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Joyeux Noël et meilleurs voeux? Et mon oeil (l'autre)...?

On y est !

Enfin presque.

En 2006.

Et après ?

Bof, bof et re-bof.

‘’Tout ce qui est excessif, disait Talleyrand, est sans importance.’’

Certes, certes, se donner pour maxime une noble phrase de La Rochefoucauld et invoquer un zèbre qui eut l’échine et la conscience assez élastiques pour être ministre de l’Intérieur sous l’Empire et diverses royautés, flaire peu la lavande mais bon, il arrive même aux crapules invétérées de dire quelques vérités.

Tout comme les meilleurs mensonges en contiennent toujours une petite part.

Ceci étant, on peut appliquer la formule à la célébration du premier jour de l’année.

On devrait dire de l’ânée…eu égard à la manière obstinée et grégaire dont nombre de nos contemporains, emmenés, guidés, dirigés, conditionnés par les medias enragés, ‘’fêtent’’ le truc le plus excessif , pervers, dérisoire et stupide que l’on ait jamais imaginé : Noël et le Jour de l’An.

LA BONNE BOUF

Pour Noël, on peut y revenir quelque peu.

Ce qu’on n’en aime pas ?

Ok, ok !

C’est joli, c’est mimi, les cadeaux, les retrouvailles, et, surtout, allez, avouez-le, la bonne bouf.

Mais derrière cette façade ?

D’abord, elle est cher payée.

Elle ne pouvait en être autrement.

Apprendre aux humains à se faire mutuellement plaisir avec de l’argent est un peu pervers non ?

Il ne faut pas s’étonner des résultats factices qui en découlent.

Les meilleurs cadeaux, dit-on, que les enfants peuvent faire à leur parents ne sont-ils pas contenus dans ces simples et vulgaires demandes parentales, sages à la maison, bien travailler à l’école, aider papa ou maman, être gentils avec les copains, ne pas mettre la pagaille en classe, être polis, et tutti quanti ?

Et les vrais cadeaux des parents aux enfants ?

Eh bien outre les besoins matériels essentiels, ne sont-ils pas, surtout, dans le temps que l’on passe avec eux, à leur parler, à les aider dans leurs devoirs, à communiquer, et pas devant la télé, au bistrot, avec les copains copines, ou devant l’ordi ?

RESPECT MUTUEL

Et entre adultes non ?

Entre parents, entre conjoints en premier lieu ?

Les plus cadeaux ne sont-ils pas, ne devraient-ils pas, être faits de tendresse véritable, de patience - ouaïïïïe ! - de compréhension pour les autres et pas seulement de soi, de respect mutuel, de fidélité au long cours, de franchise complète, d’entr’aide de tous les instants ?

Ah c’est gnangnan bien sûr !

C’est du prêchi-prêcha évidemment !

Il n’empêche que c’est bien difficile et qu’il est plus commode d’y aller de quelques dizaines, voire de centaines d’euros au moment des fêtes obligatoires du genre anniversaire, fête diverses, Noël en particulier ou premier de l’An, pour satisfaire sa mauvaise conscience et se donner l’illusion qu’on fait ainsi face à ses élémentaires devoirs d’être humain.

C’est le même principe qui actionne les bonnes âmes à la sortie de la messe, pour le plus grand bénéfice des SdF qui, ultra libéralisme aidant, ont retrouvé vite fait le chemin du porche des églises.

L’aumône à Noël ?

Une grande tradition française !

D’autant plus digne d’intérêt qu’elle génère un juteux petit commerce.

La revente des cadeaux non désirés, tartignolles ou qui font doublon.

Système qui permet de mesurer le respect et la considération des récipiendaires des cadeaux reçus pour leurs donateurs, et le respect et la délicatesse à l’égard des bénéficiaires, qui ont conduit le choix éclairé desdits donateurs.

Sans oublier le gaspillage renversant qui accompagne cette période festive par obligation.

DEBAUCHE ELECTRIQUE

A commencer par la débauche électrique que les maires font payer aux contribuables sans leur demander leur avis, pour le plus grand bénéfice des commerçants qui y voient une incitation salutaire (pour eux) à la dépense.

Ils ne font qu’appliquer aux êtres humains l’astucieux et mortel procédé qui consiste, avec un éclairage puissant, à affoler le gibier nocturne afin de mieux l’occire.

Dans la ville où réside l’un d’entre nous, Hyères les Palmiers ça s’appelle, la mairie qui avait dépensé 600.000 francs l’an dernier en luminosité diverses, a doublé ce prix cette année.

120 briques pour même pas du vent !

Pas mal non ?

Sans lumière les gogos auraient acheté tout autant. En plus, ils passeront à la caisse. Obligés de payer pour être forcés à payer encore plus !

Beau résultat de la démocratie libérale !

Et si l’on compte bien, à raison de 100 et quelques briques par an, avec les augmentations à prévoir, on pourrait se payer une maternelle de plus.

Mais à quoi bon, n’est-ce pas, puisque l’enseignement sera très bientôt privatisé !

Avec ce gaspillage, oubliée la Grande Trouille de 1974, lors de la première crise du pétrole à…presque 20 dollars le baril.

Aujourd’hui il tourne autour de 70 mais pas de problème. Plus le danger menace, plus vite il faut s’y précipiter.

Ainsi, la disparition collective et individuelle arrivera plus vite encore.

Et les promesses frileuses d’économie de l’époque ?

Pffuitt ! Envolées.

Quant aux machins sophistiqués, qui ne dureront que le temps d’intérêt que les enfants lui accorderont…

Plus c’est complexe, vous diront les psys basiques pas toujours les plus bêtes, et plus ça freine voire tétanise l’imagination.

Quand j’étais gosse, et parce que la minceur du budget familial nous empêchait d’avoir des jouets, nous nous les fabriquions nous-mêmes.

Bouts de bois, ficelles, bobines des fils vides, écorces de pins, boites d’allumettes, anneaux de caoutchouc, tout nous était bon pour confectionner de véritables merveilles.

La pénurie génère la débrouillardise.

Jouets compliqués qu’on retrouve à la poubelle et jeux vidéos qui isolent les individus au sein même de la famille.

Bravo les fêtes chrétiennes !

MEILLEURS VŒUX AUX CHEFS !

Quant aux cadeaux et aux vœux de bonne année, laissez-nous rigoler.

Dans un journal où bossait l’un de nos ancêtres de la rédaction, c’était pas triste.

Il nous a raconté…

Chaque fin d’année, c’était à qui enverrait le plus vite au PDG, sa carte avec un petit-cadeau-qui-entretient-l’amitié, genre Piper Hidsieck, Bordeaux, Glenn Morangie ou Talisker.

Et ce au bénéfice non seulement du patron mais de ses sbires les plus proches, attaché de direction, rédac-chef, adjoint, chefs de rubriques et premier secrétaires de rédaction sans oublier les secrétaires généraux des syndicats…des fois que et au cas où !

Sans oublier aussi les si sincères embrassades et meilleurs vœux du mardi matin, pour les copains du quotidien, ceux qui ne méritaient tout de même pas de petits cadeaux.

La cohabitation quotidienne exige, il est vrai, quelques petits sacrifices.

Et la sincérité là-dedans ?

Meilleurs voeux un jour, que dis-je, trente secondes, alors que le reste de l’année n’est fait que de coups bas, de couteaux dans la poche, de coups de Jarnac et de bagarre à belles dents pour grimper aux premières places, au calendrier de congés élastique, aux bons reportages et aux belles ballades de ‘’notre envoyé spécial à l’étranger’’ payés par la pub pour la compagnie aérienne ou l’agence de voyages.

Et alors ?

Ce n’est pas comme ça que ça se passe dans votre entreprise ? Votre entourage ? Votre famille ?

Fête de Famille les fêtes de fin d’année ?

Se retrouver une fois par obligation, est moins fatigant que d’aller voir toutes les semaines papa ou maman, voire pépé ou mémé à qui les visites feraient pourtant tant plaisir non ?

Aujourd’hui c’est, vive la famille un jour ou deux plus mais avec les cadeaux, ça va comme çà hein ?

Oh certes.

Chacun est libre mais si vous aimez, nous par contre, on n’est vraiment pas pour ce système-là.

Dans la famille, à la maison du moins, on fait la fête quand on a envie.

Tous les dimanches si l’on peut.

C’est d’ailleurs bien meilleur pour le petit commerce.

Et on va visiter tous ceux que nos dingues emplois du temps nous permettent de le faire.

Dites voir.

Petits cadeaux tout au long de l’année c’est pas mieux qu’une ou deux fois l’an ?

Bon !

Allez ! Je vais faire du bois pour la cheminée.

Au moins ça réchauffe !

Et ma femme, et moi-même.

Certes, un bien vulgaire tout petit cadeau, comme sortir la poubelle d’ailleurs, surtout quand il fait froid…

D’autant qu’en plus, le bois il faut le faire quatre fois par jour et une ou deux fois dans la nuit.

Vous nous voyez faire ce genre de petits cadeaux-là une ou deux fois dans l’année ?

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