18/05/2005
Gates Constitution
Que voter pour la Constitution ?
Vous l’avez entendu non ?
Ce sera OUI ou le chaos ! Et interdit aux NONistes de faire peur !
Vous êtes avertis !
Le chaos ?
Oui, le chaos, c’est-à-dire, croissance en chute, conditions sociales qui se dégradent, salaires qui dégringolent, bref, le CHA-OS !
Voire K.O !
-Ah bon ? Parce que Constructel qui fait, DEJA, travailler les Portugais au tarif portugais et dans des conditions portugaises ce n’est pas le chaos ? Curieux non ?
Parce que ces conditions-là sont, un tantinet au-dessous de celles que la Constitution prévoit : c’est-à-dire libéralisation TOTALE des services et des biens. Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain !
Services non seulement du carrelage au tarif polonais mais, pour bientôt, des services jusqu’ici du ressort de la mairie et des ministères.
Comme aux USA quoi. L’entreprise privée tous azimuts.
-Oui mais là-bas, on vit bien !
-Certes, certes, mais sur 280 millions d’habitants, il y en a tout de même près de 40 qui vivent à la limite du seuil de pauvreté.
-Eh bien ? Ils n’ont qu’à bosser pour passer dans la frange (large) des 239 autres qui s’escriment à pas dégringoler parmi les 40 et se tuent la santé au boulot pour tenter de passer dans le un million de happy few qui se partagent le gâteau américain !
-Oui mais qui vont se la tuer longtemps encore vu que dans un système pyramidal, il y aura toujours un nombre de plus en plus réduit à garder sa place tout en haut de la pyramide. Et le social là-dedans ?
-Il y en a, il y en a. Regardez Bill Gates. Non seulement il donne 0,1% de son fric pour aider les plus pauvres, mais en plus il engueule les riches qui ne font pas pareil.
-C’est vrai ! Jusqu’où ira le social aux Etats-Unis on vous le demande ?
Vous allez voir que ce brave Gates va finir par vendre son XP pro au prix coûtant, c'est-à-dire à 3 dollars, soit 20 balles, au lieu de 5.000 comme aujourd’hui.
-Même d’ailleurs qu’il risque de ne pas s’arrêter là et de faire comme Linux. Gratos pour tout le monde.
-C’est ça le vrai CHAOS !
08:57 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
30/03/2005
Vérité, grèves, bénéfices...
Réflexion, très souvent entendue ces jours derniers, de responsables syndicaux, engagés dans les discussions relatives aux demandes d'augmentation des salaires des fonctionnaires: ''Pourquoi ne pas accorder, dès le début, ce que le pouvoir finit par accepter à la fin? On économiserait du temps de grève et de parlotes."
Il est des évidences qui ne le sont pas pour tout le monde.
En Allemagne, les manières étaient et sont encore, non seulement plus disciplinées, mais aussi plus civiles. Plus efficaces aussi de ce fait, ce qui ne gâtait rien, au contraire.
Certes, le syndicalisme allemand, partenaire plutôt qu'adversaire des pouvoirs, n'a pas toujours donné de bons résultats.
Néanmoins, il est de plus en plus étonnant qu'après des décennies, en fait près d'un siècle et demi, de ce genre de jeu de dupes dont les dominés sont toujours les sacrifiés, on en soit toujours à des stratégies de cour de récréation.
Mensonges, faux-semblants, duperies, chausse-trappes, menaces, claques quelquefois et claquements de portes, insultes, retrouvailles, communiqués: si ce spectacle n'était si triste, on aurait vraiment l'impression de se retrouver soit au théatre de boulevard, soit, vraiment, dans la cour de la maternelle.
On discute, ou l'on fait semblant, on se chamaille, on fait grève, on se raccomode, on se fait la tête, puis on finit par tomber d'accord. On arrête le mouvement.
On a fait la paix.
Jusqu'à la prochaine.
En fait de sérieux, hein...
Les allemands avaient, eux, droit de regard sur les chiffres, vrais, des entreprises. Cela faisait toute la différence bien sûr.
Chez nous: silence et langue de bois.
Comme si les chiffres d'affaires et les bénéfices étaient malhonnêtes. Eh oui, puisque "nécessairement" et soigneusement camouflés.
La plus grande transparence, et dans tous les domaines, a-t-elle jamais fait du mal à quiconque?
Et la vérité n'irrite-t-elle pas que les menteurs?
09:04 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité
21/03/2005
Europe-Kirghizistan: même combat!
Montée du mécontement généralisé.
Et pas qu'en Europe.
Au Kirghizistan. Vous vous rendez compte?
Europe-Kirghizistan même combat? Même corruption et mêmes abus des classes dominantes?
Même besoin de dire NON d'une façon...différente?
Comme chez nous alors?
Ben oui! Lorsque les petits en ont assez de dire oui, eh bien ils disent non. Et NON, et NON, et NON.
Il y a un moyen, pourtant, de calmer tout çà. Donnez aux petits en question de quoi vivre largement et les tensions disparaîtront.
Oh. Pas toutes évidemment. Mais nombre d'entre elles qui ne font que dénoter les amertumes, les frustrations, les déceptions, les pressions sans cesse renouvelées et jamais évacuées.
Au beau temps du communisme, les libéraux américains n'avaient pas compris cela. Il faut dire qu'à part comprendre comment compter, mettre de côté et profiter...
Pour juguler cette abominable ''peste rouge'', il leur aurait suffi pourtant d'inonder le monde des milliards de dollars en trop que les USA ont toujours gardé dans leurs coffres. Enfin, dans quelques coffres.
Donner à manger à un affamé et il n'a plus, physiquement ni besoin ni envie de vous manger tout cru. C'est bête hein?
Et sans inonder les pauvres d'argent, leur faire une vie humainement acceptable non?
Oh bien sûr, il faut des profits à l'entreprise, il faut pouvoir investir. Il faut rémunérer le capital. Il faut, il faut, il faut.
Il faut, et il y a, toujours de bonnes raisons pour garder ses gains, fussent-ils douteux, fussent-ils malhonnêtes.
Malhonnête? Qu'est-ce à dire?
N'oublions pas que, l'actualité le démontre encore plus qu'avant, l'ultralibéralisme se drape dans l'immaculée toge de la chrétienté.
Sur laquelle est inscrite en lettres d'or, comment déja? Ah oui! ''Tu aimeras Dieu plus que tout et ton prochain comme toi-même''.
Nouveau n'est-ce pas?
Aimer Dieu c'est aimer ses lois, bibliques. Qui, justement, disent qu'il faut donner et pas prendre.
Alors?
Ils aiment leurs employés, - comme eux-mêmes bien sûr -, les PDG aux salaires mirobolants?
Ils aiment Dieu qui leur rappelle tout çà pourtant, au temple ou à l'église tous les dimanches vers 11 heures?
Tiens: une remarque.
Les pays où le catholicisme domine, ne sont pas très bien placés dans l'échelle de la corruption. Espagne, France, Portugal, Italie, Grèce, Pologne: tous sont notés, dans l'ordre entre 7 pour l'Espagne et...4 pour la patrie de Jean Paul II. La honte!
Par contre, les pays où la corruption est bien moindre sont, eux, à dominante protestante: dans l'ordre, Finlande, Danemark, Suède, Norvège, qui obtiennent, dans l'ordre entre 8,7 /10 et 7,8. Pas parfaits mais pas mal non?
A noter que les Etats-Unis, proestants et catholiques, n'ont pas de quoi pavoiser: ils sont gratifiés d'une moyenne de 7,7/10 mais avec des minima de...5,5!
Curieux constat: le type de religion semble corrélé quelque part avec le degré de corruption!
Mais le résultat demeure: à défaut de religion déclarée, il en existe une, inventée par les classes dominantes: la croyance inculquée dès l'enfance que les meilleurs commandent. Les meilleurs, c'est-à-dire les exemplaires au plan moral: les plus honnêtes, les plus efficaces, les plus intelligents, les plus prévoyants mais, aussi, les plus prévenants pour les masses laborieuses, les plus...généreux.
Ben oui...
Alors, hein, quand la réalité démontre, au quotidien, qu'entre cet acte de foi et la réalité, le fossé s'agrandit chaque jour...
Comment ne pas voir une ressemblance troublante enre Européens et Kirghizes?
Certes, les Européens n'en sont pas à prendre leurs fourches comme les Kirghizes leurs kalachnikov.
Mais il suffirait que la situation s'aggrave, et on ne voit pas pourquoi elle s'améliorerait, sauf à ce qu'un vent d'honnêteté se mette à souffler sur les classes dominantes.
Ce qui n'est pas demain la veille.
09:05 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
14/03/2005
Promesses de salaires en hausse
Hourra!
''Les augmentations de salaires sont, a-t-on dit, légitimes!''
Pour une découverte, c'en est une.
A croire que toutes les demandes, toutes les manifs, toutes les revendications, même les plus polies, ne l'étaient pas.
A croire qu'un SMICARD, absent de toutes les manifs en question, lorsqu'il réclame, s'il le fait, une augmentation de ses quelques mille euros, devrait plutôt se taire, lui qui, tout le monde le sait, n'est qu'un abominable profiteur du régime qui, devant sa télé dernier cri en grand écran, plat bien sûr, se complaît dans la paresse, le luxe, ses pantoufles, sa Corona et ses loukhoums sur son divan brodé.
A croire qu'avec ces confortables émoluments, il arrive à payer son loyer (pour...60 m2 et pas 600), ses impôts ( un peu mais tout de même), ses vêtements et ceux de sa progéniture, leur scolarité, la bouffe mensuelle, les assurances et les mutuelles, les frais de voiture, l'eau, le gaz et l'électricité...sans oublier tout ce qui lui restera pour aller se distraire follement et en dansant, au cinéma, avec des livres pour se cultiver et, pourquoi pas, en vacances à la neige puis à la campagne.
Un ministre, un député, un sénateur, un conseiller général, un maire, ont-ils essayé, ne serait-ce qu'un mois, de vivre à ce régime?
Oui mais, dira-t-on, toutes ces hautes autorités ont d'énormes responsabilités!
Ah bon?
Lesquelles?
Eh bien, tous les citoyens sont et doivent être responsables.
C'est juste. Le citoyen lambda est, lui, bien responsable, pénalement, civilement et financièrement. Il l'est devant le fisc, la police, la justice, son patron, son entourage, son assureur et son adversaire en cas d'accident.
C'est vrai. Par contre, si les dépenses, choix et investissements publics, avec l'argent de nos impôts, sont malheureux, entachés d'erreurs, voire malhonnêtes, qui paie la facture? Qui sont les responsables?
Personne bien sûr.
Mais si ballot! Il suffira d'augmenter les impôts!
Ce sont encore les citoyens lambda qui seront, donc, eux, les seuls responsables.
Alors où sont-elles ces responsabilités qui valent de tels salaires pour ceux qui n'en ont aucune de véritable responsabilité?
Ah oui! C'est vrai. Nos édiles sont responsables, disent-ils, devant les électeurs!
Sans rire? Avez-vous essayé de changer d'un iota la politique de votre ville si vous n'êtes ''que'' simple citoyen?
Et même: avez-vous tenté, seulement, de prendre connaissance de tout ce que vous avez le droit de savoir concernant les dépenses? Les affectations de crédits? Les embauches? Les frais de déplacements et de missions?
Et puis, soyons réalistes. Un an environ avant les échéances électorales, tout le monde voit fleurir dans la presse complaisante, elle l'est toujours, des comptes-rendus d'une foule d'inaugurations de premières pierres, de remises de décorations et de réunions, d'apéritifs, et de vins de l'amitié, de félicitations et d'autocongratulations: le bon peuple raffole de ces hochets pour adultes. Et il n'y a rien de mieux pour affiner une belle image de marque d'un candidat.
Et puis, les campagnes électorales, pleines de promesses, pour les futurs élus et les électeurs, sont indispensables pour affermir la foi de ces derniers, certains, ce coup-ci, que tout va changer...
Enfin c'est promis.
Quant aux PDG des grandes entreprises, voire aux haut et très haut fonctionnaires, leurs responsabilités sont tout aussi imaginaires. Aucun d'entre eux n'est responsable de ses propres erreurs sur ses propres deniers. Bien qu'à un certain niveau de rémunération, n'est-ce pas, on serait probablement plutôt solvable...
Mais non. Même si l'entreprise se porte mal, le congédiement s'accompagne de confortables compensations. Et d'un reclassement, public ou privé, d'autant plus rapide que le carnet d'adresses est plus épais.
Or donc, pour le petit et moyen peuple, les augmentations de salaires sont pour demain.
Comme celles des impôts et des prix en euros?
Comme le disait l'écriteau qui ornait certains salons de coiffure des années 30: ''Demain on rase gratis'. Lorsqu'on repassait, le lendemain et les jours d'après, le panneau était toujours à la même place.
Et portait toujours la même mention.
Ad vitam aeternam.
Quant à l'augmentation des retraites, mieux vaut n'en pas parler.
Après avoir passé 50 à 60 premières années de leur vie à tenter de vivre, les retraités passent, désormais, les quelques dernières à ne pas trop vite mourir.
01:29 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
10/03/2005
Manifestations: les oubliés (bis)
Il y va y en avoir tellement de manifs.
Et des oubliés des manifs. (Voir dans cette même page)
Au point qu'on les a oubliés.
C'est vrai qu'on ne les entend pas. On ne les entend plus.
C'est vrai qu'ils ne peuvent pas manifester pour qu'on augmente leurs salaires. Et pour cause. Ils n'en ont plus.
et puis çà commence à craquer dans les articulations. A foirer dans les rotules. Et à dérailler dans la comprenure.
Eh oui: c'est les retraités dont il s'agit.
Oh, certes, ils touchent leur retraite sans travailler. Les doigts de pieds en éventail non? Sur des chaises-longues en rangs serrés sur les plages niçoises ou des Bahamas pas vrai?
C'est vrai, tout ceux qui gagnaient dans les 6 ou 8 SMIC dans l'activité, se retrouvent avec 4 ou 5. Pas mal en effet.
Mais combien sont dans ce cas?
On retrouve, mécaniquement, dans l'échelle des retraites, les mêmes différences que dans le secteur des actifs.
A ceci près que les retraites, elles, ne bougent pas d'un iota. Sinon suivant l'indice de l'INSEE qui, comme chacun sait reflète la réalité du coût de la vie aussi fidèlement que le ferait un couvercle de poubelle.
Alors, ils rament les retraités.
Normal diront les jeunes: ils gagnent sans se fatiguer. En oubliant qu'ils se sont beaucoup fatigués durant 30 ou 40 ans, pour alimenter et leurs enfants et les générations à venir. Dont font partie les si gentils descendants qui portent sur leurs ancêtres un jugement si délicat. Allez, place aux jeunes pas vrai?
Pour créer un fossé des générations, il n'y a pas mieux que ce genre de raisonnements. Diviser pour régner, c'est toujours le même refrain. Toujours entonné avec autant de plaisir par ceux qui ont de si jeunes et belles voix.
D'ailleurs, le pouvoir politique leur a bien fait savoir à ces retraités qu'il était fini le temps de profiter en fainéantant. On l'a vu avec les nouvelles mesures prises par le ministre de la Santé: CSG et RDS: allez, on augmente! Y a pas de raison!
Oh, ils n'ont pas à se plaindre. Ce n'est qu'un tout petit coup de pouce.
Avant les autres.
Les vieux, de toutes manières, çà n'a pas de gros besoins. Cà ne mange plus beaucoup et çà gêne tout le monde.
Ca aussi on va le régler. Avec une bonne loi sur ce qu'on va appeler l'aide au départ dans la dignité, et quelques infirmières et aide-soignantes qui vont se muer en aides-partantes, on va régler çà bientôt. (1) Légalement. Puisque le peuple des bien vivants le réclame. C'est pour leur bien aux vieux.
(1).Regardez, si vous le trouvez, ''Soleil Vert'', de Richard Fleischer.
Grand Prix du festival d'Avoriaz le film évoquait un monde pas si éloigné dans lequel on ne savait plus le goût de la viande, ni l'odeur des fleurs, ni même la couleur du soleil. Et où les jeunes vivaient en...boulottant les vieux.
C'est pour bientôt. On y est même et on ne le voit pas.
Mieux vaudrait, aux jeunes en question, se souvenir que la jeunesse c'est comme les allumettes: çà ne dure pas bien longtemps. Et, comme disait César (celui de Pagnol bien sûr): çà ne sert qu'une fois.
Eux aussi seront bientôt boulottés.
Ils le sont déja mais ne s'en rendent pas compte.
10:20 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité
Manifestations: les oubliés
Pour qui les manifs?
Les manifestations pour l'augmentation des salaires, pour tout le monde?
Un oubli, des oubliés: les SMICARDS, toujours eux, rivés, cloués à leur système inoxydable, inébranlable, totalement légal, qui, sans le dire, officialise la pauvreté. Avec son cortège d'humiliations de détresse, d'angoisse, d'expédients, de ravalement de l'être humain dans la classe que les nazis avaient inventée: celle des untermensch, des sous-hommes. Des sous-femmes.(1) Tous ceux et celles que l'on rétribue de manière qu'ils aient tout juste la tête, les narines, hors de l'eau mais pas plus.
Les salaires seront, certes, probablement ''augmentés''.
De quelques pourcentages probablement. Vous savez, de manière que plus on gagne plus le salaire augmente. Quelques euros, en tous cas, au bas de l'échelle, concédés par ceux à qui la si catastrophique situation économique permet, néanmoins, à leurs entreprises d'engranger des bénéfices jamais vus, et de s'octroyer à eux-mêmes des 50, 100, 200 voire 500 SMIC par mois. Sans compter les stock-options. Sans compter les parachutes dorés. Sans compter les avantages en nature aux politiques et chefs d'entreprises. Sans compter enfin les recasements automatiques en cas de faillite de la boîte. Les carnets d'adresses c'est fait pour çà.
Certes, les cadres, les agents de maîtrise, nombre de petits et moyens chefs bénéficieront, eux aussi, de la ''manne'' venue d'en haut. Mais les SMICARDS, eux, resteront boulonnés, de par la loi, à un système sur qui la société entière est bâtie. Le système des sous-hommes qui remplissent les tâches que la société leur laisse en leur rappelant le cas échéant que tout travail ennoblit l'homme: caisses de supermarchés, gondoles à remplir, poubelles à ramasser, ménages surtout, ménages pour nettoyer toutes les petites cochonneries quotidiennes, mille fois répétées, rejetées, excrétées par la classe de ceux qui ont encore la possibilité de manifester car leurs salaires peuvent, eux, augmenter au gré des craintes que l'ampleur de ces mouvements revendicatifs suscitent.
Quelle noblesse dans ces emplois de bas étage! Quelle noblesse surtout, chez ceux qui font faire aux autres ce qu'ils ne voudraient pas faire en se salissant les mains.
Même pas la reconnaissance du ventre vis-à-vis de ceux qui, exécutant les tâches ingrates, ont amplement mérité de voir rétribuer la pénibilité à sa juste mesure.
Donc, pas touche! Le SMIC est légalement fixé. Et revalorisé quand ''on'' le décidera.
Ou, peut-être, quand tous les SMICARDS se mettront à manifester eux aussi. Ce qui n'est pas demain la veille.
Une question en forme de remarque: si, demain, les PDG se mettent en grève que va-t-il se passer?
On vous le donne en mille: aucun problème au moins pendant pas mal de temps: les petits, moyens et grands chefs continueront à oeuvrer et les tâches de se faire.
Mieux: si les ministres et députés se mettent en grève? Idem. Le fonctionnariat aussi est programmé depuis des lustres pour faire son travail. Et puis çà va faire pas mal rigoler dans les bistrots.
Donc question: si les éboueurs et toutes les femmes de ménages de France se mettent en grève?
Là, il y a un os. Un gros. Un gros tas de...chose, qui va aller en s'accroissant au fil des heures et exiger qu'une décision soit prise faute d'asphyxie à partir de 15 jours un mois. Et même bien avant.
Alors? Qui est nécessaire, indispensable, vital à notre société? Et qui mérite donc d'être payé à son juste prix? Celui de notre survie?
(1). Tiens! On a dit que c'était l'année de la femme!
09:50 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité
08/03/2005
Femmes exploitées
Année internationale de la femme. De l'enfant. Contre la pollution. Contre le cancer. Contre la pauvreté. ..à votre avis, çà fait combien d'années que sont organisées (comment on sait pas très bien) ces années spéciales qui doivent, paraît-il, pas tout changer peut-être, mais, tout de même, faire bouger tout çà, tonnerre de Brest!
Longtemps non?
On organise et puis, effectivement, ''çà'' bouge un peu par-ci par-là et...force est de constater que plus çà change plus c'est pareil.
Certes, exploitation il y a. Salomon le disait déjà dans son Ecclésiaste lorsqu'il constatait, il y a presque trois millénaires, que ''L'homme domine sur l'homme à son détriment''...au détriment de la victime bien entendu.
Langage on ne peut plus actuel.
Sauf qu'aujourd'hui, l'homme domine pour le plus grand maheur de l'autre mais, cette fois, c'est de la femme qu'il sagit.
Mais, soyons juste, tout va bien car cela se passe avec toutes les apparences de la démocratie. C'est règlementé.
De nos jours la façon de dominer, légalement, sur l'autre est de le faire travailler dans les règles...au SMIC.
Non, non! Rien de révolutionnaire dans nos propos. Juste un constat.
En effet, avez-vous essayé, par exemple, si vous êtes une femme, célibataire, avec un enfant, de vivre avec un SMIC? Vous m'en direz des nouvelles.
Lorsque vous aurez prélevé le loyer (même avec APL), l'eau, l'électricité, le chauffage, le coût des transports, les frais de scolarité et de quoi s'habiller, et que vous calculez ce qu'il vous reste pour, eh oui, pour manger, vous voudrez bien nous dire...s'il vous en reste.
Puis vous nous le ferez savoir via blogspirit qui fera suivre si vous n'avez pas notre e-mail.
Qui, aujourd'hui se trouve dans ce cas?
Ben environ 1,2 millions de femmes seules avec enfant qui, diplômes ou pas, travaillent, comme des bêtes c'est le mot, pour joindre les deux bouts et n'y arrivent pas.
Solution? Travailler au''noir''? Se mettre en ménage par...''amour''? Vivre avec ou se faire aider par les parents? Epouser son chef de service? Ou un héritier jeune, beau, riche et en bonne santé, intelligence superflue? Gagner au loto? Acheter des actions Loréal? Faire arrêter Ben Laden? Si la CIA, bien sûr, veut bien vous verser la prime et si vous échappez aux tirs de ses gardes du corps...et des GI du check-point? Découvrir du pétrole dans votre cave? Trouver un trésor dans son jardin? (Nul:faut avoir un jardin...).
Ou quoi encore?
On en connaît, nous des femmes dans ce cas. Pas dans les salles de rédaction: les journaliste débutant(e)s gagnent environ 15 à 1600 euros ( 10.000 Frs), ce qui ne les prédispose pas obligatoirement, surtout célibataires et en tout début de carrière, à bien comprendre pour pouvoir les partager et les faire connaître, les problèmes d'une trentenaire ou quadra avec enfant, qui n'en gagne que tout juste 1.000 (6.600 Frs).
On en connaît, par exemple, dans les grandes entreprises de prestation de services hôtellerie-restauration (5 ou 6 en France) qui fonctionnent uniquement avec des femmes de ce profil...et de ce salaire. Balayage, service, service, balayage: tout çà à longueur d'années, voire de décénies, sans aucune augmentation puisque rivées au SMIC, lequel est d'une variabilité microscopique, voire même, d'une rigidité obstinément cadavérique.
Mieux, cette exploitation ne connaîtra pas de fin puisque dans les sites créés par les entreprises de prestations de services, au sein des demandeuses, pas de syndicat. En effet, les services étant rendus au coup par coup dans des sites différents, les effectifs mis en place chez les patrons demandeurs sont extrêmement réduits. Pas d'obligation légale de mise en place de syndicats.
Donc: rien dire, pas bouger sinon, panpan.
Pire du pire: il existe tout de même des syndicats mais ils sont constitués seulement des gérants d'exploitation responsables de chaque site: les patrons sur place donc. Comme ils disposent d'un budget donné, régi par contrat avec les entreprises demandeuses...lesquelles n'ont pas du tout envie de voir ces contrats remis en cause par des augmentations de salaires, rien ne bouge. Et, bien sûr, pour que les contrats soient juteux, les gérants ont besoin de faire des bénéfices avec leur budget, il n'est donc pas question pour eux d'augmenter qui ou quoi que ce soit, ou alors de l'ordre du micron...tous les vingt cinq ans.
Ainsi, un exemple - mille fois répété - de ces conditions de vie? Une femme, agent de service, hyper bien notée depuis dix ans, a vu sa prime mensuelle d'ancienneté croître, au bout de ces dix ans, de...0,6 euro.
Oui, oui. 0,6 euro de plus par mois! Géant non?
Quant aux dividendes servis aux actionnaires, ils vont bien merci.
On a dit, avec raison, qu'il fallait insister, insister et insister encore afin de faire libérer Florance Aubenas. Nous on pense que si l'on s'occupait, un peu plus de l'exploitation des femmes en insistant 365 jours de l'année sur celle dont elles sont les victimes chez nous dans l'indifférence générale des medias qui préfèrent s'intéresser bien plus aux malheurs des femmes plus exotiques, - ce qui est plus vendant - le discours et surtout l'action de ces mêmes medias serait, à la fois, plus convaincant et plus efficace.
En s'intéressant, seulement, de temps à autres, à la détresse bien de chez nous, les medias nous démontrent une fois de plus qu'ils privilégient le spectacle. C'est plus vendeur et bien moins risqué.
Alors, l'année de la femme, excusez-moi si çà me fait rigoler Avec le froid, j'ai les lèvres gercées.
16:40 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité
07/03/2005
L'évidence
Bravo à notre Premier Ministre qui a dit sa détermination de faire cesser le ''délitement social''.
Par là, Jean-Pierre Raffarin désigne la précarité, la baisse des moyens financiers ( on n'ose pas dire des salaires et du pouvoir d'achat qui sont des mots tabous) qui semblent, ou plus que celà, être la raison première de la consécutive baisse de la croissance.
Il semble, nous pesons nos mots, évident que si l'on veut que cette croissance...croisse, il faut bien que les Français achètent et pour acheter, encore faut-il qu'ils aient de quoi.
Comment cette évidence du café du Commerce a-t-elle jusqu'ici échappé à nos penseurs, experts, chercheurs, spécialistes, énarques et autres économistes et décideurs de renom? Mystère et bourse plate.
Ces éminences ne sont pourtant pas grises du tout. Elles sont très accessibles. Elles ont même pignon sur rue. Il est, effectivement, difficile d'échapper à leurs avis autorisés, leurs jugements sentencieux et prévisions - toujours mises à mal -, sur les chaines, ondes et dans les pages les plus consultées.
Dès lors, comment ces éminences donc, ont-elles pu ignorer cette évidence que nous ont communiquée, avec obligation d'en faire bénéficier nos descendances, nos aïeux bien modestes, riches, sinon de fortunes rondelettes, du moins d'une expérience de bon sens qui a contribué à construire l'Hexagone depuis au moins la cuisante déculotée d'Alésia jusqu'aux mirobolantes équipées coloniales en passant par la morne plaine de Waterloo: pour vaincre il faut des moyens, fouchtra.
Face à un dollar qui paye ses dépenses abyssales et ses emprunts vertigineux avec nos monnaies fortes, avec notre marché intérieur riquiqui qui fait de moins en moins le poids, l'économie hexagonale n'est pas prête à résoudre la quadrature du cercle.
Que faudra-t-il pour convertir nos décideurs à la logique keynésienne qui rappelle tout simplement que la croissance s'alimente du pouvoir d'achat lequel prend sa source dans des niveaux de salaires...suffisants pour l'alimenter à leur tour. Ce n'est pas un salaire de PDG de France télécome de 150 SMIC par mois qui fera la fortune de notre taux de croissance, mais tout bêtement des SMIC disons, multipliés par un demi voire, allez, deux. Pas plus, pas plus. Sinon, c'est bien connu, toutes les entreprises s'en iront à la faillite. ce sera la ruine mondiale. Comme disait Raimu: la grôôôsse catastrôôôôophe.
Un SMIC et demi? Deux SMIC? Ben dis donc.
Bigre! On peut toujours rêver hein?
Mais alors le mur, vous savez ce mur vers lequel on se dirige in-ex-o-ra-ble-ment, se rapproche tous les jours. Qu'on le veuille ou non.
Un voeu, pieux: que le point de non-retour ne soit pas encore dépassé.
Car, généralement, on passe plus de temps à réparer les dégâts après les catastrophes qu'à faire des efforts afin de les éviter.
19:55 Ecrit par Maurice CARON dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

