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Saddam Hussein: le spectacle commence!

Saddam Hussein ?

Comment n’en pas parler puisque c’est la ruée !

Cependant, nous n’allons pas pouvoir vous dévoiler les dessous du raïs déchu, lesquels pourraient, normalement, être découverts à l’occasion de ce qui devrait être un grand déballage.

Hélas, les Américains ont transporté un morceau des Etats-Unis là-bas pour mettre en scène, à la façon d’Hollywood, LEUR procès, LEUR justice, LEUR droit, LEUR vérité et LEUR morale.

LEUR force aussi.

Lorsqu’un gars de 120 kilos cause, disait Audiard, tous les gars de 60 kilos écoutent.

Or donc, tout le monde, tous les medias en fait, parlent du procès et de Saddam.

Bien plus, d’ailleurs, qu’au beau temps de sa gloire.

A l’époque, il avait droit à toutes les attentions des journalistes avides, bien sûr, d’objectivité et de vérité.

Comment faire autrement mon cher?

La parole des politico-économiques étant l’évangile, il était de bon ton de parler du sanguinaire dictateur comme d’un ‘’partenaire’’ économique, politique, privilégié.

Pensez un peu !

Avec un sous sol imprégné de naphte et de gaz et d’énormes besoins en armements, nucléaires compris, il représentait une opportunité de choix, vantée, reconnue par les gouvernements français, allemands, anglais et, the last but not the least, américains, dont Donald Rumsfeld lui-même photographié en train de presque embrasser son amour de jeunesse d’alors, Saddam Hussein en personne.

Un des évènements les plus éblouissants de ce fol amour de jeunesse ?

La centrale atomique Ozirak fournie par la France et démolie vite fait par la chasse israélienne, avec des Mirages français par-dessus le marché ! Le capital et le militaro industriel sont bien les frères jumeaux du néolibéralisme. Et la couleur verte du dollar a, depuis bien longtemps, viré au kaki.

HAPPY END ?

Avec un tel parterre d’amis, enfin d’ex-amis, on pourrait croire que Saddam peut envisager l’avenir autrement qu’à travers un noeud coulant.

Ben non.

Le spectacle hollywoodien a ceci de rassurant, c’est que The Happy End est prévue d’avance.

Happy end, enfin,  pas pour tout le monde…

Quant au déroulement, prédécoupé en séquences, il sera largement amélioré par tout un tas d’effets spéciaux garantis.

Saddam ne pourra que répondre et pas dialoguer.

Saddam ne pourra, lui et ses défenseurs, pas parler directement à ses juges.

Lesquels poseront les questions qu’il faut. Et surtout, pas de fantaisies.

Saddam, enfin, ne pourra être vu à la télévision, sinon que vingt minutes après la prise, le temps que la censure coupe tout ce qui dérange.

Au fait, pourquoi ne pas le remplacer par un robot programmé pour donner les réponses qu’on connaît depuis une dizaine d’années, en plus ?

Car c’est bien ce rôle qu’on, lui demandera, qu’on lui imposera de jouer.

Ne répondre que ce qu’il faut, quand il faut, et la fermer la plupart du temps.

Une poupée mécanique, pour ainsi dire, justifiant, légitimant la colère et le châtiment divins en répondant, à tous les coups : ‘’ C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très très grande faute !’’

Comment aurait-on, d’ailleurs, pu imaginer autre chose ?

Le pire, dans cette histoire, est bien que les medias de tous bord ne seront pas gênés de diffuser les images qui auront reçu l’imprimatur de Washington.

Leur mission, ne serait-elle pas, cependant, d’aller fouiner, chercher, creuser LE sujet ?

Car pour un sujet en or, en or noir et vert bien sûr, c’est bien quasiment LE sujet du siècle non ?

Ben non.

Circulez, il n’y a rien à voir.

Sinon les images en couleur fournies gracieusement il est vrai (1), par Big Dubia.

De ce fait, d’ailleurs, tous les ‘’mouillés’’ des dernières décennies peuvent dormir en paix.

Certes, il y aura bien des tentatives de profiter de l’occasion pour emmouscailler certains hommes politiques et PDG que les américains ont dans le nez.

Mais rien à craindre dans les rangs anglo-saxons ainsi que dans ceux des nations qui ont hardiment supporté la Grande Croisade.

Et moins encore parmi tous ceux qui ont trempé, et trempent encore, dans la mare aux dollars (plus d’un milliard et demi), qui était censée aider l’Irak à remonter la pente, et s’est déversée dans les poches des entreprises anglo-américaines, des politiques et des militaires américains et (de quelques) irakiens chargés de veiller sur cette manne.

Ils ont bien veillé en effet.

Elle n’a pas été perdue pour tout le monde.

Les medias là-dedans ?

Bon…dites là…je vais me raser ça me changera les idées.

J’en profiterai pour me parfumer un peu.

Histoire de couvrir l’odeur de cette officielle chienlit.

 

(1) Enfin, on suppose. Ils seraient bien fichus de les faire payer en plus !

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