Non seulement, ces élémentsfavorables et instructifs nous font plaisir, être caressés dans le sens du poil n’a rien de désagréable, surtout lorsque c’est sincère. Mais, en plus, nous avons plaisir à lire des commentaires sensés, positifs, bien documentés et constructifs. Entre gens de bonne compagnie , par les temps qui courent, ce n’est déjà pas si mal mal.
Cette caractéristique, d’ailleurs, met en relief le caractère venimeux d’interventions que nous nous empressons de gommer car, nous l’avions dit à plusieurs reprises, nous avons la liberté de ne pas donner accueil aux attaques personnelles et aux discours qui n’ont qu’un but, celui de diviser, de salir, en un mot de mentir pour un profit dont la morale n’est pas la nôtre.
Ouf !
Tout ceci pour introduire le sujet qui nous tient à cœur depuis toujours : l’information.
Quel rapport, tout d’abord, entre information et opinion ?
A la fois aucun et, pourtant, très étroit.
Suivez le guide.
Même si elle ne devait constituer que la chute de ce papier, nous avons plaisir, pour situer le problème, à vous rappeler cette phrase d’un collègue américain au début du siècle dernier (le XX°), lors d’un congrès de journalistes US, et alors que tout le monde se félicitait, de congratulait, voire se pochtronnait de concert au moment du dessert.
Tirant le bilan d’un bon siècle et demi d’existence de la presse d’information et d’opinion aux Etats-Unis, il s’exprima en ces termes.
‘’Chers collègues, notre mission était de réconforter ceux qui vivent dans l’affliction et d’affliger ceux qui vivent dans le confort…nous avons fait le contraire’’. (1)
Un ange passe. Froid dans l’assistance. Puis récriminations ‘’indignées’’…
Et pourtant…
LA VERITE ?
De nos jours, une sentence tout aussi explicite nous vient d’un journaliste (sic), mais seulement du bout des lèvres ‘’Nous sommes là pour donner une image lisse du monde’’.
C’est ce cher PPDA qui nous dit là une vérité, ( beau début…), en présence d’un aréopage de pros où, évidemment, il est difficile, lorsque le ton monte un peu quelquefois, de se raconter des histoires à dormir debout et de mentir trop grossièrement. De toutes manières, il n’a pas été plus loin…
Et c’est ainsi que, de temps à autres, une petite vérité montre le bout de son nez…
Conclusion, pour le moment du moins : ce n’est pas dans les medias que l’on trouve LA Vérité. Et même pas quelques vérités. Des petites, des quotidiennes, sur pratiquement toutes sortes de sujets pas vraiment importants peut-être, mais en, tous cas, jamais entièrement sur les sujets qui fâchent : impôts, scandales politico financiers, gaspillages des deniers publics, affaires d’incompétence, de corruption…bref, le mensonge règne en maître.
Et les journalistes en sont les serviteurs zélés. On ne mord pas la main qui vous nourrit...
Quant à risquer son fauteuil pour pouvoir dire la Vérité coûte que coûte…
Et donner sa vie pour cela, il n’y a guère que dans les pays africains ou sud américains que cela arrive…Chez les pauvres quoi…
VOUS AVEZ DIT OPINION PUBLIQUE ?
Si les medias, écrits, parlés ou télévisés, ne nous alimentent qu’en mensonges, le drame, le crime dirons nous, va bien plus loin encore.
Souvenez-vous, par expérience personnelle, ou, plus probablement, transmise.
Il y a, très globalement, une cinquantaine d’années, qu’est-ce qui structurait les individus, et ce depuis des millénaires ?
C’était la, ou les, religions.
Et ce depuis la naissance ou quasiment.
Par l’écrit, mais, plus sûrement, par l’exemple, le vécu, l’ambiance familiale, l’atmosphère générale régnant sur la société, les sociétés.
Qui était donc le formateur de l’individu, avec ses goûts, ses traditions, ses tabous, sa morale, en un mot, ses manières de réfléchir et de vivre ?
C’était…le prêtre, le pasteur, le gourou, le chaman. Le directeur de conscience en un mot.
Il était LE pilier du système social. Le fournisseur d’équilibre individuel plus ou moins standard, donc équilibre collectif au bout du compte.
Au sens le plus strict du terme, il était Le formateur de l’Homme.
Nuance tout de même, il ne formait pas, il formatait.
Puis, le temps passant, on ne peut mentir à tout le monde éternellement, le chef spirituel, le directeur de conscience, finit par décevoir. Puis par ne plus rien représenter, sinon un sujet de rigolade.
Vers qui donc se tourner pour trouver morale et conseils ?
Le médecin de famille prit la suite, dans les sociétés occidentales tout du moins. Mais dans les autres aussi, petit à petit.
Las, devenant un commerçant pressé de réaliser son chiffre d’affaires pour se gaver à la gamelle néolibérale, il finit, lui aussi et très vite, par ne plus inspirer confiance…même pas en soignant d’ailleurs, vu que les erreurs médicales, se sont mises à fleurir aussi vite que le nombre de patients qui passait dans les cabinets.
A qui se référer alors comme référence morale ?
Le maire du village ? Le chef tribal ?
Bon… trêve de plaisanterie...
Eux aussi ont largement déçu.
Vers l’instit alors ?
Euh…bon, passons encore plus vite.
Certes, ces personnages eurent leur temps, mais très très brefs.
REFERENCES MORALES
Que reste-t-il donc, aujourd’hui, à l’Homme moyen, comme références morales propres à lui permettre de se construire et, si possible, de pérenniser ses éventuels fondements ‘’moraux’’ ? Lui permettant d’avoir, ainsi, des moyens de résoudre ses problèmes personnels, en couple, en famille, au travail ?
Eh bien…les Médias chers amis, les Médias bien sûr.
Les Médias, voilà ce qui va sauver l’Homme et le monde par dessus le marché.
Et ce, non seulement en répondant aux attentes existentielles des individus, mais en allant au devant de leurs demandes.
Les Médias pensent pour vous, formulent vos questions et y répondent.
Tout cela pour la modique somme de…enfin, les tarifs varient de 0,85 euro (programme de télé) à…on ne sait où, en s’abonnant aux deux cent et quelques chaînes de télévision, aux magazines qui vous offrent stylos, pendulettes, et cafetières ultra perfectionnées pour seulement 65 euros et 99 centimes seulement, et ce pour 11 numéros par an plus quatre hors série.
Bref, nous vivons une époque vraiment formidable : non seulement les humains s’empoisonnent la cervelle mais en plus, ils paient pour.
Et ils foncent chez leur marchand de journaux ou leur fournisseur de télé, avec autant de précipitation et de volonté qu’ils en montrent pour aller dans les hyper super, acheter charcutailles biscuiteries et autres produits laitiers qui, paraît-il, vous construisent un squelette en acier inox et des artères en plastique dur.
Alors que nos contemporains ont, de plus en plus, les os solides comme des meringues et des artères aussi peu encombrées que le périphérique.
Mais ils en redemandent n’est-ce pas ?
D’autant que les médias en question poussent à la roue.
Journalistes, publicitaires, patrons de supermarchés, même combat.
Pour le bien de l’Humanité.
Les Médias traitent de tout. Greffes du foie et stylos à bille rechargeables, supports chaussettes et psychothérapie de groupe, caramels mous et couscous royal, carburants écolos et misère du Burkina Faso, ordinateurs moléculaires et bactéries martiennes, les réponses à toutes vos questions vous sont données, vendues certes mais si peu cher, par les médias qui sont si bonnes pour vous.
On oubliait : hommes les politiques y vont de toute leur notoriété et forts du pouvoir que les électeurs leur ont, une fois pour toutes, abandonné. De droite ou de gauche, même si des nuances de plus en plus minces séparent leurs évangiles respectifs, ils bénissent ce système sans qui, évidemment, les humains ne pourraient plus vivre.
Vu que…supprimez la drogue à un drogué, que se passe-t-il ?
NOUVEAUX MAITRES A PENSER
On en est là.
Mais, avant tout, par la grâce des médias.
Formateurs de morale, de manières de vivre, de principes directeurs, de repères, les médias dominent notre vie.
Les journalistes sont devenus les nouveaux maîtres à penser de la planète entière.
Ils vous construisent, vous fabriquent, vous formatent la cervelle, et, en même temps, ils vous convainquent que vous pensez normal puisque l’opinion pense comme vous (2)
Plus pervers que les médias, tu meurs.
Tu meurs en les croyant.
Mais tu meurs aussi si tu veux t’en passer…
Incroyable mais vrai.
Ils vous fabriquent VOTRE opinion, puis, par le biais des sondages, ils vous renvoient à ce qu’ils appellent l’opinion publique...qu’ils ont construite eux-mêmes, de toutes pièces.
Et ils l’invoquent, comme si ils étaient innocents de toute cette manipulation et que l’opinion publique existe seule, suspendue dans le vide avec sa propre auto justification.
Exemple : les sondages style Médiamétrie, ou Audimat, qui vous annoncent, avec des airs de personnes bien informées, que des millions de téléspectateurs sont accros à des émissions à pleurer de niaiserie, mais pourtant éminemment appréciées par des téléphages dont la télé, elle-même, a formaté les goûts…afin de leur faire apprécier les émissions proposées.
C’est le serpent qui se mord la queue.
La campagne de chasse aux sorcières répond aux mêmes critères.
Les médias, afin de mieux vendre, diabolisent les sectes en général et les Témoins en particulier.
Puis, les politiques, afin de ne pas rater le train, s’empressent de crier à l’assassin.
A leur tour, les journalistes les interviewant, se dédouanent en invoquant l’autorité des représentants du peuple, et, qui mieux est, réalisent papier et émissions où ils usent et abusent des témoignages d’une demi-douzaine d’adversaires ou d’aigris censés représenter ‘’l’opinion publique’’, et qui ne se font pas prier pour démolir les deux à trois cent mille citoyens qui ont le mauvais goût de ne pas marcher, comme tout le monde, au pas de l’oie ou quasiment.
Et c’est ainsi que l’information est grande et que les médias sont ses prophètes.
C’est ainsi, aussi, que le bon docteur Goebbels manipulait l’opinion publique en la fabriquant et en disant, tout crûment : ‘’La vérité c’est nous qui la faisons, c’est nous qui la disons. La vérité c’est NOTRE vérité’’.
Il a même ajouté, cyniquement : ‘’Il suffit de dire qu’un mensonge est la vérité suffisamment longtemps pour qu’il devienne LA vérité.’’
(1) Lire ou relire cette vérité, désormais première, dans le petit bijou écrit par serge Halimi ‘’Les nouveaux chiens de garde’’, aux éditions Liber Raison d’agir..au pharaonique prix de…4 euros 60.
(2) ‘’Lire ou relire, ‘’Les médias pensent comme moi’’ de François Brune, aux éditions l’Harmattan.