03/11/2005

Instituteurs: formation au rabais?

Les instituteurs sont formés dans des I.U.F.M, Instituts Universitaires de Formation des Maîtres.

S’y retrouvent, des étudiants, ayant obtenu leur licence et frais émoulus de la Fac ou de l’Université.

Mais pas seulement.

On y retrouve aussi des candidats ayant interrompu leur cursus universitaire pour cause d’aléas et avatars divers et qui, après une incursion plus ou moins longue dans le monde du travail, ont repris le chemin de l’enseignement.

Donc, population relativement hétérogène côté âge, et qui regroupe des élèves de 22, 23 ans, et des ancêtres quadras.

Particularité de ces derniers, venus donc du monde du travail, ils ont, souvent, demandé une aide au FONGECIF qui la leur accorde généralement sous forme de prise en charge du salaire ou d’aide financière aux frais générés par la reconversion.

Généralement mais pas très généreusement.

Voire pas généreusement du tout.

Transformant ainsi la soi disant aide à la reconversion, en une épreuve épuisante au plan financier.

Car si les salaires sont bien versés, ils correspondent, très exactement aux heures de cours dispensés en IUFM.

Tout réside dans ce distinguo.

35 OU 60 HEURES ?

En effet, dans le monde du travail, la règle en vigueur est de 35 à 40 heures actuellement.

Or, les heures en IUFM, représentent, en général, une vingtaine d’heures par semaine.

Donc, le FONGECIF ne paie que les heures de…présence en Institut.

Hélas, les cours sont une chose mais, ensuite à la maison, il faut apprendre, faire les devoirs, préparer les contrôles, étudier tout ce qui a été vu, préparer encore ce qui va l’être le lendemain, bref, les heures sont doublées voire triplées.

Résultat : environ 50 à…60 heures de travail voire plus, par semaine, mais un salaire divisé par deux ou trois !

Pire : comme des centres de formation il n’y en a que deux ou trois par département, les déplacements sont à la charge des élèves.

200 ou 400 euros par mois de frais de déplacements, plus 300 à 400 perdus pour cause de diminution du nombre d’heure payées : les SMICARDS ont intérêt à avoir un compte en banque bien approvisionné.

Ou alors, à reprendre leur boulot, durant les heures sabrées, pour compenser le manque à gagner…sans, évidemment, préparer, étudier, bref, se former comme on l’attend d’un instit digne de ce nom.

Et a bosser comme des fous complets vu que la fameuse ‘’aide’’ ne durera qu’un an pas plus.

Interdit de redoubler.

Comme, en plus, à 35-40 ans, on a, généralement, un ou deux mouflets à charge…

Résultat bis : une perte sèche sur le salaire qui signifie que la formation se fait aux frais…de celui qui veut se former.

Il faut avoir la vocation d’enseigner bien accrochée…

Surtout lorsqu’on a 40 ans, que l’on a attendu 15 à 20 ans, la possibilité de reprendre le collier avec, en plus, un handicap inventé par l’Education Nationale : pénaliser les candidats issus du monde du travail, c’est-à-dire ayant eu leur licence au-delà de 6, 7 ans, en leur enlevant deux points à l’examen d’entrée à l’Institut.

Ohé France INFO !

Pour attirer l’attention des Pouvoirs Publics, qui ne sauraient d’ailleurs l’ignorer, sur cette bizarrerie, nous dirions nous injustice, nous avions sollicité le ‘’spécialiste’’ de l’Education de France Info, Emmanuel Davidenkoff.

Très intéressé par cette affaire, nous a-t-il dit, il a considéré que ‘’c’était trop long à dire en 50 secondes’’, le temps de sa chronique.

Nous lui avons donc envoyé un papier de 46 secondes, où tout était dit.

Silence…

Dommage.

On règle un compte ?

Bien sûr que non ballot.

C’était juste pour dire que, comme notre ami défenseur des citoyens a préféré causer du problème crucial des lycées français à l’étranger, on voit tout de suite, vous en conviendrez, que ce grave problème concerne bien plus les Français que la formation des instits, c’est-à-dire de l’éducation de leurs mouflets, de la maternelle jusqu’au CM2.

08:35 Ecrit par Maurice CARON dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

16/09/2005

Education: négociation?

Au temps des instits en blouse grise, noire pour les moins riches, de l’encre violette et de la craie qui grince, l’Instruction Publique était simple.

Les rapports élèves professeurs ou instituteurs étaient ce qu’ils étaient, ma foi, depuis des siècles, voire des millénaires.

Les élèves, des hommes en devenir mais aussi des enfants qui apprennent, devaient donc apprendre des tas de choses qui leur seraient indispensables dans leur métier futur.

Ils apprenaient également d’autres choses bien utiles.

Notamment qu’avant de commander il faut savoir obéir à une hiérarchie, à un ordre social donné, bref, qu’ils vivaient dans une société où la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres.

Simplicité biblique s’il en fut.

Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Aussi, depuis Lionel, a été introduite une notion nouvelle au sein de ce qui était devenu entre-temps, on ne sait que trop bien pourquoi, l’Education Nationale.

Nouvelle notion : la négociation.

Désormais, l’on négocie entre professeurs et élèves, entre professeurs et parents d’élèves, et, par voie de conséquences, entre les élèves et leurs parents.

Il faut dire que les crânes d’œuf qui ont pondu et imposé cette notion n’ont pas très bien compris, semble-t-il, qu’en apprenant aux enfants à négocier, en fait à discuter, voire à discutailler de ce qu’ils avaient envie ou pas de faire, on leur apprenait aussi à opérer de même au sein de leur milieu familial.

Certaines habitudes acquises en milieu scolaire, ont donc produit, on le sait, des résultats imprévus en famille, mais là, n’est-ce pas, les parents étaient, et sont toujours les seuls, à payer les éventuels pots cassés ailleurs et par d’autres.

Comme, en plus, la tendance des parents était, déjà, de pratiquer la politique de l’enfant roi, au point, quelquefois, de venir tabasser le prof qui avait le front de punir leur petite divinité larvaire, il ne faut pas s’étonner que la négociation en question n’a fait que croître et embellir pour devenir une pratique régnante autant en famille qu’en milieu scolaire.

L’on n’en est pas encore aux empoignades de caravansérail mais on s’en approche.

De la notion, évidemment normale, de l’élève considéré comme un être humain à part entière et non comme un sous homme, on est passé à celle de l’enfant égal aux adultes.

MORALE ET DISCIPLINE

Désormais donc, l’on discute, on marchande, on décide, et surtout l’on se garde bien, actuellement, de faire appel à la notion d’autorité, de discipline dont les seuls mots donnent de l’urticaire à certains enseignants voire, à des comités d’élèves, à des conseils d’enfants qui n’ont pas seulement voix au chapitre, mais pouvoir de décider.

Et puis, là encore, il est tellement plus confortable d’être populaire en lâchant du lest que de passer pour des adjudants de quartier en mettant des limites là où il en a toujours fallu et où il en faudra encore longtemps.

La négociation voilà la solution…!

Sauf que, nous le voyons, la pratique déborde désormais dans les familles : on négocie sur tout.

Du menu du petit déjeuner, à l’heure du coucher, en passant par le programme télé, la facture du téléphone portable, l’heure de sortie ou de rentrée au bercail et le noms des copains et des copines, tout se négocie.

Et les familles où l’on ne suit pas la mode, sont considérées comme retardataires, attendant d’ailleurs et dignes d’être dénoncées - à quand le numéro de délation gratis ? - à un futur juge de parents abusifs, pour la punition desquels on va bien concocter une loi spécifique, propice à leur enlever toute envie de donner à leurs mouflets l’éducation dont ils ont besoin.

Et de temps à autres, les taloches qu’ils méritent.

Certes, les lois nouvelles, la Fillon entre autres, tentent de revenir en arrière.

Précision : l’on n’estime pas du tout que cette loi représente le fin du fin en matière d’opportunité et de finesse éducationnelle dans sa totalité.

Néanmoins, pour ce qui est de tenter de récupérer cette fâcheuse tendance à la négociation, elle semble au moins revenir à une conception plus saine des rapports entre enfants et adultes.

Oui mais!

Comment faire concorder désormais les deux tendances, l’ancienne pas mal laxiste, et la nouvelle plus restrictive ?

2X2 A LA CALCULETTE

Cela nous rappelle les efforts de certains enseignants qui tâchent de revenir aux ânonnantes tables de multiplication afin de corriger l’invraisemblable tendance actuelle qui pousse les enfants à utiliser la calculette pour savoir ce que font 2 fois 2.

Je n’invente rien, j’ai personnellement constaté !

Les mauvaises habitudes sont les plus difficiles à faire disparaître.

L’Instruction Publique était dans son rôle.

Elle instruisait, elle apprenait aux enfants des sciences et techniques propres à leur future vie professionnelle, l’éducation étant laissée, normalement, aux parents qui eux enseignaient à leurs enfants les règles de la vie en commun, en famille, en société, morale comprise.

Il est vrai que l’Education Civique et la Morale qui étaient enseignées en début de toute journée de classe il y a de cela…des millénaires quasiment, font regretter, aujourd’hui, les habitudes et principes qui sous tendaient et sous tendent encore les habitudes de vie d’une classe adulte pourtant considérée comme ringarde.

Et quelque part, l’on peut retrouver, dans le désir d’éduquer civiquement les enfants dès leur plus jeune âge, Marseillaise à l’appui, une envie certaine de retrouver certaines pratiques qui avaient, qu’on le veuille ou non, pas mal fait leurs preuves d’efficacité.

L’ennui est que l’on n’a retenu de ce diptyque éducationnel, qu’un élément sur deux.

On veut reprendre l’Education Civique mais l’on a oublié la Morale qui apprenait, notamment, à dire ces quelques mots dont nous cessons de regretter qu’ils aient totalement disparu de la bouche et de la cervelle - ou ce qui en tient lieu - des enfants et des adultes : bonjour monsieur ou madame, s’il vous plaît, pardon, merci, je vous en prie etc…

Petites lacunes, peu de choses peut-être, mais très révélatrices des manques cachés, bien plus profonds, bien plus graves, qui sapent les fondements mêmes de toute vie en société et de toutes les relations humaines qui se veulent, aujourd’hui, totalement égalitaires.

Et ce entre des individus qui ne peuvent l’être, simplement au niveau de leur développement physique, affectif, intellectuel, humain donc avec toutes les complexités que cela recouvre.

Il est vrai que lorsqu’on se permet de prononcer le mot de morale, avec tout ce qui s’y rapporte, la plupart des gens sortent leurs arguments à balles réelles.

A une époque où les mots grossiers sont devenus d’une banalité vitale, le terme moral devient, lui, d’une incroyable grossièreté…

Certes, la disparition de la chose qui se généralise, du haut en bas de l’échelle sociale, n’incite pas à la pratique.

L’on peut, d’ailleurs, prévoir la disparition du mot dans les années qui viennent.

Alors ?

Quid de l’Education face à la négociation ?

On souhaite bien du bonheur aux familles qui ont applaudi à cette mesure laquelle ne va pas cesser de porter ses fruits.

Quand bien même tous ceux qui auront prêché la négociation, pourront faire le compte - mais s’abstiendront de le faire - des problèmes auxquels seront confrontés les élèves qui comprendront très vite que le monde actuel et futur seront de moins en moins enclins à négocier.

Non que la négociation soit à rejeter : la vie sociale est faite de compromis.

Toutefois, l'habitude de rejetet toute discipline est toujours payée par ceux qui la refusent, jamais par ceux qui vous l'enseignent.

Et encore moins par les conseilleurs qui n’auront pas été les payeurs.

01:10 Ecrit par Maurice CARON dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

27/06/2005

Sexe à l'école

On pénalise de plus en plus.
Vous savez quoi ?
Les problèmes, petits et moyens, qui naissent entre jeunes en situations et âges scolaires.
Disons entre 8 et 16 ans.
Voire même, plus précisément et en moyenne entre 10 et 13 ans.
Quels genres de problèmes ?
Oh, des problèmes du genre relations que le système les incite à nouer mais que la...morale traditionnelle réprouve.
Tout ce qui touche au sexe en fait.
Comment faire le distinguo entre amitié, relations, ‘’amour’’, attouchements, relations sexuelles licites ou non consenties, viols, détournements de mineur(e)s voire pédophilie ?
Big problèmes pour définir tout çà !
Lorsque de telles situations surgissent dans le cadre scolaire, enseignants et animateurs ou responsables de tous ordres sont de plus en plus en manque de solutions. Démunis en fait d’arguments voire de moyens pour y faire face,
Semoncer ? Réprimander ? Sanctionner ?
On ne sait. D’autant que tout cela passe, d’abord et avant tout, par une évaluation saine de la situation et des responsabilités.
Il faut les comprendre : les règles de la morale…’’ancienne’’ ne sont plus reconnues par quiconque.
Celles de la nouvelle ‘’morale’’ prévalent mais elles sont d’un flou aussi artistique qu’elles sont impossibles à utiliser.
D’autant que cette nouvelle ‘’morale’’ martelée par les medias dont le principe directeur est de plaire sous la ceinture, est désormais imposée par des parents au nom de la liberté et tout heureux, osons le dire, d’être, enfin, délivrés de leurs obligations.
Imposer quoi que ce soit est très impopulaire n’est-ce pas ?,
Alors ?
Eh bien s’il n’y a plus de repères pour les adultes, comment dès lors en inculquer aux élèves ?
Seul dernier recours désormais : pénaliser. Faire appel aux autorités pénales en place : police, justice.
Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons d’une intervention accrue des policiers dans les collèges où ils viennent, quasiment, faire le boulot des enseignants en inculquant des principes et des notions que le milieu scolaire ne fournit plus.
Où est le temps ou instruction civique et surtout…MORALE (excusez cette si grossière expression), faisaient partie quotidienne et intégrante du programme officiel.
A la limite, désormais, le corps enseignant se donne le beau rôle : ne ‘’jugeant’’ plus et voulant ignorer, voire permettre sinon tout, tout du moins pas mal de choses, elle a beau jeu de souligner que les grands principes de respect de l’autorité, de la discipline, ne sont pas de son fait mais des instances policières et judiciaires qui porteront donc le chapeau.
Et les parents là-dedans ?
Eh bien ils regardent.
Puisque désormais les enseignants qu’ils chargeaient d’éduquer leurs mouflets – incapables qu’ils étaient de le faire eux-mêmes - ne répondent pas à leurs attentes, la police n’a qu’à faire le boulot pour lequel on la paye.
En oubliant que leur véritable boulot est d’arrêter les vrais délinquants, voleurs, tueurs, dealers et autres meurtriers et pas de faire celui des enseignants mais avant tout, des parents.

09:41 Ecrit par Maurice CARON dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité

15/04/2005

IUFM. Quelle éducation?

IUFM vous connaissez ?
Instituts Universitaires de Formation des Maîtres.
C’est le système, et les établissements, qui forment (quel joli mot…) les futurs instits.
Inventé par qui ? (Dés)organisé par qui ?
On ne sait pas très bien.
Ce qu’on sait, par expérience, c’est que l’organisation en question ressemble beaucoup à une suspecte pagaille.
Qu’on en juge.
L’épreuve qui permet aux candidats à la vocation, vient de se dérouler en avril.
Ont été retenus, bien sûr, tous ceux qui ont obtenus la moyenne aux tests littéraires et mathématico-scientifiques imposés.
Normal.
Ce qui l’est moins c’est que sont gratifiés du maximum de points supplémentaires les candidats les plus jeunes. Ceux qui ont obtenu leur licence tout récemment.
Tiens ?Le jeunisme ne sévirait donc pas seulement dans le vilain secteur privé de droite et genre facho ?
Il semble que oui !
Nous pensions, bêtement, que les décideurs de l’Education Nationale étaient, disons allez,‘’de gauche’’ donc, peu enclins à satisfaire à cette mode qui privilégie les jeunes, non pas pour leur plaire mais parce qu’ils sont nettement plus maniables, pas encore rompus aux manœuvres syndicales, donc, plus taillables et corvéables à merci.
Surprise, c’est tout le contraire.
En effet, pour les candidats plus âgés, qui ont déjà un parcours professionnels ailleurs, privé ou public, - car ils n’ont pu demeurer dans la filière estudiantine pour cause d’aléas de la vie et en ont donc bavé pour insister dans la voie de la vocation, bien réelle celle-là, - pas de salut !
Ils n’ont droit qu’à quelques points voire à…des points en moins, du seul fait de leur âge.
Allez ouste ! Du balai ! A la porte ! En tous cas derrière les jeunots.
Sauf, bien sûr, les femmes ont eu au bas mot trois mouflets.
Ce qui, vu la moyenne nationale, n’engage pas à grand-chose…C’est sans grand risque et on conserve l’image…républicaine.
Mesure supplémentaire d’écrémage qui privilégie les frais émoulus de facs, les résultats définitifs de septembre concernent, évidemment, les affectations.
Comme elles expédieront les définitivement reçus aux quatre coins des départements et des régions, les jeunes, eux, sans racines encore bien profondes dans un milieu précis, n’auront pas trop de difficultés à squatter à droite à gauche, et, en tous cas, à se satisfaire d’une précarité de logement et de vie que les quadras ou quinquas assumeront mal, ou pas du tout.
En effet, pour trouver, en une semaine, à se loger à deux ou trois cents kilomètres de chez soi, dans des villes totalement inconnues, en abandonnant maris, femmes et enfants, bravo pour la logique et l’efficacité de l’épreuve d’obstacles voire du parcours du combattant…
Voici donc, braves gens, un exemple parfait d’une obligation à la mobilité d’emploi si décriée par la gauche et tout le syndicalo-écologisme apparenté.
Le syndicalisme certes, mais aussi, on n’ose dire le simple humanisme et encore moins la toute bête logique.
Vous savez celle qui fait que, paraît-il, nous sommes le peuple le plus cartésien du monde par excellence.
Et le plus humain aussi.
Et pui, il est assez croquignolet de constater que les épreuves ne comportent aucun test sur les capacités d’enseigner des candidats ou sur leurs tendances à être pédagogues ou pas…
Futé hein ?
Ce qui, de facto et vu le jeune âge favorisé, rend les ‘’vieux’’ et leur expérience de la vie, moins aptes à prendre soin des générations futures.
Evidemment, nous avions oublié que les IUFM sont là pour FORMER.
A la soviétique ?
A la manière de l’Education Nationale ?
Qui, n’oublions pas, s’est arrogé, un jour, le droit et le devoir d’éduquer, alors que la mission qui lui avait été conférée par les grands penseurs de la III° était, avant tout, l’Instruction Publique ?
Jules Ferry reviens ! Ils sont devenus mégalos !

07:41 Ecrit par Maurice CARON dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité

05/03/2005

Qunsankimpur

Lors des obsèques de Yasser Arafat, une commentatrice de radio s'est indignée de voir des enfants tirer en l'air, avec des Kalachnikov. En plastique certes mais tout de même...
Et dans le contexte en plus...
On la comprend et on l'approuve.
Sauf, peut-être, que le même jour, une école alsacienne avait organisé d'imposantes manifestations dans le cadre desquelles les enfants de la région entonnaient à pleine voix la Marseillaise.
Il n'y avait là que de très louables et fort jolies intentions.
Sauf qu'on aurait pu tout de même, le corps enseignant en tous cas, se poser quelques questions.
A une heure où l'armée n'en découd plus ni avec les Allemands, ni avec les Russes - enfin on l'espère - ni avec les Anglo-Américains - tout de même pas ou pas encore - mais se consacre et c'est tout à son honneur et au nôtre, à des tâches surtout humanitaires, apprendre aux mouflets à souhaiter verser le fameux sankimpur (celui des allemands de l'époque) n'est peut-être pas une incitation à la portée de l'immédiate approbation du premier europhile venu.
D'autant que si l'on doit apprendre à nos chères têtes tricolores - çà change des blondes - la totalité des couplets, on en trouve d'autres tout aussi croquignolettes. Du genre : tremblez tyrans, tremblez perfides et vos projets pââârricides, despotes sanguinaires, tigres sans pitié, vils despotes, traîtres ignobles...et tout et tout. Plein d'injures bien tapées qui rappellent, en huit couplets, les chapelets d'épithètes tout aussi variées proférées par le capitaine Haddock à l'intention de ses ennemis réels ou supposés.
Plaisanteries?
A moitié. A-t-on demandé au corps enseignant et pourquoi pas, aux parents d'élèves, s'ils étaient demandeurs? Voire s'ils acceptaient?
Et les monarchistes alors? Et les apatrides? Et les pygmées? Et les Papous Néo-Guinéens? Et les citoyens du monde? Et, tout simplement, les enfants d'étrangers d'autres républiques résidant temporairement chez nous?
Minoritaires? Et alors ils n'ont aucun droit?
Respecter les lois de la République est le devoir de tout citoyen, français en l'occurence. Le devoir, en fait de toutes les personnes résidant sur notre territoire, y compris, on voudrait bien, les plus ou moins membres de corps plus ou moins diplomatiques qui ignorent superbement nos lois ( en particulier le Code de la Route) et se conduisent en pays conquis, ignorant autant notre police que notre notre justice qui ne font pourtant que leur travail en tentant de les empêcher de nuire.
Mais respecter les lois de la République et honorer son histoire, ne signifie pas oublier que notre Histoire évolue. Le président de la république lui-même a bien montré que cette Histoire, n'était pas sempiternellement écrite que par des vainqueurs sans reproche. Il est donc, revenu sur le consensus silencieusement complaisant qui apprenait à nos enfants que l'Administration Française était éternellement innocente des crimes vichystes puisque l'enseignement scolaire l'ignorait, ou le taisait.
Et puis enfin quoi? Toute notre Histoire de France débouche, ces jours-ci, sur celle de l'Europe non?
Et son ''Hymne à la joie'' de Beethoven semble, sans parole aucune ou avec des paroles tournées vers l'avenir, plus propice à donner à nos enfants, une habitude de pensée nettement plus constructive car tournée vers un immense continent en création où les frontières ne seront, dans quelques lustres, peut-être plus qu'un souvenir.
Et encore: pourquoi imposer un chant, guerrier ou pas, alors que l'on ne sait que trop à quoi peuvent servir ces ''d'aides au patriotisme''..
Le premier acte de pouvoir de tout gouvernement est, avec la création d'un drapeau, de se donner un hymne. Légitime.
Ce qui pose questions est que l'Allemagne nazie, elle, a imposé ce chant sous peine de sanctions. Tous comme certains régimes, africains ou sud-américains, voire américains tout court estimeront certains, qui imposent, tant qu'à faire, et le chant, et le serment la main sur le coeur et la prière. En treillis et en rangers aussi?
Nos décideurs ont-ils proposé le débat aux parents d'élèves? Et si les enfants, ou les parents trouvent cela inconvenant et, tout en respectant, ne veulent pas? Amende? Prison? Camp de concentration?
Et croit-on, vraiment, qu'apprendre aux enfants à chanter l'hymne national empêchera les crétins et les voyous, qui l'auront d'ailleurs peut-être appris eux-mêmes, de le siffler honteusement - et pour certains en toute impunité - quand ils ne seront pas satisfaits du résultat du match de foot?

19:05 Ecrit par Maurice CARON dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité