Cocorico: on arrive à résister au bulldozer musical US. En ayant un quota de chanson française, après tout, pas si vilain que çà.
Bon, c'est vrai, il n'y a pas que des merveilles parmi nos gloires à nous, mais tout de même, on frétllle un peu quoi.
Au fait, l'exemple vient d'en haut non?
C'est vrai çà! Les marmots vont bientôt chanter la Marseillaise dans les écoles. Chanson tout plein mimi qui leur permettra de susurer qu'il va falloir, pour récupérer l'Alsace et la Lorraine,(1) verser le cenkimpur des allemands pour abreuver nos sillons.
C'est pas mal non. Et, en ces temps de mondialisation à l'accent yankee, c'est la preuve qu'on n'en est pas encore à apprendre le Star spangled banner. C'est joli, c'est vrai, mais apprendre l'américain en plus...
Allez! C'est pas tout. Puisqu'on en est à la chanson française et à la révolution de 89, pourquoi ne pas pousser encore un brin la chansonnette en apprenant aux Français qu'il y en a une autre de chanson, tout à fait d'actualité, en plus, qui porte très haut les aspirations profondes - et vides comme leurs poches ces temps-ci-, des 90% de la population de l'Hexagone.
La Carmagnole vous connaissez pas?
Vous vous en souvenez non?
C'est celle qui dit, entre autres joyeusetés: ''Ah çà ira, çà ira, çà ira, les aristocrates à la lanterneu, ah çà ira, çà ira, çà ira, les aristocrates on les pendra!'''
Vilain pas beau? Révolutionnaire?
Ben quoi? Pourquoi on l'a faite la Révolution alors?
(1)Hé, oh! C'est une maousse faute chronologique là! L'Alsace Lorraine c'est les guerres de 70 et de 14...et puis même de 39-45 alors.
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Franco: et les autres?
Trente ans après la mort de Franco, s'est joué, il y a quelques jours, le dernier acte de sa vie publique qui, de drames en tragédies, a cumulé durant un demi-siècle, guerres, massacres, persécutions et autres amusettes qui font le quotidien...durant des dizaines d'années, d'un dictateur modèle courant.
Il restait quelques statues par-ci par-là. On les a déboulonnées et expédiées fissa pour finir, en bronze et surtout en plâtre, aux après-midis récréatifs et pédagogiques des Lituaniens qui savent, déja, par expérience personnelle, qu'il faut se méfier des dictateurs. Surtout lorsqu'ils habitent à côté de chez vous.
Il est vrai que si Franco a, tout de même, mis en place en Espagne une espèce d'ordre, du genre ''l'ordre règne à Madrid'', il l'a fait après une accession au pouvoir manu militari - et avec l'aide de l'Allemagne hitlérienne - alors que la république avait été démocratiquement établie.
Un coup d'Etat quoi, avec prise de pouvoir violente, épuration, procès - et surtout exécutions - expéditifs, en un mot l'attirail classique d'installation du pouvoir, très usité en pays latins (Amérique du sud en particulier) mais également dans toutes les dictatures du monde. Voire dans certaines démocraties où le processus est, néanmoins, bien plus discret. On sait vivre tout de même.
Au fait ces César, Néron, Napoléon, Bismarck, Hitler, Staline, Salazar, Franco, Pinochet, Videla, Ceausescu, et on en passe, sans oublier certains de nos grands hommes, tout de même, autrement plus fréquentables: qu'ont-ils laissé comme traces indélébiles de leurs règnes respectifs?
Des réformes...réformées une fois qu'ils ont été déboulonnés, au propre comme au figuré. Des lois aussi, mises à mal par les lois suivantes. Ils ont pris des mesures, vite dégommées par leurs successeurs et concurrents. Et ainsi de suite.
Cueillez, cueillez, les roses de la vie...Pardon Ronsard...
Ils auront, aussi, laissé quelques souvenirs de petits ou grands moments de bonheur. Pour eux-mêmes et leurs copains. Mais dans le coeur et le souvenir des peuples, ils auront laissé surtout des douleurs, des pleurs et des peines inconsolables de leurs victimes et des leurs familles, dont ils auront, trop souvent, marqué la chair et versé le sang.
Qu'aura retenu l'Histoire de la vie et de l'oeuvre de ces ''grands'' hommes?
Des ronds dans l'eau et...pfffuitt!
Tout çà pour çà?
Ce qui nous permet de porter un regard un tantinet mélancolico-philosophique sur ces personnages et leurs épopées d'opéras qui ne sont comiques que pour eux-mêmes et qui ne durent que le temps qu'on les oublie. Mais qui ont fait souffrir et mourir des dizaines, des centaines, des millions d'hommes, de femmes de vieillards et d'enfants, épouvantablement éprouvés ou morts pour satisfaire rien d'autre que l'avidité et l'ambition de ces sinistres guignols.
Sic transit gloria mundi, disait on ne sait plus qui. Ainsi s'en va la gloire du monde, nous traduit la page rose du Larousse qui rappelle que ces paroles étaient dites aux papes pour leur rappeler la fugacité de leur ''règne'' et de leur vie.
Ce qui n'a jamais empêché, d'ailleurs, tous les papes qui se sont succédé, de monter sur le trône vaticanesque, sans que ce rappel sur la fragilité de l'être les émeuve outre mesure.
Et n'a pas empêché, non plus, les grands hommes, - qui aujourd'hui se caractérisent moins par leur taille que par celle de leurs incisives - de se presser aux grandes et petites portes menant au pouvoir, dans le seul but, promis juré, de faire le bonheur de leurs semblables.
Comme on ne saurait mettre en doute leur bonne foi, nous nous posons donc la question: compte tenu du bilan actuel, plutôt catastrophique de l'Humanité, pas mal de ces dirigeants-là ont, mathématiquement, dû être soit particulièrement incompétents, soit honteusement fainéants, soit malheureusement incapables non?. Mais, alors, dans tous les cas, pourquoi et sur quels critères ont-ils été élus ou mis en place?
Lorsqu'un patron embauche, il se renseigne. Et, à un haut niveau, il demande à un cabinet conseil de lui trouver la perle rare. Pour diriger large, il faut des compétences, du travail, de l'imagination. En résumé, il faut Quelqu'un! Un balèze. Une tronche. Un Homme quoi. Un vrai!
Pourquoi ne fait-on pas de même à l'heure des élections? Et pourquoi ne fait-on confiance, uniquement, qu'à la bonne tête des candidats, en tous cas à l'image que nous en donnent les medias, - dans lesquels on ne peut pas plus faire confiance que dans des bonimenteurs de foire -, et aux promesses de ces futurs élus qui vont gérer notre argent, nos biens, en un mot notre vie durant, quelquefois, des décennies entières. Sans responsabilité véritable autre, bien sûr que celle de ne pas être réélu la fois prochaine?
C'est-à-dire sans grands risques...
Ce qui, entre nous, ramène à rien la valeur des plaintes de ceux qui ne savent plus à quel saint se vouer lorsqu'après avoir voté à droite, ils le font à gauche et vice-versa.
Ils les ont voulus. Ils les ont eus. Ils se les gardent.
Qu'ils ferment leur bec.
Ah! Une remarque: tous ces guides, caudillos, duci et autres chefs avaient, pour exécuter leurs hautes et basses oeuvres, de chéfaillons grands et moyens. Qui les ont, quelquefois, suivis dans leurs disparitions respectives. Mais aussi des petits qui, eux, sont généralement restés en place, tant il est vrai, nous en savons quelque chose, qu'ils constituent l'épine dorsale de l'appareil de l'Etat, laquelle ne saurait être brisée sous peine de désintégration du corps entier. Alors n'est-ce pas? Faut ce qu'il faut.
Certes, des grands et moyens chefs ont été remplacés. De nos jours, la chasse aux sorcières fonctionne toujours bien. En haut des échelles surtout.
Néanmoins, on a vu après la guerre de 39-45 et dans tous les pays où les pouvoirs se sont succédés, que les gros des troupes qui maintiennent les systèmes en place ont toujours été plus ou moins présent après les grands changements.
Indispensable pour que çà continue à tourner rond.
Les abus? On obéissait aux ordres.
Les horreurs? On ne savait pas.
Si on se met, aussi, à tout remplacer, où va-t-on, on vous le demande? -
Communisme? Nazisme? Et le reste?
Vient de paraître le livre ''Journal d'une écolière Soviétique'', qui retrace les souvenirs d'une adolescente, envoyée en Sibérie, avec sa famille, lorsque le KGB a jugé que le contenu de son journal intime était d'un terrorisme évident, propre à déstabiliser l'URSS au beau temps de la guerre froide.
En effet, la malheureuse se posait, alors, des questions sur le quotidien, pas folichon, sur son avenir, qui ne l'était guère plus, bref, elle avait le front de se poser des questions...tout court. Pire que çà: elle s'inquiétait alors qu'il n'y avait , d'évidence, aucune raison de le faire dans le rouge Paradis des amours soviétiques.
Du terrorisme, c'est sûr çà chef!
La pauvrette se retrouva en Sibérie, sa famille idem. Elle ne revit jamais ses parents. Souffrances. Morts. Le désastre.
Quelques questions.
On ne se pose plus guère celle-ci aujourd'hui: pourquoi les communistes d'alors, il en reste, - et puis ceux de maintenant - n'ont pas demandé pardon et proposé de parler indemnisations pour les 40, 50, on sait plus, 60 millions de victimes de cette si belle idéologie? Pourquoi n'ont-ils pas donc fait comme l'Eglise Catholique qui a mis, il est vrai, 3 siècles pour demander pardon à Galilée?
Et pourquoi la presse actuelle, de gauche, persiste à estimer l'horreur moscoutaire moins terrible que l'horreur nazie?
Et pourquoi, encore, une certaine presse de gauche encore, mais en costume-cravate celle-là, ne fait-elle pas son mea culpa à propos des un, deux, on sait plus, trois millions de malheureux Cambodgiens que les Khmers rouges - encensés à l'époque par les journalistes français - ont salement zigouillé. Zigouillé, bien sûr d'abord, les profiteurs qui dominaient le pays, comme il y en a partout ailleurs, mais surtout le petit peuple pour des motifs d'une pureté idéologique rare: devaient être supprimés les riches, c'est-à-dire ceux qui avaient au moins une bicyclette, et les intellectuels, c'est-à-dire ceux qui portaient de lunettes...
Et puisque nous en sommes aux pays totalit...disons vaguement démocratique, pourquoi, aujourd'hui encore, ces mêmes journalistes, et tout plein d'autres, ne posent-ils pas de questions sur une pensée unique obligatoire du même genre. Le ''renouveau'' de l'église orthodoxe russe, par exemple, qui veut faire table rase de tous les autres cultes, après avoir durant les années rouges, un chouïa fricoté avec le pouvoir pour tâcher de garder une partie du sien, et aujourd'hui est accusée de fricoter encore mais cette fois dans les trafics de voitures et de cigarettes, et d'argent à passer à la machine à laver?
Parce qu'il est difficile de reconnaître ses ''erreurs''? Ou parce qu'ils ne se trompent jamais? Encore un grand Mystère... -
Quel Homme!
Nombre de religions ont estimé qu'il fallait bien, pour organiser un Univers aussi incroyablement sophistiqué que le nôtre, une intelligence organisatrice au-dessus de çà. Les scientifiques athées, eux, n'y croient pas, bien sûr. Mais ils ont, tout de même, ont inventé une religion, et entraînent les gogos à leur suite, en ne parlant pas de Dieu mais d'Environnement, de Nature...Cà change tout, évidemment. Et, bien sûr, çà donne toutes les réponses à toutes les questions. Enfin...çà les renvoie à plus tard. C'est plus commode.
Ceci dit, religions en tête, l'Homme (majuscule SVP), s'est mis en tête que Dieu, qui avait dit de s'ocuper de la terre c'était pas mal mais qu'en fait, il fallait faire plus. Il fallait a-mé-lio-rer. Po-si-ti-ver! Na!
On allait voir ce qu'on allait voir!
On a vu.
Les villes, les cités-dortoir, les beaux quartiers et les banlieues, les autoroutes, les pollutions de l'Exxon Valdez, les barrages de Malpassé, les TGV que les Ricains ne-veulent-pas-ils-savent-pas-ce-qu'ils-perdent, les chasseur-défenseurs-de-la-Nature, les déchets-nucléaires-et-autres-qu'on-sait-pas-où-fourrer, MacDonald, Harley-Davidson, le Dow Jones, le Boeing 747, les deux guerres mondiales et l'amiante, ah l'amiante....
Tout de même, tout de même. Des agro-énarquo-décideurs soudaint visités par l'Esprit ont, tout de même, décidé, c'était hier ou presque, de rendre la Nature à sa tranquillité originelle. Du moins à 98 ou 99%.
Et voilà. La France, première dans le monde, va donc geler complètement quelques milliers d'hectares dans le Vercors et laisser la Nature se débrouiller seule, sans intervenir, sans l'embêter, en observant, durant 10, 50, 100 ans et plus, comment elle s'y prend pour se construire, se déconstruire, s'améliorer, se re-construire.
Bonne idée non?
Juste quelques questions.
Il aura fallu 6.000, 100.000, voire une foultitude de millions d'années pour permettre aux plus intelligents aux meilleurs d'entre nous de s'apercevoir que la Nature est fort capable de nous donner un environnement qui favorise NOTRE vie, si on lui fiche la paix?
Et puis, dites, au fait, ce truc-là, on ne le pratique pas déjà? Dans les Parcs Nationaux?
Oui! Ils sont plus petits et on y intervient pas mal, mais la protection dont ils bénéficient ne les empêche pas de se dégrader. Lentement mais sûrement. La Pollution, les pollutions, elles, nous donnent des leçons: elles ignorent les frontières. Comme les multinationales.
Enfin, Lorsque, dans 50 ou 100 ans, l'heure sera venue de faire le bilan, qui sera, on le sait par avance, très positif pour ce qui est de savoir s'il est opportun voire intelligent de foutre la paix à la nature, quel effet cette expérience aura-t-elle eu sur le reste de la planète qui sera dans un état catastrophique?
Pardon? Comment?
Parce que vous croyez vous que les pays riches, pour garder leur bon standing, et les pays pauvres pour y arriver, vont s'arrêter de consommer et de polluer? Vous croyez que l'Homme, - ah, quel bel Homme hein? -, va se montrer digne du nom qui l'honore et de l'intelligence, du coeur, de l'amour et du bon sens qui, dit-il lui-même, le caractérisent?
Eh! Dites! Ca va comme çà hein.
C'est une chronique sérieuse ici.