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Chasse: quand le gibier se rebelle...

Un cerf vient de tuer un chasseur en haute Corrèze.

Alors comme çà, le gibier se défend ?

En mettant, en plus, en oeuvre la sacro sainte science guerrière, réservée aux seuls humains, et qui veut que la meilleure défense passe par l’attaque ?

Croyez moi ! Même là, il n’y a plus de respect !

C’est le monde à l’envers !

Si le gibier se met à se rebeller, à renverser les règles, à faire preuve d’un choquant manque de savoir-vivre et d’irrespect des convenances séculairement bien établies et à mettre en œuvre un criminel savoir-faire pour se défendre, ou va-t-on ma doué ?

Non, ne croyez pas que nous nous moquions ici d’un mort et des circonstances de son tragique décès.

Le malheureux et sa famille sont, évidemment, bien à plaindre, encore que nos regrets ne leur apporteront pas une très grande consolation.

Néanmoins, il en va, malheureusement, de ce fait divers, comme de tous les abus dont notre civilisation est faite.

Les plus forts s’étonnent lorsque les plus faibles se révoltent pour ne pas être détruits.

Eh oui !

N’oublions pas, tout de même, que la Nature a été confisquée au seul bénéfice des chasseurs.

Il faut, désormais, bien du courage, un casque lourd et un gilet pare-balles, si l’on veut ramasser quelques champignons, promener ses gosses ou les élèves d’une classe verte, ou simplement se dérouiller les jambes en respirant de la chlorophylle.

Et pas seulement en période de chasse, car il faut compter avec les statistiques qui nous apprennent que, bon an mal an, les accidents inopinés, dus aux chasseurs qui pratiquent en périodes ou en zones interdites, ne sont pas légion mais existent quand même.

Alors, personnellement, faire partie du zéro et quelque chose pour cent, des tués par armes de chasse à des endroits et à des moments où l’accident n’aurait jamais, au grand jamais, du se produire, ne me sera pas d’un grand réconfort lorsque je serai entre quatre planches.

Même si ma famille obtient l’assurance que le ‘’maladroit’’ sera sévèrement grondé et  se verra infliger la très sévère punition consistant à lui confisquer son arme et son permis de chasser durant au moins une saison de chasse…

LE LAPIN AVEC UN FUSIL

Au fait, vous vous souvenez de la comptine chantée par Chantal Goya, qui n’avait, d’ailleurs fait que reprendre une chansonnette bien ancienne ?

‘’Ce ma-tin, un-la-pin, a-tué-un-chasseur.

‘’C’é-tait un-la-pin-qui, a-vait-un-fu-sil !’’.

Elle m’a toujours semblé rigolote cette chanson.

Et émouvante à la fois.

Elle m’a ravi quand j’étais tout mouflet.

Pourquoi donc ?

Parce qu’elle m’a fait rêver.

A un monde où les faibles pourraient, enfin, se faire respecter.

Où les animaux, en rien indispensables à la survie alimentaire de membres privilégiés - ayant le droit de tuer - d’une société repue, ne serviraient plus au ‘’plaisir’’ de ces ‘’sportifs’’.

Ils n’aiment pas tuer, disent la majorité d’entre eux.

Ils aiment seulement, assurent-ils écologiquement, se promener dans la Nature en respirant le bon air.

Qu’à cela ne tienne : ils n’ont pas besoin d’un fusil pour cela.

C’est aussi encombrant que dangereux ;

Et les fauves en liberté sont nettement moins nombreux que les Nemrod armés.

Quant aux délices gastronomiques procurés par le gibier à plume ou à poil, les chefs inspirés dont regorgent les cuisines françaises nous communiquent, régulièrement et à l’envi, toutes les recettes propres à calmer la convoitise voire l’avidité des connaisseurs en la matière  et ce à l'aide de bestioles aussi goûteuses que domestiques.

Que reste-t-il de cet irrépressible besoin de chasser, camouflé en respectable tradition ?

Que cette respectabilité n’est qu’électorale.

Un million et demi de voix cela compte…

Auprès de quelques dizaines de députés craignant pour leur siège et pas seulement auprès du, ou de la, ministre de l’Environnement, craignant eux pour leur maroquin tout en étant chargé(e) tout spécialement de la protection de la flore mais surtout de la faune bien moins vivace que l’autre, et dont la diversité maigrelette n’a d’égale que la raréfaction des populations déjà affaiblies et amoindries par l’urbanisation et l’utilisation des produits chimiques.

Etonnez-vous, après ça, que les cerfs deviennent enragés.

Ah ! Si seulement tous les lapins, toutes les perdrix, tous les faisans du monde se mettaient à se donner la patte pour constituer des bataillons de dangereux révolutionnaires visant à renverser l’ordre établi !

Du moins dans ce domaine-là !

Pas demain la veille ?

Evidemment.

Il est fort à craindre que ce combat, perdu d’avance, cesse bientôt.

Faute de combattants.

Les plus faibles évidemment.

Cela rappelle, toutes proportions gardées ce qu’il en est de l’avortement, en nous excusant humblement de ce saut du coq à l’âne, aussi soudain qu’incongru.

‘’Je dois avouer, me disait un jour un médecin, que les IVG seraient autrement difficiles à décider si les fœtus faisaient un mètre 90, pesaient 120 kilos, pratiquaient le karaté et pouvaient donner leur avis sur la chose…’’.

C’était une boutade, vu qu’il était...pratiquant…de la méthode.

Mais elle m’a plongé dans un abîme de réflexion car je n’avais jamais envisagé la question sous cet angle pour le moins curieux.

Mais plein de sagesse et suscitent de multiples interrogations sur les rapports des humains entre eux, sur ceux des forts et des faibles, des grands et des petits, des ‘’normaux’’ et des handicapés, mais aussi sur le courage, l’honnêteté, la grandeur, etc.

Ce sont les mêmes raisons, toutes proportions gardées précisons-le de nouveau, qui ont conduit les chasseurs à bousiller en premier lieu les loups et les ours.

S’ils craignent tellement leur retour, c’est bien parce que ces bestioles ont du répondant et qu’ils en ont la trouille !

On rigole moins avec un loup un lynx ou un ours qu’avec un lapin ou un perdreau.

Où est-il le temps où les hommes, les vrais, affrontaient les aurochs seuls et à la lance, pour prouver leur bravoure? 

Alors, les courageux Nemrod avec leurs flingots, leur couteau de chasse et leurs treillis camouflés…

Qui n'hésitent ni à massacrer les bestioles  sans défense aucune, ni même, quelquefois les humains, désarmés évidemment, qui osent leur barrer certaines voies privées où les tueurs n'ont rien à faire.

Juste retour des choses que les chasseurs se flinguent entre eux ou qu’ils se fassent agresser par des bestioles qui ne font que défendre leur vie ?

On serait tentés de le dire, s’il ne s’agissait pas de vie d’êtres, comme nous, humains.

Enfin…humains…

Chasser pour le ‘’sport’’ et imposer sa loi un fusil à la main est-il humain ?

Tiens, au fait, est-ce démocratique et républicain d'abord? 

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