique le plombier. Le pipi c’est que de l’eau chaude.

Bath d’infos non ?

Qui vous en dit long sur l’épouvantable situation des malheureux travailleurs engliches fourrés en cabane dès qu’ils se permettent de satisfaire leurs besoins de façon non engliche. Le journal ne dit pas comment il aurait fallu faire. On connaît l’aversion congénitale et transmissible des Britanniques pour les merveilleuses trouvailles que sont les WC à la turque et le bidet français, qu’ils considèrent, pourtant, comme des inventions inconfortable et carrément cradingue. Allez savoir pourquoi.

En tous cas, pour ce qui est de cette intéressante info, voilà une excellente manière de nous apprendre, ce que l’on savait déjà, savoir que leur Blair en question n’est pas si social qu’il le prétend.

Quoi encore ?

Ah oui ! L’annonce d’une enquête sur le fameux Bio pas très bio, Danone.

Annonce en tout petit, bien sûr, vu que parmi les lecteurs et les actionnaires du journal, il y a peut-être des actionnaires (du yaourt) qui ont profité de la bien curieuse hausse de 27% de l’action du fromager français dont tous nos concitoyens ont, paraît-il, déploré le prochain passage entre des mains US honnies.

Vous vous rendez compte ?

Quand vous savez, ou pas, que déjà plus de 50% de nos entreprises sont entre les mains US honnies par le biais des fonds de pension américains, vous imaginez un peu le danger?

Si demain on passait à 55% !

Voire plus !

Grave non ?

Finies les infos ?

Ben non. Il y en a des tonnes comme ça. Tous les jours.

C’était donc, cherzamis, notre chronique sur l’état de la presse quotidienne régionale (la PQR), qui ne s’arrête pas de perdre des lecteurs, mais bénéficie toujours des aides gouvernementales que l’Etat  lui avait consenties après la Libération, dans le but vertueux que la presse d’information ne passe pas entre les mains des partis politiques ou des groupes financiers.

Sous entendu, pour conserver à la presse, écrite ou radiodiffusée, son rôle d’éducatrice des masses et de formation littéraire et intellectuelle si possible.

Mission remplie non?

 

14/06/2005

Libération: qui paye?

Florence Aubenas et Hussein Hanoun libérés : qui ne s’en réjouirait ?
Pas même les ravisseurs pour qui la libération a signifié le versement de la rançon .
1 millions ?
De dollars évidemment ?
Plutôt dix ou douze, à notre avis mais bon. Une vie humaine, voire deux, valent bien plus que cela.
Toutefois, - il y a toujours des toutefois que nos confrères, zélés serviteurs de la vérité de l’information, s’abstiennent d’évoquer, voire, s’obstinent, à ne pas évoquer -, c’est celui qui concerne directement la question suivante : ‘’Qui a payé ?’’.
Ce qui amène à la seconde question, évidemment liée à la première : ‘’Qui paye chaque fois,’’.
Sans oublier la troisième : ‘’Qui va payer à l’avenir ?’’.
Le journal, qui peut, tout de même se le permettre, ne serait-ce qu’en regard de la pub que l’affaire lui fait ?
Quoi c’est indécent ?
Parce que l’enlèvement, pour malheureux, épouvantable et criminel qu’il soit, - ou plutôt à cause de cela -, n’aura pas profité, et c’est dans l’ordre normal des choses, à son audience et à son tirage ?
Bon, reprenons au début : Qui paye ?
Pas la famille, évidemment, aussi éplorée que dans l’impossibilité complète de payer quoi que ce soit. Et là ce serait indécent.
Alors ?
Les compagnies d’assurance ?
Aucune n’assure dans ces cas-là.
Qui alors ?
Eh bien vous et moi. L’Etat pour tout dire. Et pas depuis hier seulement. A chaque fois que pareille affaire est survenue.
Et malgré les véhémentes et officielles dénégations des autorités responsables.
A qui fera-t-on croire qu’un enlèvement sans revendication, politique en particulier, et qu’une libération sans raison visible, avec en plus une restitution des quelques dollars à la malheureuse Florence avec , en ‘’prime’’, le misérable ‘’cadeau’’ de deux bagues et d’un flacon de parfum – sûrement pas du N°5 de Chanel – puisse se faire sans bénéfice aucun pour les criminels ?
Certes, on ne va pas mégoter mesquinement : notre vie à nous serait en jeu, nous serions bien heureux de profiter des dépenses de ce genre sur le dos des contribuables.
Néanmoins, est-il moral, voire citoyen ou simplement logique, de faire prendre en charge, par exemple, les dépenses de sauvetage des ahuris qui prennent des risques dans des activités ou des sports de l’extrême, souvent carrément déments, alors que ces fondus mettent non seulement leur vie en danger mais l’argent des autres…sans leur demander leur avis. Et sans justification de la ‘’mission d’informer’’ mais uniquement pour leur propre plaisir, lequel devient monstrueusement égoïste dès lors qu’il est payé par les autres ?
Lorsqu’il y a intervention du hasard, de l’impondérable, d’accord, mais encore, compagnies d’assurance à l’appui, qui savent fort bien, elles, faire la différence entre les risques impossibles à prévoir et la stupidité froidement mise en oeuvre.
Alors ?
Faire payer les citoyens, d’accord, mais ne serait-il pas opportun de leur demander leur avis ? Peut-être pas un référendum, encore que, les surprises seraient probablement à attendre au coin du bois.
Mais les parlementaires ne seraient-ils pas avisés de ne dépenser les économies de leurs électeurs qu’après avoir obtenu leur consentement éclairé ?
Faire le généreux avec l’argent des autres, rien de plus facile non ?
D’autant que les hommes politiques savent fort bien que la profession de journaliste, ainsi soignée et glorifiée, saura certainement s’en souvenir en cas de besoin n’est-ce pas ?
Ne trouvez-vous pas curieux que les journalistes russes, par exemple, soient moins souvent enlevés que nos confrères d’Europe de l’Ouest ?
Que pensez-vous que ferait Vladimir Poutine en cas d’enlèvement de ce genre en Tchétchénie par exemple ?
Et Hu Jintao alors? Premier chinois d’un pays qui matraque les journalistes ?
Ou du premier ministre Junichiro Koizumi ? Souvenez-vous de ces malheureux otages japonais que leur gouvernement rendait, quasiment responsables de leur propre enlèvement à cause de leur ‘’imprudence’’ alors que les ravisseurs, politiques eux et pas mafieux, faisaient pression pour que le contingent des forces nippones quitte l’Irak ?
Au fait, les confrères du New York Times nous donnent l’exemple : ils sont cinq à Bagdad à vivre dans un véritable bunker. Tout comme les soldats US, sans l’obligation de sortir d’ailleurs. Et avec des douzaines de gardes du corps.
Qui paye ? Leur journal.
Et en cas d’enlèvement, plutôt problématique pour les éventuels ravisseurs, évidemment ?
Eh bien toujours leur journal.
Rassurant, tout de même. Ne serait-ce qu’en raison du principe selon lequel, dans une économie de marché, l’on doit savoir tout assumer. Et en particulier ses choix.

24/05/2005

L'europe à l'américaine

Pour donner un avis, documenté mais surtout très objectif, sur l’Europe, a été invité sur les antennes de France-Info (radio subventionnée par vous et moi), un journaliste et écrivain américain.
Dynamisme MBA, bel accent, prestige amerlo, le top du top.
Et, surtout, très bien placé pour donner un avis à la fois intelligent, sage et très objectif, on le répète.
Un journaliste américain, ou au moins, formé aux Etats-Unis comme certaines de nos têtes d’œufs radios ou télévisuels...le journalisme à l’américaine, qu’y a-t-il de plus noble sur la planète ?
L’on n’en attendait donc pas moins d’un invité, spécial, qui venait nous donner de doctes et américaines leçons.
Bien.
Vous savez à quoi se résument ces leçons et son avis aussi documentés, sages, qu’intelligents et objectifs ?
Eh bien que les Français sont des rêveurs, qui pensent à tort qu’il ne doivent pas abandonner leurs somptueux privilèges, et qui s’imaginent que les Polonais vont, un de ces quatre matins, gagner comme nous, des 2.000 et 3.000 euros à rien foutre durant leurs 35 heures et qu’il faut donc, toutes rêveries cessantes, voter OUI car c’est le libéralisme néoconservateur qui va sauver la France, l’Europe et le monde.
Le monde selon Debeuliou évidemment.
Au fait, vous savez combien gagnent en moyenne ces journalistes émérites venus tout droit des states nous vanter les mérites de l’american way of life ?
Avec les notes de frais et les primes d’envoyés spéciaux à l’étranger, dans les 8 à 10.000 dollars.
Presque autant en euros.
Une misère quoi !
Nous, on attend avec impatience, que déboulent fissa des journalistes polonais parlant américainement bien l’anglais, et qui viendront lui piquer son job – puisque c’est comme ça qu’on dit - en se faisant payer 200 euros par mois…
Juste pour que, après en avoir bavé pendant une dizaine d’années, il puisse, alors, nous donner un avis un peu plus documenté et nettement plus objectif sur la question européenne.

18/05/2005

La télé me fait rêver

Josiane Duchmol.
Technicienne de surface. (En clair, femme de ménage)
Mariée, deux mioches.
Salaire : le SMIC. Enfin…un peu moins parce que le mois dernier elle a fait seulement 5.600 balles, vu qu’elle en peux plus de son mal aux reins à cause de la pièce à nettoyer par terre.
-Dites ! C’est quoi votre truc encore ? Ca y est ? Encore la Révolution ? Le drapeau rouge ? Le couteau entre les dents ?
-Pardon ? Mais non voyons ! Calmez vous ! Je parlais juste du dernier et merveilleux feuilleton en vogue à la télé. Vous savez, celui qui fait rêver toutes les femmes modernes de moins de 50 ans ?
-QUOI ? Qu’est-ce que vous racontez ? C’est n’importe quoi votre machin là encore une fois. Et maintenant, en plus, vous ne vous tenez même pas au courant. Vous ne savez pas lire non ? Le dernier feuilleton au top du top c’est CLARA SCHELLER, journaliste, qui vit en couple avec son camarade homosexuel, journaliste lui aussi et qui cherchent tous les deux le Prince Charmant. JOURNALISTE, c’est autre chose que passer le balai non ? Et 15 à 20.000 balles par mois, c’est aut’chose ça aussi non ? Ca c’est bon pour faire rêver ! Pas votre machin à la noix là ! Non mais : une femme de ménage ! Et avec des gosses et mal au rein en plus ! Y en a je vous jure !
-Bon bon ça va! Excusez quoi ! Vous allez pas en faire une pelle mécanique en plus. Je me suis trompé de chaîne c’est tout…
-Pfff ! Cui-là alors. Même pas drôle !

17/04/2005

Le coût du rêve.

Entendu sur une radio financière, la radio de l’économie pour les uns, la radio des riches pour les autres, la radio des pauvres pour les vraiment riches, une rubrique, assez croquignolette où l’on parle des produits de luxe qu’on peut s’acheter quand on est milllion..et même plus, milliardaire.
C’est une rubrique où nous avons entendu vanter les mérites des VTT de marque Mercedes, Porsche ou Ferrari à des prix variant de 15.000 à 50.000 euros.
Des vélos à 10.000 ou 66.000 balles…c’est des beaux VTT non ?
On a même entendu dans le poste, dire beaucoup de bien de montres fabuleuses, en métaux fantastiques, usinées pendant des semaines, par des artisans de l’ancien temps avec des méthodes de l’An 3000, aux prix, elles, allant de 100.000 à 500.000 euros !
De 600.000 à trois millions de francs, bigre !
On savait que le temps c’est de l’argent mais à ce point…
Tout ça, non pas pour faire rêver les cadres moyens, encore moins les pauvres (1).
Non.
Pour seulement aider les vraiment riches à faire leurs choix.
Juste une remarque ?
Merci.
On y va.
En général, pour acheter des choses bien chères, on a plus besoin d’argent que de conseils.
Donc, quand on a beaucoup d’argent, et même plus, hein.. ?
D’autant que quand on est vraiment riche, on doit avoir sûrement des choses plus importantes à faire qu’à écouter la radio…
Et puis, quand on est milliardaire, l’information, on n’a pas besoin de l’écouter, on la fait.
Ca c’était la rubrique on rigole avec ce qu’on peut.

(1) : Les medias n’auraient-ils pas le droit, après tout légitime, de nous faire tous divinement rêver ?

Les gourous

21 morts dans un incendie qui a éclaté dans un immeuble abritant, selon les avisés commentaires journalistiques, des immigrés.
Hasard ?
Sûrement pas.
Ce genre de drames a peu de risques de survenir dans le XVI°…
Mais bien plus souvent, et plus encore dans le futur, dans les taudis où notre civilisation cantonne tous ceux et tout ce qu’elle ne veut pas voir.
Tout ce qui, en fait, la condamne.
Immigrés ou pas, réprouvés et dérangeants dans tous les cas.
La compassion officielle, tout à fait louable, est, néanmoins, comme tous les sentiments dont se farde notre civilisation: elle n’a qu’un temps. Celui nécessaire pour faire la une, ou, au mieux, sécher quelques larmes…
Si tant est bien sûr…
Le traitement de cette information est, une fois de plus, symptomatique, de l’attitude des medias, et de ceux qui les représentent, vis-à-vis des petites gens et des drames qui les accablent.
15 morts, c’était un drame. 21, c’est la catastrophe, tout en étant une aubaine de plus pour les fabricants d’encre, de papier et de temps d’antenne.
Pas autant, il est vrai que pour une mort célèbre de la semaine passée.
Car il faut bien en convenir : la mort d’un pape vaut bien mieux qu’on s’y intéresse que celle de 21 anonymes, gris ou noirs qui mieux est.
Et pour des blancs ?
L’émotion sollicitée aurait été plus ample mais guère plus.
Même, et surtout, morts, les individus continuent à peser leur poids d’euros, de dollars ou de ‘’gloire’’.
Quoiqu’il en soit, un ou deux carbonisés, n’auraient mérité, tout au plus, que 5 à 10 secondes d’antenne et une demi-colonne en page deux.
Et 21 indemnes, tout simplement parce que l’incendie aurait eu lieu en leur absence, n’auraient eu, évidemment, droit à rien. Et même moins que rien.
Ce qui n’aurait nullement empêché leurs conditions de vie, cause possible de drames, de rester… dramatiques et menaçantes.
Une fois de plus, on se heurte à la hiérarchisation médiatique par excellence de la douleur, en un mot des valeurs, ou de ce qu’il en reste.
Un enfant battu par son beau-père vaut mieux qu’un vieillard renversé par un scooter et les familles explosées par les divorces en France, n’intéressent personne alors qu’en Bosnie Herzégovine, elles donnent lieu à des ‘’grands reportages’’ qui tirent des larmes.
Dans quel monde vivons-nous donc ?
Tout simplement dans un monde où tout est à vendre et à acheter.
Désormais, de façon obligatoire.
Jusqu’aux consciences et aux opinions.
Et les medias apprennent, désormais, au petit peuple, ce qu’il faut admirer, aimer, craindre ou haïr, et ce sur quoi il faut s’apitoyer, s’attendrir et, bien sûr, qui il faut mépriser, ou, selon les cas, à qui venir en aide, en mettant la main à la poche si nécessaire.
Big Brother est pour demain?
Mais non ! Il est là voyons!
Aujourd’hui !
Et il est encore plus malin que le modèle qu’avait imaginé Aldous Huxley.
A moins que cela ne soit vraiment nécessaire, il ne s’impose pas par la force…visible.
Non.
Désormais, pour mieux se faire accepter, il se déguise. Mieux, protéiforme comme pas un, il sait prendre tous les aspects, toutes les apparences, refléter voire dupliquer toutes les couleurs, toutes les opinions du grand public, afin de lui faire croire qu’il le représente. Et de lui servir ensuite de porte-voix.
Les medias disposent ainsi de l’argument massue qui légitime toutes leurs initiatives, tous leurs choix, et bien sûr, toutes leurs dérives :
‘’Le public, a le droit de savoir. L’information est notre mission. Nos lecteurs – cherzauditeurs et téléspectateurs – nous le demandent, l’exigent. Ce n’est pas nous qui l’exigeons, c’est EUX. Le grand public.’’
Il ne suffit donc plus que de former, de formater cette exigence-là et de l’exprimer ensuite en porte-paroles auto-proclamés.
La boucle est bouclée.
On n’est pas très sûrs que l’information y trouve son compte.
Les…informés encore moins.
Mais qu’ils dorment tranquilles.
Désormais, ils ont des guides sûrs.
Vous avez dit gourous ?

13/04/2005

Les grands hommes de l'année

Lu dans Time que Georges Bush avait été classé parmi les cent personnes les plus marquantes de l'année 2004.
Pour un journal, unaniment respecté depuis bientôt 80 ans ''pour son professionnalisme'' comme on dit entre gens tendance, avouons que c'est un vrai record que d'avoir discerné que le président en question avait marqué, fortement pour le moins, l'année qui vient de s'écouler...en plus, pas à lui tout seul, semble-t-il, parmi 99 autres tout aussi marquantes.
Pour ce qui est de marquer 2004, d'ailleurs, les Irakiens s'en sont aperçus.
Sans avoir besoin de le découvrir dans Time magazine.

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