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journalisme - Page 2

  • Libération: qui paye?

    Florence Aubenas et Hussein Hanoun libérés : qui ne s’en réjouirait ?
    Pas même les ravisseurs pour qui la libération a signifié le versement de la rançon .
    1 millions ?
    De dollars évidemment ?
    Plutôt dix ou douze, à notre avis mais bon. Une vie humaine, voire deux, valent bien plus que cela.
    Toutefois, - il y a toujours des toutefois que nos confrères, zélés serviteurs de la vérité de l’information, s’abstiennent d’évoquer, voire, s’obstinent, à ne pas évoquer -, c’est celui qui concerne directement la question suivante : ‘’Qui a payé ?’’.
    Ce qui amène à la seconde question, évidemment liée à la première : ‘’Qui paye chaque fois,’’.
    Sans oublier la troisième : ‘’Qui va payer à l’avenir ?’’.
    Le journal, qui peut, tout de même se le permettre, ne serait-ce qu’en regard de la pub que l’affaire lui fait ?
    Quoi c’est indécent ?
    Parce que l’enlèvement, pour malheureux, épouvantable et criminel qu’il soit, - ou plutôt à cause de cela -, n’aura pas profité, et c’est dans l’ordre normal des choses, à son audience et à son tirage ?
    Bon, reprenons au début : Qui paye ?
    Pas la famille, évidemment, aussi éplorée que dans l’impossibilité complète de payer quoi que ce soit. Et là ce serait indécent.
    Alors ?
    Les compagnies d’assurance ?
    Aucune n’assure dans ces cas-là.
    Qui alors ?
    Eh bien vous et moi. L’Etat pour tout dire. Et pas depuis hier seulement. A chaque fois que pareille affaire est survenue.
    Et malgré les véhémentes et officielles dénégations des autorités responsables.
    A qui fera-t-on croire qu’un enlèvement sans revendication, politique en particulier, et qu’une libération sans raison visible, avec en plus une restitution des quelques dollars à la malheureuse Florence avec , en ‘’prime’’, le misérable ‘’cadeau’’ de deux bagues et d’un flacon de parfum – sûrement pas du N°5 de Chanel – puisse se faire sans bénéfice aucun pour les criminels ?
    Certes, on ne va pas mégoter mesquinement : notre vie à nous serait en jeu, nous serions bien heureux de profiter des dépenses de ce genre sur le dos des contribuables.
    Néanmoins, est-il moral, voire citoyen ou simplement logique, de faire prendre en charge, par exemple, les dépenses de sauvetage des ahuris qui prennent des risques dans des activités ou des sports de l’extrême, souvent carrément déments, alors que ces fondus mettent non seulement leur vie en danger mais l’argent des autres…sans leur demander leur avis. Et sans justification de la ‘’mission d’informer’’ mais uniquement pour leur propre plaisir, lequel devient monstrueusement égoïste dès lors qu’il est payé par les autres ?
    Lorsqu’il y a intervention du hasard, de l’impondérable, d’accord, mais encore, compagnies d’assurance à l’appui, qui savent fort bien, elles, faire la différence entre les risques impossibles à prévoir et la stupidité froidement mise en oeuvre.
    Alors ?
    Faire payer les citoyens, d’accord, mais ne serait-il pas opportun de leur demander leur avis ? Peut-être pas un référendum, encore que, les surprises seraient probablement à attendre au coin du bois.
    Mais les parlementaires ne seraient-ils pas avisés de ne dépenser les économies de leurs électeurs qu’après avoir obtenu leur consentement éclairé ?
    Faire le généreux avec l’argent des autres, rien de plus facile non ?
    D’autant que les hommes politiques savent fort bien que la profession de journaliste, ainsi soignée et glorifiée, saura certainement s’en souvenir en cas de besoin n’est-ce pas ?
    Ne trouvez-vous pas curieux que les journalistes russes, par exemple, soient moins souvent enlevés que nos confrères d’Europe de l’Ouest ?
    Que pensez-vous que ferait Vladimir Poutine en cas d’enlèvement de ce genre en Tchétchénie par exemple ?
    Et Hu Jintao alors? Premier chinois d’un pays qui matraque les journalistes ?
    Ou du premier ministre Junichiro Koizumi ? Souvenez-vous de ces malheureux otages japonais que leur gouvernement rendait, quasiment responsables de leur propre enlèvement à cause de leur ‘’imprudence’’ alors que les ravisseurs, politiques eux et pas mafieux, faisaient pression pour que le contingent des forces nippones quitte l’Irak ?
    Au fait, les confrères du New York Times nous donnent l’exemple : ils sont cinq à Bagdad à vivre dans un véritable bunker. Tout comme les soldats US, sans l’obligation de sortir d’ailleurs. Et avec des douzaines de gardes du corps.
    Qui paye ? Leur journal.
    Et en cas d’enlèvement, plutôt problématique pour les éventuels ravisseurs, évidemment ?
    Eh bien toujours leur journal.
    Rassurant, tout de même. Ne serait-ce qu’en raison du principe selon lequel, dans une économie de marché, l’on doit savoir tout assumer. Et en particulier ses choix.

  • L'europe à l'américaine

    Pour donner un avis, documenté mais surtout très objectif, sur l’Europe, a été invité sur les antennes de France-Info (radio subventionnée par vous et moi), un journaliste et écrivain américain.
    Dynamisme MBA, bel accent, prestige amerlo, le top du top.
    Et, surtout, très bien placé pour donner un avis à la fois intelligent, sage et très objectif, on le répète.
    Un journaliste américain, ou au moins, formé aux Etats-Unis comme certaines de nos têtes d’œufs radios ou télévisuels...le journalisme à l’américaine, qu’y a-t-il de plus noble sur la planète ?
    L’on n’en attendait donc pas moins d’un invité, spécial, qui venait nous donner de doctes et américaines leçons.
    Bien.
    Vous savez à quoi se résument ces leçons et son avis aussi documentés, sages, qu’intelligents et objectifs ?
    Eh bien que les Français sont des rêveurs, qui pensent à tort qu’il ne doivent pas abandonner leurs somptueux privilèges, et qui s’imaginent que les Polonais vont, un de ces quatre matins, gagner comme nous, des 2.000 et 3.000 euros à rien foutre durant leurs 35 heures et qu’il faut donc, toutes rêveries cessantes, voter OUI car c’est le libéralisme néoconservateur qui va sauver la France, l’Europe et le monde.
    Le monde selon Debeuliou évidemment.
    Au fait, vous savez combien gagnent en moyenne ces journalistes émérites venus tout droit des states nous vanter les mérites de l’american way of life ?
    Avec les notes de frais et les primes d’envoyés spéciaux à l’étranger, dans les 8 à 10.000 dollars.
    Presque autant en euros.
    Une misère quoi !
    Nous, on attend avec impatience, que déboulent fissa des journalistes polonais parlant américainement bien l’anglais, et qui viendront lui piquer son job – puisque c’est comme ça qu’on dit - en se faisant payer 200 euros par mois…
    Juste pour que, après en avoir bavé pendant une dizaine d’années, il puisse, alors, nous donner un avis un peu plus documenté et nettement plus objectif sur la question européenne.

  • La télé me fait rêver

    Josiane Duchmol.
    Technicienne de surface. (En clair, femme de ménage)
    Mariée, deux mioches.
    Salaire : le SMIC. Enfin…un peu moins parce que le mois dernier elle a fait seulement 5.600 balles, vu qu’elle en peux plus de son mal aux reins à cause de la pièce à nettoyer par terre.
    -Dites ! C’est quoi votre truc encore ? Ca y est ? Encore la Révolution ? Le drapeau rouge ? Le couteau entre les dents ?
    -Pardon ? Mais non voyons ! Calmez vous ! Je parlais juste du dernier et merveilleux feuilleton en vogue à la télé. Vous savez, celui qui fait rêver toutes les femmes modernes de moins de 50 ans ?
    -QUOI ? Qu’est-ce que vous racontez ? C’est n’importe quoi votre machin là encore une fois. Et maintenant, en plus, vous ne vous tenez même pas au courant. Vous ne savez pas lire non ? Le dernier feuilleton au top du top c’est CLARA SCHELLER, journaliste, qui vit en couple avec son camarade homosexuel, journaliste lui aussi et qui cherchent tous les deux le Prince Charmant. JOURNALISTE, c’est autre chose que passer le balai non ? Et 15 à 20.000 balles par mois, c’est aut’chose ça aussi non ? Ca c’est bon pour faire rêver ! Pas votre machin à la noix là ! Non mais : une femme de ménage ! Et avec des gosses et mal au rein en plus ! Y en a je vous jure !
    -Bon bon ça va! Excusez quoi ! Vous allez pas en faire une pelle mécanique en plus. Je me suis trompé de chaîne c’est tout…
    -Pfff ! Cui-là alors. Même pas drôle !

  • Le coût du rêve.

    Entendu sur une radio financière, la radio de l’économie pour les uns, la radio des riches pour les autres, la radio des pauvres pour les vraiment riches, une rubrique, assez croquignolette où l’on parle des produits de luxe qu’on peut s’acheter quand on est milllion..et même plus, milliardaire.
    C’est une rubrique où nous avons entendu vanter les mérites des VTT de marque Mercedes, Porsche ou Ferrari à des prix variant de 15.000 à 50.000 euros.
    Des vélos à 10.000 ou 66.000 balles…c’est des beaux VTT non ?
    On a même entendu dans le poste, dire beaucoup de bien de montres fabuleuses, en métaux fantastiques, usinées pendant des semaines, par des artisans de l’ancien temps avec des méthodes de l’An 3000, aux prix, elles, allant de 100.000 à 500.000 euros !
    De 600.000 à trois millions de francs, bigre !
    On savait que le temps c’est de l’argent mais à ce point…
    Tout ça, non pas pour faire rêver les cadres moyens, encore moins les pauvres (1).
    Non.
    Pour seulement aider les vraiment riches à faire leurs choix.
    Juste une remarque ?
    Merci.
    On y va.
    En général, pour acheter des choses bien chères, on a plus besoin d’argent que de conseils.
    Donc, quand on a beaucoup d’argent, et même plus, hein.. ?
    D’autant que quand on est vraiment riche, on doit avoir sûrement des choses plus importantes à faire qu’à écouter la radio…
    Et puis, quand on est milliardaire, l’information, on n’a pas besoin de l’écouter, on la fait.
    Ca c’était la rubrique on rigole avec ce qu’on peut.

    (1) : Les medias n’auraient-ils pas le droit, après tout légitime, de nous faire tous divinement rêver ?

  • Les gourous

    21 morts dans un incendie qui a éclaté dans un immeuble abritant, selon les avisés commentaires journalistiques, des immigrés.
    Hasard ?
    Sûrement pas.
    Ce genre de drames a peu de risques de survenir dans le XVI°…
    Mais bien plus souvent, et plus encore dans le futur, dans les taudis où notre civilisation cantonne tous ceux et tout ce qu’elle ne veut pas voir.
    Tout ce qui, en fait, la condamne.
    Immigrés ou pas, réprouvés et dérangeants dans tous les cas.
    La compassion officielle, tout à fait louable, est, néanmoins, comme tous les sentiments dont se farde notre civilisation: elle n’a qu’un temps. Celui nécessaire pour faire la une, ou, au mieux, sécher quelques larmes…
    Si tant est bien sûr…
    Le traitement de cette information est, une fois de plus, symptomatique, de l’attitude des medias, et de ceux qui les représentent, vis-à-vis des petites gens et des drames qui les accablent.
    15 morts, c’était un drame. 21, c’est la catastrophe, tout en étant une aubaine de plus pour les fabricants d’encre, de papier et de temps d’antenne.
    Pas autant, il est vrai que pour une mort célèbre de la semaine passée.
    Car il faut bien en convenir : la mort d’un pape vaut bien mieux qu’on s’y intéresse que celle de 21 anonymes, gris ou noirs qui mieux est.
    Et pour des blancs ?
    L’émotion sollicitée aurait été plus ample mais guère plus.
    Même, et surtout, morts, les individus continuent à peser leur poids d’euros, de dollars ou de ‘’gloire’’.
    Quoiqu’il en soit, un ou deux carbonisés, n’auraient mérité, tout au plus, que 5 à 10 secondes d’antenne et une demi-colonne en page deux.
    Et 21 indemnes, tout simplement parce que l’incendie aurait eu lieu en leur absence, n’auraient eu, évidemment, droit à rien. Et même moins que rien.
    Ce qui n’aurait nullement empêché leurs conditions de vie, cause possible de drames, de rester… dramatiques et menaçantes.
    Une fois de plus, on se heurte à la hiérarchisation médiatique par excellence de la douleur, en un mot des valeurs, ou de ce qu’il en reste.
    Un enfant battu par son beau-père vaut mieux qu’un vieillard renversé par un scooter et les familles explosées par les divorces en France, n’intéressent personne alors qu’en Bosnie Herzégovine, elles donnent lieu à des ‘’grands reportages’’ qui tirent des larmes.
    Dans quel monde vivons-nous donc ?
    Tout simplement dans un monde où tout est à vendre et à acheter.
    Désormais, de façon obligatoire.
    Jusqu’aux consciences et aux opinions.
    Et les medias apprennent, désormais, au petit peuple, ce qu’il faut admirer, aimer, craindre ou haïr, et ce sur quoi il faut s’apitoyer, s’attendrir et, bien sûr, qui il faut mépriser, ou, selon les cas, à qui venir en aide, en mettant la main à la poche si nécessaire.
    Big Brother est pour demain?
    Mais non ! Il est là voyons!
    Aujourd’hui !
    Et il est encore plus malin que le modèle qu’avait imaginé Aldous Huxley.
    A moins que cela ne soit vraiment nécessaire, il ne s’impose pas par la force…visible.
    Non.
    Désormais, pour mieux se faire accepter, il se déguise. Mieux, protéiforme comme pas un, il sait prendre tous les aspects, toutes les apparences, refléter voire dupliquer toutes les couleurs, toutes les opinions du grand public, afin de lui faire croire qu’il le représente. Et de lui servir ensuite de porte-voix.
    Les medias disposent ainsi de l’argument massue qui légitime toutes leurs initiatives, tous leurs choix, et bien sûr, toutes leurs dérives :
    ‘’Le public, a le droit de savoir. L’information est notre mission. Nos lecteurs – cherzauditeurs et téléspectateurs – nous le demandent, l’exigent. Ce n’est pas nous qui l’exigeons, c’est EUX. Le grand public.’’
    Il ne suffit donc plus que de former, de formater cette exigence-là et de l’exprimer ensuite en porte-paroles auto-proclamés.
    La boucle est bouclée.
    On n’est pas très sûrs que l’information y trouve son compte.
    Les…informés encore moins.
    Mais qu’ils dorment tranquilles.
    Désormais, ils ont des guides sûrs.
    Vous avez dit gourous ?