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SCHRÖDER-MERKEL: US gagnants!

La CDU n’est donc pas entièrement gagnante de cet affrontement entre Démocrate Chrétiens et Sociaux démocrates.

Etonnant ?

Qu’à moitié seulement.

L’affrontement en question a été, largement et pas très joliment, orchestré par les medias allemands.

Gerhard Schröder ne le leur a pas envoyé dire.

Les journaux et journalistes d’Outre-rhin ont balancé tant et plus sur le chancelier en surfant, d’ailleurs, non pas seulement sur leur très alimentaire foi néolibérale, ce qu’on aurait compris, mais, bien hypocritement, sur la vague de mécontentement social consécutif aux mesures économiques impopulaires prises par les sociaux démocrates, aux antipodes des promesses et orientations affichées par Gerhard Schröder en son début de mandat.

La libéralisation américaine étant passée par là…

Cela nous ramène à ce qui s’est passé chez nous un certain joli mois d’avril d’il y a trois ans.

A l’époque, les medias ont agité l’épouvantail Le Pen et poussé les Français à y aller de leur 80% pour l’actuel président…pour se lamenter, ensuite côté gauche, caviar en tête, de le voir mettre en œuvre une politique qui ne pouvait être autre que celle qu’il a toujours, fort honnêtement, il faut le reconnaître, et représentée et promue.

Sans cette campagne médiatique hystérique, - comme elles savent toutes si bien l’être - donc en laissant les Français faire leur choix sans les prendre pour des handicapés mentaux, qu’aurions-nous eu ?

Au pire, un Jean-Marie Le Pen élu président, ce qui nous paraît hautement improbable, mais nous n’aurions jamais vu trôner à l’Assemblée Nationale, une majorité de députés lepénistes. Ne serait-ce, tout bêtement, qu’en raison du mode de scrutin actuel.

Pourquoi donc personne ne l’a dit à l’époque ?

Pour vendre plus de papier et faire plus d’audience ?

Alors ?

Eh bien nous aurions hérité, plus certainement, d’un exécutif de cohabitation, ce que nous avions précédemment connu et qui ne nous avait, somme toute, pas si mal réussi côté économique et social tout à la fois.

A part que les précédents exemples de ce genre de consensus de circonstance, nous montraient, de toutes manières, que la France, l’Europe, et le monde se dirigeaient, un peu moins vite qu’actuellement mais aussi sûrement, vers un système soi disant mondialisé mais qui, en réalité, permet aux Etats-Unis et au Royaume Uni de se nourrir de la substance du reste du monde.

Ceux qui n’ont pas compris cette évidence n’ont qu’à attendre encore un peu et ils verront.

Tout ce raisonnement, un peu fatiguant à lire on vous le concède, pour dire qu’Angéla Merkel n’a donc pas eu le satisfecit unanime qu’elle espérait et, pas très modestement, prétendait obtenir.

Elle devra donc composer avec les autres partis pour s’assurer une majorité suffisante.

Mais si l’on doutait encore de ses tendances ultralibérales, il suffirait de ne pas oublier qu’elle vient, il y a quelques heures, de clamer qu’elle allait discuter avec tous les partis et toutes les tendances, mais sûrement pas avec l’extrême gauche qui a, pourtant, quelques sièges au Bundestag.

Excusez-nous, on rigole un brin.

Cette consultation tous azimuts se prend, évidemment, des airs très démocratiques du genre : ‘’Nous représenterons TOUT le peuple allemand’’.

Alors que, en réalité, Madame Merkel ne consultera pas les extrémistes tout simplement parce qu’ils ne sont pas assez nombreux, en tous cas pas autant que les autres partis qui eux, représentent assez de voix pour asseoir réellement une majorité pas très aisément renversable.

Cela dit, on se demande ce qu’elle pourrait bien risquer à dire ‘’bonjour, comment ça va, qu’est-ce qu’on pourrait faire ensemble’’, à ses collègues rouge foncé.

Elle y gagnerait, au moins, le respect des électeurs qui verraient, là, une intention vraie, toutes forces unies, de sortir l’Allemagne de la dégringolade sociale et économique où les ultralibéraux US et leurs copains, ont mis le monde entier.

Un intérêt dans ce résultat.

Une grande coalition représenterait, sinon LA solution, du moins un début de consensus bien plus utile au peuple, que le sempiternel déchirement droite gauche sur lequel, d’ailleurs, une bonne partie de la planète semble bien s’être calée.

En prouvant, justement par là même, que la vraie bataille se situe, depuis la nuit des temps et pour pas mal de temps encore, entre les riches et les pauvres, entre les dominants et les dominés, entre les repus et les crève la faim.

Un consensus même rafistolé, mettrait déjà un terme, aux empoignades et bagarres à répétition qui ont pour très sûr résultat de désorienter les électeurs qui finissent par perdre confiance dans la politique et ceux qui la pratiquent et qu’ils se mettent, désormais, à considérer comme ‘’tous profiteurs voire tous pourris ‘’.

Consensus souhaitable probablement, sauf à ce que les si différents partis en question ne fassent pas la paix sur…le dos de leurs électeurs.

Qui savent, hélas, ce que cela veut dire…

Pour terminer, il ne faut pas s‘étonner des scores respectifs pas plus qu’il ne faut accorder trop de crédit à la liberté des deux leaders à représenter leurs propres idées.

En effet, si Schröder représentait au départ en, tous cas, les espérances sociales légitimes d’un mode du travail désireux, tout aussi légitimement, de partager les richesses dues aux progrès allemands, il a dû composer avec plus riche que lui, les USA encore eux.

Il s’est donc ‘’droitisé’’, ce qui l’a conduit au désaveu mezzo voce que l’on vient de voir.

Quant à Mme Merkel, son honorable choix de religiosité protestante, s’est, somme toutes, fort bien accommodé, avec sa religion pas très persécutée par les Communistes de l’Est, de l’athéisme ambiant.

Néanmoins, les privations des années Honegger semblent avoir attisé son légitime désir de goûter aux délices de la table ultra libérale.

En n’oubliant pas, cependant, les sacro saints devoirs dictés par la charité chrétienne ?

Peut-être bien.

Mais alors, à la manière US, très probablement.

Du combat Shröder-Merkel qui sort gagnant ?

Les Américains.

Parce qu'il faut, tout de même, dire, que les instituts de sondage allemands, pas plus futés que les nôtres, se sont lamentablement plantés en donnant la CDU gagnante à 40%.

Ils ont ainsi démontré qu'ils prenaient leurs compatriotes pour des demeurés mais, en plus, qu'ils étaient, comme les politiques et les journalistes, complètement déconnectés des masses populaires, excusez du terme s'il fâche.

Car, au pif et à la louche, les Allemands, déçus du régime ''de gauche'' qui leur a fait des promesses paradisiaques qu'il n'a pas pu ou voulu tenir, ne pouvaient que d'y aller d'un vote de censure, genre NON européen...et se retourner vers un système pire, de droite libérale voire ultra libérale.

Coincés, comme se sont sentis les Français au référendum dernier, ils ont, cette fois, fait 50-50.

Pressentant bien que d'un côté ou de l'autre, l'ultralibéralisme, la mondialisation, la pulvérisation des programmes sociaux à l'américaine, les attendaient, au coin des résultats!

Ce qui montre, éloquemment, combien les ''élites' sont capables - ou pas c'est vous qui voyez - d'apporter une solution satisfaisante aux problèmes créés par la classe à laquelle elles appartiennent.

Bravo les artistes!

Mais ne vous plaignez pas, comme souvent ailleurs sur la Terre entière, de la...désaffection des populations pour ces jeux pervers dont ils ignorent toutes les ficelles et, surtout, dont ils ne peuvent jamais bénéficier des juteux gains que ces artistiques activités procurent largement à ceux qui, professionnels accomplis, savent si bien y jouer.

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