Symptomatique : au même moment, ou quasiment, Mathieu Cossu reçoit la Légion d’Honneur pour son action anti-sectes, l’abbé Pierre meurt, lui qui avait refusé le ruban rouge.
Comme pas mal de Français à qui la décoration en question avait été proposée et qui l’ont refusée, il avait, comme pas mal d’autres, très probablement, estimé que cette décoration instaurée pour récompenser l’utilité de défendre les siens (hélas en tuant les autres) au péril de sa propre vie, ne représentait plus grand-chose.
Du simple fait, déjà, que de Johnny Hallyday aux journalistes à l’échine très souple, la prestigieuse médaille est devenue un hochet attribué à tous ceux qui, bien en cour, recherchent une honorabilité et une ‘’grandeur’’, que leur fortune n’a pas encore réussi, ou ne réussira jamais, à leur apporter.
On a les grandeurs que l’on peut…
Nous n’épilogueront pas, voire reviendront, plus tard, sur les bassesses des ferrailleurs insecticides pour, en attendant, se pencher un tantinet sur la signification qu’a pour nous la mort d’Henri Grouet, personnalité préférée des Français, et qui avait voué (1) sa vie au soulagement des malheureux.
Exemplaire cette mort. A l’image de sa vie.
Exemplaire. D'autant qu'elle s'est déroulée dans un monde qui reconnaissait ses louanges...du bout des lèvres, mais ne levait le petit doigt, que contraint et forcé par ses appels au secours..
Certes, on peut beaucoup dire sur sa prise de position pour le moins malheureuse au côté des négationnistes.
Mais l’âge et une accumulation de sanctifications médiatiques de la Shoah, éminemment honorable par ailleurs, ont pu exacerber certaines consciences, égarées au nom d’une recherche de la Vérité, dans des chemins pour le moins mal choisis.
Cela dit, cette recherche sur des voies douteuses, avait conduit l’abbé Pierre à prendre les armes dans la Résistance.
Là encore, le choix était aussi exemplaire qu'honorable dans le contexte, mais l’exemple sacrificiel de son maître à penser, Jésus-Christ lui-même, aurait du inciter son disciple à relire les passages de l’évangile où il est fortement conseillé de ne pas prendre l’épée, sous peine d’en pâtir aussi et de montrer qu’on n’a pas très bien compris le message divin.
ENRICHIR LES RICHES
D’autant que l’abbé a persévéré.
Choisissant la voie parlementaire, il n’a pas, non plus, mis en pratique les paroles du Christ qui incitent les vrais hommes de paix à ne pas se mêler aux affaires (aux magouilles ?) du monde laïc.
Déçu, on le pense, et il l'a dit, il s’est alors tourné vers les pauvres, particulièrement nombreux dans les années 50 mais moins qu’aujourd’hui.
Et moins encore que demain puisqu’en périodes de crises, -nos grands chefs nous disent que nous y sommes-, le fossé entre riches et pauvres s’agrandit.
Et comme, pour enrichir encore plus les riches, il faudra bien prendre quelque part, aux pauvres évidemment…
CQFD.
Cet élan et celui qu’il a engendré parmi les siens, a permis, vrai et louable resisons-le, d’apporter apaisement et réconfort aux déshérités de la planète. Il a...fait, dans un monde où l'on se contente de...dire..
Une goutte d’eau, certes, dans une mer d’indifférence, d’irresponsabilité et d’égoïsme, mais, au moins, s'est-il retroussé les manches, ce qui lui a permis, très probablement, de s’en aller, avec la satisfaction du devoir accompli.
C’est, peu ou prou, ce que l’on va entendre sur son compte dans les jours qui viennent.
Quelques jours en fait.
Du moins jusqu’à ce que les dernières cabrioles et aventures de nos divinités télévisuelles favorites et les étincelantes et altruistes pétarades pré présidentielles, chassent, opportunément, les idées noires et autres méditations sur les malheurs du monde, que cette disparition aurait pu, vilainement, nous susciter.
Pour quelques jours, voire quelques heures, nous y aurons quand même droit.
LE GESTE A LA PAROLE ?
Ca va dégouliner de partout.
On voit d’ici : grand homme, figure emblématique, homme de sacrifice, père des sans logis, apôtre des malheureux, exemple d’humanité, bref, tous les superlatifs, on les connaît.
Il les mérite tous, mais dites, excusez-moi, lorsque c'est par ceux qui auraient du, qui devraient, eux aussi, donner l'exemple....
On les a entendus de la bouche des vedettes du monde politico, économico, médiatique. C'est la super Grande Récupération, toutes couleurs, tous bords, et toutes catégories confondues....
Il est frai que les félicitations sont comme les promesses : elles n’engagent que ceux qui y croient, ne coûtent pas cher, et ajoutent à l’aura de ceux qui les débitent en se présentant comme des hommes et femmes, si humains et si proches du petit peuple vous savez…
Et qu’est-ce qu’ils s’expriment bien en plus...
Et comme ils passeront au Vingt heures et seront tous sur la photo...…
Joli spectacle en vérité...
Sauf que toutes ces bonnes âmes seraient bien en peine de répondre de façon assurée, aux questions dérangeantes que pourrait susciter une certaine dissonance entre leur démarche et leur discours.
En effet, pourquoi ces laudateurs de l’amour d’autrui, qui font, de manière directe ou indirecte, partie de la chrétienté, ne joignent-ils pas le geste à la parole en donnant l’exemple de l’amour d'autrui ?
Bien sûr, tout le monde n’a pas les forces de vouer sa vie à son prochain. Mais l’on ne comprend, tout de même, pas très bien, la justification du train de vie des plus beaux et plus grands dispensateurs de louanges à ce héros de la lutte contre la misère.
Car le malheur des uns faisant, eh oui, le bonheur des autres, comment justifier la richesse grandissante des repus côtoyant la pauvreté abyssale des esclaves qui les nourrissent ?
Quelques exemples.
Si l’on conçoit, certes, que les dirigeants de notre monde aient besoin de voitures pour se déplacer, pourquoi faut-il que ce soit, toujours, en carrosses dorés sur tranches à douze cylindres ?
Et si, comme le commun des mortels, il leur est indispensable de s’alimenter, pourquoi, ne peuvent-ils se passer de caviar ossiète à 80 euros les…30 grammes, de chapons à 500 euros le kilo et de Château Pétrus à 2.000 euros les 75 centilitres ?
Alors que, justement, l’état de leurs petits organismes, très affaiblis par leurs efforts altruistes au profit des malheureux prolétaires, devrait inciter leurs médecins personnels à leur prescrire force légumes verts, fruits de saison et bouillons de poireaux arrosées de la si bonne et si parfumée eau, du robinet bien sûr. (2).
Enfin, mais la liste n’est pas limitative, puisque le SMIC a 1100 euros est bien suffisant pour vivre nous disent-ils, mais en gérant au mieux un tel budget, pourquoi ne donnent-ils pas l’exemple ?
Afin, au moins, de montrer à ce petit peuple si maladroit dans ses comptes, comment faire pour y arriver.
Certes, nos représentants dépensent, et se dépensent, beaucoup pour le bien de leurs semblables, mais pourquoi ne pas charger l’Etat de faire face à ces besoins supplémentaires dans le cadre de leurs missions, que dis-je, de leur vocation, mais en contrôlant scrupuleusement où passent les deniers publics ?
Vous voyez, il y a plein de questions comme ça qui ne m’empêchent pas de dormir, il est vrai, mais qui me poussent à commencer à douter de la sincérité des dirigeants judéo chrétiens qui célèbrent la générosité, authentique celle-là, du bon abbé. Mais qui, par ailleurs, me prêchent la générosité (donnez au Téléthon par exemple), et chargent ma barque au quotidien en se gavant avec l’argent qu’ils prennent dans mes poches.
Sans me demander mon avis.
Sauf, une fois tous les cinq à six ans, avec force promesses d’un Paradis jamais atteint, après quoi, l'élection passée, ils se remettent à table.
Et moi au boulot.
FRANCE, FILLE AINEE DE L’ EGLISE
Pourquoi une allusion à la faillite de la religion là-dedans ?
Oh simplement parce que la France, dit-on, est la fille aînée de l’Eglise.
Et que sur 63 millions de Français, 50, au bas mot, se disent catholiques, protestants et orthodoxes, les autres se réclamant de l’Islam, du judaïsme et de différentes tendances, dont les Témoins de Jéhovah, pas assez nombreux, évidemment, pour être intéressants électoralement.
Et ces Français, donneurs universels de leçons, étant censés être de confession disons chrétienne, semblent, eux aussi, tous être atteint d’amnésie comportementale.
Il leur est pourtant dit dans leur Livre Saint : ‘’Tu DEVRAS aimer ton prochain comme TOI-MEME’’.
Alors je me pose ces questions : ‘’Le patron, pour lequel je travaille, m’aime-t-il comme lui-même ? Au point de me faire partager sa bagnole, son caviar ou son Château Pétrus, voire de me donner les moyens d’en acheter ? Sinon, son discours et sa démarche ne valent pas tripette. Il me trompe. Il me ment, il ne me manifeste aucunement sa fraternité et il va falloir que les lois de la République s’en occupent.
Car mentir est un délit, eh oui. Devant la loi et les juges en tous cas.
D’autant qu’avec Liberté Egalité et Fraternité (pourquoi pas Eternité tant qu’on y est ?), écrit sur le fronton de tous les bâtiments de cette même république, le rappel à l’ordre, à la morale, chrétienne quasiment, est permanent.
Nul donc, n’est censé ignorer pas plus la loi que cette liberté, cette égalité et encore moins cette fraternité qui en rajoute à l’évangile religieux.
Alors ?
Que fait la religion là-dedans ?
Ah oui ! L’abbé Pierre ?
Mais combien y en a-t-il des abbés comme lui de par la France et le monde, au nom du Christ bien sûr ?
A croire qu’il suffit aux religions d’afficher un ou deux grands hommes, de vrais et beaux exemples, pour s’exonérer d’avoir à accomplir les mêmes travaux d’Hercule, en raison de la difficulté d’être tous des héros.
Et puis, même le brave abbé, dans sa fureur de pallier l’égoïsme et la barbarie de la ‘’civilisation’’, a oublié hélas qu’apporter un peu de bien-être n’était, justement, qu’une goutte d’eau de compassion dans une mer de sauvagerie. Depuis saint Vincent de Paul, pas mal s'y sont essayés...et s'ils y ont gagné l'honneur, ont perdu et la vie et l'oubli compassé des puissants qui les ont encensés...après leur mort.
Il a oublié aussi, notre respectable abbé, que ce système bien disant, et malfaisant, n’était qu’une immense mascarade, un spectacle permanent où les meilleurs acteurs, les plus hâbleurs, les plus ‘’brillants’’, étaient seuls récompensés.
Ced n'était pas son but, certes mais il n’a pas été voir derrière le décor pour dénoncer les tireurs de ficelles qui commandent les citoyens marionnettes.
Il n’a pas vu non plus que les besoins humains sont matériels, certes, mais avant tout spirituels. Mais, on le comprend. Au moins a-t-il fait son possible pour appporter sa pierre à un édifice qui, hélas, ne sera jamais terminé
Cependant, ses sacrifices ne sauraient nous faire oublier l'essentiel du message d'un Jésus que notre monde judéo chrétien, feint de révérer au travers de ce bel exemple de l'abbé.
Qu’est-ce que la vie ? D’où venons-nous ? Pourquoi l'égoïsme, la haine ? Où allons-nous finalement et pourquoi le mal, la douleur, la mort et surtout l’apparente inutilité de vivre si c'est de cette manière?
Et surtout, comment faire pour se libérer de ce Système pervers de pensée unique qui, à l’unisson, prétend nous conduire au Paradis, en nous dirigeant droit vers l'enfer, la ruine du monde et de l'humain?
Evidemment, les réponses, ou les tentatives d’explication, n’apportent guère de soulagement quand on crève la faim sous les ponts. L'abbé l'avait bien compris et ne faisait pas qu'en parler. Il agissait.
Néanmoins, on voit par là que même l’application qu’il faisait du langage de cet évangile en qui ce brave homme croyait, s’écartait indéniablement, du chemin que le message indiquait à l’origine, savoir que l'Homme, malgré ses efforts, ne pourra jamais faire disparaître, la méchanceté et doit, finalement fut-ce en prêtant assistance aux miséreux, à s'en remettre à plus haut que lui.
Ce message est toujours valable.
Jésus disent ceux qui connaissent la Bible, ne possédait rien. Pas même de quoi reposer sa tête pour dormir.Et s'il est venu en aide aux malheureux, poursuivait un but à la fois plus lointain et plus vaste: la mise en pratique au quotidien des lois que lui-même révérait: pureté, honnêteté, amour, fidélité, humilité, toutes choses que des millions d'ouailles des grandes religions disent prendre pour exemples, mais pratiquent...chaucun à sa manière.
Ce qu'un auteur a appelé la religion à la carte...ou de super marché.....
A cette aune, la religion, toutes , celles qu'on dit grandes en tous cas, et beaucoup de ceux qui s’en réclament, parmi leurs dirigeants en particulier, n’ont pas de quoi être fiers.Nous dirons même qu’ils devraient avoir honte.
Même pas...
Comme disait ma mère: ''Ces gensses là, y zon même pas vergogne...''..
De nos jours, la honte se boit aisément.
Plus aisément encore qu’un Château Pétrus.
(1) L’intelligent de service à France Info, ce matin, y a été de son ‘’…celui qui avait dévoué sa vie aux Français malheureux…etc.’’ Comme quoi, le français, le vocabulaire, l’orthographe et la sémantique ne font toujours pas partie des armes des, paraît-il, journalistes, censés vouer leur vie à la défense des pauvres auditeurs et, accessoirement, de la langue française. Le plus beau: le même intelligent, interviewant un responsable religieux, lui demande:''Ne pensez-vous pas que le message de générosité devrait être relayé plus souvent par les médias?''. Enhaurme non?.Dans le même temps, les fameux généreux médias, lynchent à tour de bras les Témoins de Jéhovah, voire concourrent allègrement à les diriger vers de possibles camps de concentration! Vive les médias judéo chrétiens !
(2) Allez va, même un peu de Cristaline en cas de besoin…