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  • Réchauffement: Témoins de Jéhovah et Al Gore, même combat?

    La Terre se réchauffe.

    En fait, ‘’on’’ (c’est-à-dire, la sacro sainte Civilisation)  la réchauffe.

    A ce propos, deux débats ont retenu toute notre attention ces deux dernières semaines.

    Le premier a quelque peu révolutionné le petit monde parlementaire.

    En effet, ce sympathique petit monde de nos représentants, s’est pressé (empressé ?) à la projection du film d’Al Gore sur l’état désastreux de la planète.

    L’écologie est mobilisatrice pour des raisons existentielles, mais également électoralistes. Il faut bien vivre.

    Le second débat, a mobilisé les téléspectateurs, enfin…le pourcentage de fidèles de La Chaîne Parlementaire (LCP), laquelle fait plutôt dans le genre discussions administratives que people échevelé.

    Et, au cours de ce second débat, on a pu avoir un aperçu des travaux des membres de la Miviludes, autrement dite Mission Interministérielle de Lutte Contre les Sectes.

    Un aperçu et de ces travaux et, surtout, de la manière dont ils ont été réalisés et qui nous laisse, nous devons l’avouer, plutôt perplexes voire complètement abasourdis, eu égard aux valeurs aussi républicaines que démocratiques, voire morales n’ayons pas peur des mots, qui sont les nôtres.

    Pourquoi notre perplexité ?

    C’est que les deux débats, en fait, n’en étaient pas. Et c’est bien ça qui nous inquiète bougrement.

    Explications et revue de détails, si vous n’avez pas peur de vous barber, ça risque d’être longuet.

     Primo : le ‘’débat’’ Al Gore.

    De débat, il n’y en a donc pas eu.

    Projection oui, mais c’est tout. Et émotion, il est vrai, parmi les parlementaires spectateurs.

    Il y a de quoi.

    Bien fait, ce film montre, que nous sommes F-O-U-, T-U-S TUS. FOU-TUS.

    Sauf, sauf bien sûr, si les Etats-Unis, l’Europe, mais aussi la Chine, l’Inde, bref, si l’Humanité devient raisonnable…

    Vaste programme.

    Niveau de vie des riches, sortie de la misère des pauvres, tout ça fait du boulot. Et puis comment se passer, tous pays confondus, des douceurs, fussent-elles très relatives pour la majorité, de notre si belle Civilisation.

    Si satisfaite d’elle-même qu’elle estime superflu de se remettre en question ?

    Pas gai tout ça…

    Précision utile, nous ne sommes ni défaitistes ni prêts à baisser les bras.

    C’est même tout le contraire. A propos de cette question, notre démarche et notre message sont simples et logiques : foutus pour foutus, essayons de ne pas être les acteurs de cette destruction et travaillons à faire notre possible pour sauver ce qui peut l’être.

    A commencer par les valeurs morales mais en ne négligeant pas les contingences matérielles sans lesquelles toute pensée n’est que roupie de sansonnet.

    Faisons donc les gestes vitaux pour ne pas détruire, et prions bien fort, pour ceux qui croient et chacun à sa manière, afin d’être entendus quelque part mais en faisant que nos suppliques et nos actes aillent dans le même bon sens.

    DROIT DANS LE MUR

    Cela dit, Al Gore nous dit ni plus ni moins que, à cette vitesse, suspectée d’être exponentielle, nous allons droit dans le mur. La grôôôsse catastrôôôphe comme disait César (de Pagnol).

    Quelque chose comme la fin du monde des cathos, protestants voire des religions ou autres groupements plus ou moins allumés ou agités du bocal.

    Et, notez bien, pas du tout par contre, comme seraient censés le dire… les Témoins de Jéhovah, selon, bien sûr, leurs acharnés adversaires.

    Encore eux ?

    Eh oui encore eux !

    Car la Mission en question a passé un bon moment, voire même beaucoup de bons moments, à interroger un tas de gens pour éclairer la lanterne des 500 et quelques députés, à propos des sectes et des dangers qu’elles représentent pour la société.

    Au premier rang, les Témoins de Jéhovah.

    Interrogés donc ?

    Que nenni. Juste leurs adversaires. Et acharnés en plus. Et qui ne font pas dans la dentelle. L’instruction équitable et pas seulement à charge, connais pas…

    On les a taxés , c’est pas nouveau, de défaitisme, de diabolisation de la Société, et puis surtout, on  leur reproche d’élever leurs mouflets en leur mettant dans le crâne que nous allons vers une apocalypse, donc en les traumatisant un max…alors qu’en réalité, ils en rigolent. Ou quasiment.

    Maltraitance psychologique est devenu le maître mot pour les désigner à la vindicte de l’état et de la population.

    Il faut dire qu’en ces temps effectivement dangereux pour les plus faibles, l’argument est on ne peut plus porteur.

    Qu’en est-il vraiment ?

     

    Que disent donc les Témoins de Jéhovah à propos de la situation planétaire et de son avenir à court, moyen et long terme ?

    Certes, ils disent, bien plus poliment que nous d’ailleurs, que l’Homme avec un grand H, est infoutu de résoudre les problèmes qu’il continue à se créer et que c’est vrai, l’Humanité va dans le mur, mais qu’au fond, faut pas se frapper car Jéhovah va arranger tout ça.

    Vu qu’après, tout ira pour le mieux sous SA direction. 

    Simpliste ?

    Peut-être bien mais foutus pour foutus, je vous avoue, sincèrement, que je préfère leur truc à eux.

    Ben oui. Comme nous ici, on voit depuis des décennies que tout dégringole, et que, pire du pire, les savantissimes nous donnent de plus en plus raison, on commence vraiment à se faire du mouron.

    On n’en est pas à se faire construire comme pas mal d’allumés US, des ranches bétonnés et fortifiés avec des provisions et, surtout, des munitions pour un siècle et demi, mais uniquement parce que cela ne servirait qu’à perpétuer la bêtise et le crime…après et encore. Comme on est contre…

    Alors, à tout prendre, on préfère le pari de Pascal : une chance sur deux que les Témoins aient raison, c’est un bon plan non ?

    Si l’on vous propose une loterie où vous avez une chance sur deux de gagner, ça vaut plus le coup que le tiercé et autres calembredaines de la Chance où on a, généralement, une chance certes, mais une sur 159 millions et 886.765 d’emporter le gros lot vous ne trouvez pas ?

    Croire en une intervention d’en haut, après tout, c’est plus réjouissant que faire confiance dans la volonté, ou même la faculté des humains à faire marche arrière.

    Depuis l’australopithèque et notre arrière-arrière-arrière-arrière grand-mère Lucy, on n’a pas encore trouvé la marche arrière pour la crapulerie, le mensonge, la méchanceté, l’avidité, bon, on ne va pas vous faire un  dessin en plus.

    Après tout, il y a des milliers d’années que ça dure et si une solution devait avoir été trouvée, ça se saurait non ?

    ZOMBIFIéS

    Alors ?

    Alors on les félicite les Témoins : eux, au moins, ils ne vont pas dans le mur en pleurant. Au moins, ils rigolent. Et ils prêchent à leurs semblables l’optimisme. Rien de moins. Et le respect de la Nature par la même occasion. Et le sens du civisme. Et l’obéissance aux lois.

    Mieux, ils ne se droguent pas, ils ne forniquent pas comme des malades, et, d’ailleurs, pas en-dehors du mariage, ils ne font pas la guerre -ils vont même en taule pour ça et n’ont jamais eu le Nobel de la Paix-, ils ne brûlent pas les voitures (ça c’est tout de même pas mal non ?), bref, en un mot comme en cent, ils font des efforts méritoires pour seriner à leurs congénères d’être de bons citoyens parce que c’est la Bible qui le dit.

    Ils ne sont pas parfaits ?

    Evidemment, s’ils l’étaient, ça se saurait.

    Par contre, on les retrouve jamais, ou quasiment, dans les pages de faits divers.

    Sauf, évidemment, lorsqu’un ancien Témoin de Jéhovah (Les ardents journalistes écrivent ancien en petit et Témoin de Jéhovah en très gros), qui a été lourdé du mouvement depuis une douzaine d’années, est accusé de pédophilie, par exemple. C’est très vendeur aujourd’hui, hélas.

    En effet, juste incidemment, sert, tout de même, à faire des Unes vachement diabolisantes, et qui rapportent pas mal de pépètes au service publicité. Faut bien vivre non ?

    Alors leur prêchi-prêcha, nous, on trouve ça marrant. Et pas mal utile.

    Même si ça fait beaucoup pour arriver à observer tout ça dans la conjoncture et le contexte présents.

    Où l’on vous incite plutôt, à vous faire plaisir à vous-mêmes en vous foutant éperdument de vos semblables. C’est pas vrai peut-être ?

    Alors, quand on lit, ou entend, les accusations selon lesquelles les gamins des Témoins sont zombifiés à épouser les idées de leurs parents et en particulier à propos de l’avenir de notre belle civilisation et de notre planète, et qu’ils ont une trouille bleue de l’apocalypse finale, ça nous fait doucement rigoler.

    Investigation vraiment mal informée ?

    Ou pas honnête ?

    LA GRÔÔSSE CATASTRÔÔPHE

    Parce que Al Gore, lui, n’avance pas toutes ses précisions, le sourire aux lèvres. Ou alors un peu pincées et le sourire un peu jaune.

    En fait il aurait même intérêt à foutre la trouille à tous les décideurs, et en particulier à tous les décideurs qui n’ont rien décidé à ce jour et qui ne se décident toujours pas, sinon mezzo voce, ou en apparence.

    Oh certes, ‘’on’’ fait des déclarations, ‘’on prend des mesures’’, ‘’on’’ fait des discours et surtout, ‘’on’’ nomme des commissions.

    Pendant ce temps, les espèces disparaissent et l’eau monte.

    Et, depuis Clemenceau qui connaissait bien son petit monde économico politique, lorsqu’on veut faire disparaître un problème, on nomme une commission.

    Et ‘’on’’ attend.

    Enfin on…nous…car tout ceux qui profitent du Système, eux, n’attendent pas et n’en attendent rien d’autre que ce qu’ils peuvent se procurer en se servant d’abord.

    Un microscopique exemple ? Les pétroliers pollueurs font de louables efforts pour devenir experts en…dépollution…Gagner des deux côtés c’est de l’économie raffinée non ?

    UN PESSIMISTE EST UN OPTIMISTE BIEN INFORMé

    La Grosse Catastrophe ?

    Al Gore nous l’annonce : si l’Humanité, enfin ses dirigeants, ne bougent pas, sinon avec des mesurettes qui iront moins vite en besogne que la Nature qui, inéluctablement, fait toujours payer très cher, et souvent très vite, toutes les avanies dont elle est accablée depuis que l’Homme existe.

    En fait, Al Gore est pessimiste puisqu’au fond, un pessimiste n’est jamais qu’un optimiste bien informé. Comme nous.

    Les Témoins, eux au moins, nous disent, et le disent bien haut, que l’Homme est absolument incapable de redresser la barre et que l’on ne peut compter que sur leur dieu Jéhovah (2), qui va nettoyer tout ça et remettre de l’ordre sur une Terre dont nous ne sommes, après tout, que de grossiers locataires qui ne méritent, après avoir cochonné la Terre durant des millénaires, que d’être foutus à la porte…

    Yves Paccalet (3) l’a dit dans un récent bouquin, et l’on ne voit pas la différence avec les Témoins qui, eux, l’ont dit avant lui et ce, depuis un bon siècle et demi.

    Yves Paccalet et tant d’autres, les Bire, Steiner, Dumont ou Gunther Schwab (4).

    Des centaines, des milliers, ont annoncé la catastrophe. Et Dieu sait s’ils n’ont été accusés et diffamés ni par des parlementaires, ni par les medias, ni menacés du bûcher ou des camps de concentrations ou, ‘’simplement’’, et très habilement, de lourdes amendes propres à les faire disparaître, ce qui arrive, pourtant, aux Témoins aujourd’hui.

    Al Gore et Témoins même combat ?

    Les Témoins ne font pas de politique, leur antienne, même si elle fatigue certains, parle du respect de la Nature, de la Création disent-ils puisqu’elle l’œuvre d’un Créateur.

    Là-dessus, ils sont donc en opposition aux darwiniens qui, eux aussi prêchent la modération sinon la raison dans la mise en coupe réglée de la Terre, et ont dans leur musette, semble-t-il, de solides arguments scientifiques, mais, dommage, aucune exhortation morale supérieure, propre à faire changer en profondeur leurs concitoyens, leurs si chères et confortables habitudes consuméristes.

    Et puis, n’est-ce pas, la Science nous a tellement habitués à être rassurés lorsqu’elle nous fait croire qu’elle trouvera toujours une solution aux problèmes qu’elle a, d’ailleurs, largement contribué à fabriquer.

    Un petit hic cependant.

    Dans le monde évolutionniste, c’est le plus fort qui doit l’emporter n’est-ce pas ?

    Donc, L’Homme étant le plus malin, tout ce qui le dérange doit disparaître.

    Ses semblables comme ce qui le gêne dans son milieu.

    L’ennui est que c’est bien ce qu’il fait depuis qu’il est sur Terre.

    Et les scientifiques se retrouvent dans une impasse.

    Puisque l’animal homme est le plus fort, on ne voit pas très bien pourquoi on lui reprocherait d’user et d’abuser de SON environnement.

    Il DOIT survivre.

    Pas question, donc, de lui faire la morale…

    Car la Science a dit que, dans ce domaine, la morale eh bien c’est chacun la sienne.

    Elle n’a rien à voir avec ce qu’elle appelle l’irrationnel, voire le surréaliste…

    Problème : avec les Témoins le rationnel semble bien ce coup-ci, aller de pair avec leur foi…Et ça, évidemment, dérange horriblement.

    Solution : la fameuse Mission devrait lancer le débat, un vrai cette fois, sur le thème : la foi dans la Bible peut-elle sauver l’Environnement, l’Humanité, bref, nous aider à faire que la super cata n’arrive pas ?

    Et convoquer les Témoins pour dire ce qu’ils en pensent. Et ce que, surtout, ils font pour. Preuves à l’appui évidemment.

    Ne serait-ce pas une saine et honnête manière d’aller à la pêche aux renseignements ?

    Cela changerait, certes, de leur méthode qui consiste à carboniser les Témoins sans même les écouter.

    Ce qui est une manière de faire pour le moins curieuse. Vu que ce n’est pas en instruisant à charge qu’on peut entendre tous les sons de cloche.

    La Mission est pourtant présidée par un magistrat qui a, et c’est tout à son honneur, dirigé la commission d’enquête sur les abominables dérives d’Outreau.

    Dérives, d’ailleurs, comme une des causes semble-t-il, une instruction…à charge, laquelle a envoyé une douzaine d’innocents en prison…

    On se pose donc, et tout de même des questions sur cette manière d’informer nos parlementaires en interrogeant systématiquement tous les adversaires et pas les sympathisants – il y en a – et moins encore les intéressés eux-mêmes.

    Si l’on connaît un peu leur histoire, aux Témoins, on se souviendra peut-être que les mêmes manières de faire ont été employées pour les démolir, par les nazis et les communistes.

    Ca, c’est juste de l’Histoire.

    Parallèle aventureux ?

    On y reviendra.

     

    (1)       Il montre ce que certains d’entre nous disent depuis pas mal de temps. Depuis…1969 très exactement pour l’ancêtre de la rédaction, oralement, par écrit puis sur la Toile, mais également par la photo, et bien avant les vedettes du genre. 1969, année où il ouvrait un magasin ‘’Aux aliments biologiques naturels’’, à Hyères dans le Var. Et déposait les statuts de son association qu’il devait par la suite, commencer à transformer en un parti vert, déjà, qui avait pour nom, ne rigolez pas, ‘’Union des hommes libres pour un monde nouveau.’’…Ca ne s’invente pas. Un doux rêveur comme vous voyez. Il devait, d’ailleurs, jeter l’éponge trois ans plus tard lorsqu’il se rendait compte que ses futurs co-listiers n’avaient tous qu’un désir, devenir maire…Il a vite compris…et y a perdu des plumes…et pas mal d’illusions. Tout ça, pas pour nous ou l'en vanter, mais seulement pour dire qu'ici, avec les expériences désastreuses qu'on a eues, on pense désormais qu'aucun parti, aucun homme, voire aucune organisation n 'est capable de trouver LA solution...Alors, pour en convaincre les décideurs...Pire, pour la mettre en oeuvre...n'en parlons pas.

    (2)       Que vous le vouliez ou non, c’est tout simplement le nom de Dieu dans la Bible. Regardez dans votre dictionnaire feignant !

    (3)       Dans son livre ‘’L’humanité va disparaître, bon débarras’’. Evidemment, ça décoiffe. Personne ne l’accuse, lui, d’être catastrophiste, mais on le félicite d’être très clairvoyant…’’on’’, enfin pas tout le monde.

    (4)       ‘’Danse avec le Diable’’ et ‘’Les dernières cartes du Diable’’, parus en 1964 aux Editions la Colombe.

  • Russie: le roi s'amuse... (Modifié le 21 à 17H00)

    Son Altesse le roi don Juan d’Espagne, comme tout homme normal, a bien besoin de savourer quelques moments de détente, dans une vie pleine d’embûches, de soucis et de difficultés.

    Il en a le droit, voire même le devoir vu les grandes responsabilités qu’il assume devant son peuple et le monde.

    Et comme tout grand de ce même monde, il se détend à sa mesure.

    De très grande façon.

     

    Ainsi, récemment invité du président Vladimir Poutine, il s’est conformé, en plus, aux usages du pays où la détente passe souvent par celle des fusils de chasse aux grands fauves, lesquels peuplent encore ces lointaines et sauvages contrées.

    Bien normal tout ça n’est-il pas ?

    Ce qui nous paraît tout de même quelque peu dérangeant, c’est que chassant l’ours russe, il en a tiré superbement un mais, a confié un des garde chasse locaux, a descendu un animal qui était…complètement saoul !

    Pas par hasard évidemment. En Russie, oui même en Russie, les bars sont interdits aux ours, tout comme aux Tchétchènes, aux noirs et, de plus en plus, à tout ce qui ne ressemble pas à un Russe vrai de vrai.

    Comment donc un brave ours russe s’est-il retrouvé saoul, quasiment, comme un Polonais ?

    Eh bien, comme cela se passait, paraît-il, du temps de Brejnev qui avait des problèmes de vue, pour satisfaire les légitimes désirs de détente des augustes invités du pouvoir local, on attache les ours désignés pour être sacrifiés sur l’autel de la gloire de leur tueur ou alors, pour faire plus vrai, on les remplit de vodka.

    C’est ce qui s’est passé avec l’ours réservé au souverain espagnol pour qui on a amélioré la méthode en ajoutant du bon miel à la liqueur enivrante.

    On a donc ainsi cumulé les félicités de l’heureuse victime: à la glorieuse ivresse d’avoir été choisie, les gardes chasse complaisants, et pas très regardants sur la protection de la faune locale, ont ajouté la bibine russe.

    Fin saoule, la bête n’a pas fait un pli !

    Curieux tout de même pour un roi qui avait récemment manifesté son soutien à la volonté de quelques Français, de redonner du tonus à la vie sauvage des Pyrénées en manque d’ours…

    Gênant non ?

    D’autant que, quelque part, compte tenu de la conjoncture mondiale, il serait peut-être bon de ne pas donner ainsi un royal exemple aux tueurs de tous poils, animaux en premier lieu, qui se moquent, comme d’une guigne, de la préservation de la faune terrestre.

    Le film d’Al Gore n’a, il est vrai, peut-être pas encore été diffusé en Espagne. Ou alors les spécialistes royaux de l’Environnement, n’estiment-ils pas nécessaire de conseiller au roi de donner l’exemple de la sauvegarde de nos amies les bêtes, celles menacées d’extinction en premier lieu.

    Bof !

    Quand on sait, comme nous le disions dans le précédent papier, qu’une des élégantes distractions du roi de la Terre, G.W. Bush soi-même, consistait à faire des concours de pets avec son conseiller, roi des va-t’en-guerre Karl Rove, l’on comprend très bien qu’en fin de compte et contrairement à ce que d’aucuns veulent nous faire croire, eh bien c’est que ces gens-là, ces élites, ces grands de ce monde, voyez-vous, ce sont des gens comme nous tous.

    La paye en moins évidemment.

    Mais à responsabilités écrasantes, manières de se détendre hors du commun non ?

    Il faut y mettre les moyens.

    Et puis dites, comment le petit peuple se détend-t-il, je vous le demande ?

    L’île de la tentation, où l’on organise des concours, primés en plus, d’infidélité conjugale.

    Des concours de stupidité où les meilleurs sont ceux qui tirent leur épingle du jeu en annonçant fièrement que 4 et 4 font huit.

    Les mauvais étant ceux qui n’ont pas encore compris que un et un ne font pas trois

    On passe sur les films et spectacles divers qui tournent exclusivement autour de la violence, de l’argent, du mensonge, du vol, de la guerre, du sexe et de la corruption, et qui, aux dires de tous nos patrons de medias, n’ont absolument aucune action néfaste, aucune influence, sur l’intellect des humains en général et des jeunes en particulier Et rares sont les purs chefs d'oeuvre ornés du petit cercle -10 ou -12, censés protéger nos chères têtes blondes et brunes, puisqu'à partir de 10 ans et un mois ou de 12 ans et 15 jours, la morale est sauve.

    Tout ça c’est de la bonne et saine détente. Qui contribue, tout aussi sainement à la croissance et à une si belle santé de notre PNB.

    Nous n'aurions garde d'oubler dans cet éventail de moyens de détendre le petit peuple ces mirifiques débats d'idées entre hommes, ou femmes, politiques où les concurrents et autres candidats nous annoncent, les yeux dans les yeux, sans nous le dire mais en nous l'affirmant, qu'ils sont tous les meilleurs et que si nous les portons au pouvoir, quelque part ils s'en moquent car c'est notre bonheur qu'ils désirent, mais qu'ils accepteront tout de même si nous insistons vraiment. Pour nous rendre heu-reux.

    Heureux enfin.

    Et pour l’éternité. Voire une éternité et demie.

    Mais que si tout explose, ce ne sera pas leur faute mais bien celle, on s’en doutait, de ceux qui les auront précédés.

    Et, au fond, probablement de notre faute à nous qui ne payons jamais assez d’impôts et passons notre temps à fainéanter avec des SMIC royaux, comme dit madame Florence Parisot.

    Allez, de toutes manières, la vieille Europe n’est qu’un ramassis de bons à rien, de feignants qui vont voir ce que le travail à l’américaine veut dire.

    Le darwinisme économique, il n’y a que ça de vrai.

    Les plus forts mangent les plus faibles.

    On comprend d’ailleurs qu’en se goinfrant de toute cette mauvaise boustifaille que sont les plus faibles, les riches ont bien besoin de se détendre de si plaisante manière.

    Juste pour digérer.

    Nous digérer.

    Et comme cela signifie qu’ils ont la digestion difficile, leurs manières de se détendre doivent être obligatoirement plus raffinées et hors du commun que les nôtres.

    Elles le sont.

     Quel rapport entre le roi s'amuse et la mondialisation?

    Rappelez-vous le mariage du rejeton du patron de Mital: Versailles, rien de moins. Et pour la modique somme de...150 millions de francs. Le prix d'un petit hopital de province en France, ou de trois ou quatre CHU en Inde.

    Le centième du prix des sommes destinées aux smicards et autres prolos à casquette qui ont fait les frais de l'opération.

    Il faut bien que Sa Majesté le Roi s'amuse.

    Et pour que le roi s'amuse, il faut bien trouver l'argent quelque part..

    C'est fou ce qu'il peut y avoir comme rois sur cette planète, pourtant envahie par le petit peuple et cette bien peu gênante démocratie.... 

     

  • Grand Débat, ''Tous pourris'', retraites, Nobel: comme chez Guignol!

    La Semaine Bleue nous fait croire que désormais, et toutes affaires cessantes, ‘’on’’ va (merci à ‘’on’’) s’occuper des retraités. Ce qui veut nécessairement dire que Monsieur On, va te leur augmenter fissa et maousse leurs revenus, quitte à leur en ponctionner un peu plus, vu que passé un certain âge, on se retrouve souvent tout seul, donc une bien meilleure proie fiscale.

    Juste une remarque : cela fait des lustres que les somptuaires émoluments des retraités ne font que baisser.

    Alors que ceux des actifs augmentent, mécaniquement du fait des augmentations et des avancements demandés et relativement concédés au travail, toutes choses désormais impossibles aux has been.

    On ne peut pas donc croire tout à fait à cet accès de générosité de la part d’un pouvoir, de tous les pouvoirs, qui, comme le disait Aristote, ‘’détruit son avenir puisqu’il nie son passé.’’

    On ne croit pas non plus aux résultats attendus de la manif.

    Comme toutes les manifs, elle cessera une fois les banderoles repliées.

    Et les promesses déclamées.

    Comme chez Guignol.

    Pour ne pas être tenues.

    D’ailleurs…

    MUTUELLES ET ESCROCS

    A ce propos, les retraités se rendent de plus en plus compte que les organismes de sécurité complémentaire, auxquels nombre adhèrent, reposent sur une véritable escroquerie morale, voire financière.

    En effet, elles se nomment mutuelles, soulignant que l’effort de tous, et en particulier de ceux que la vie a encore épargné, doit bénéficier à ceux que l’âge et la maladie démolissent.

    En clair, les mutualistes en bonne santé doivent payer pour ceux qui  souffrent ou/et déclinent.

    Escroquerie n’est pas un vain mot. En réalité, plus vous vieillissez, plus vous payez.

    Résultat, la ‘’mutuelle’’ gagne sur les deux tableaux : d’abord, avec les jeunes, moins souvent malades, donc moins souvent remboursés, ensuite, sur le dos des ‘’vieux’’ qui, tant pis pour eux, doivent payer plus puisqu’ils sont des mutualistes…à risques.

    Joli coup non ?

    Et ce avec la couverture morale adéquate : le terme de Mutuelle suffit à rassurer les clients.

    CHARMANT DEBAT

    Au fait, quid du Grand Débat sur la LCP de nos trois prétendants qui affirmaient convaincre leurs millions de clients, électoraux ceux-là?

    Pas mal, pas mal.

    Effectivement, le décor du plateau était très correct. Un peu pâlichon mais sobre et strict, comme le veut un débat dont dépend l’avenir de 65 millions de Français.

    Débat de fond donc.

    Mais un peu guignol aussi.

    D’abord à cause des questions qui n’ont pas été posées à nos trois concurrents.

    Du genre : ‘’Si vous êtes élu(e), prendrez vous les deux autres dans votre gouvernement?’’.

    Ou alors : « Si vous le ou les prenez, les dirigerez-vous à la manière du président actuel qui a dit lors de l’avant-dernier 14 juillet :’’J’ordonne, il exécute’’. » ?

    Ce qui serait, d’ailleurs, une façon pas très adroite, de s’afficher…plutôt à droite non ?

    Ce qu’un président de gauche ne saurait faire, évidemment.

    Et puis, aucune question, aucune remarque à Ségolène à propos de son art et de sa manière de jouer de sa féminité.

    Pour charmante il est vrai qu’elle soit, ne se révèle-t-elle pas plutôt théâtrale ?

    En effet, lorsqu’on a demandé aux candidats de dire ce qui les différenciait les uns des autres, Madame Ségolène, très royale, n’a pas dit, elle, vouloir insister sur celle que la Nature lui a généreusement octroyée.

    Avec en plus, un joli sourire qui était une preuve assez évidente que si les sondages lui sont favorables, elle le doit, quelque part, à son charme glamour non ? Sans vouloir le dire mais en le montrant tout de même…

    Ce qui signifie, donc, qu’il ne resterait plus à Dominique et à Laurent qu’à enfiler des bas résille et des perruques idoines pour faire remonter leur cote ?

    Allez… !

    A la trappe les deux autres…

    Question, non posée : la démocratie des sondages et de l’image people est-elle soluble dans un socialisme de gauche ?

    L’admiration de Ségolène pour Tony, -même si le très efficace (pour la Bourse) premier anglais, a été prié de vider les lieux-, en dit long sur le gauchisme ou la gaucherie, volontaire ou affichée, du socialisme qu’elle désire pratiquer.

    Toutes ces questions n’ont pas été posées par les journalistes (sic) de La Chaîne Parlementaire qui officiaient. L’un, avec prudence : doucement les basses, on ne sait jamais ce que la présidentielle et les vidages éventuels nous réservent.

    L’autre, avec un charmant sourire aussi mécanique qu’ironique qu’elle n’utiliserait probablement pas avec des candidats de droite, vu les préférences affichées de son patron, monsieur Elkabbach depuis l’obtention de sa carte professionnelle, il y a 35 ans.

    Imprudente va…

    Dernière question, pas posée non plus : peut-on vivre avec un SMIC ? Même à 1500 euros ?

    Compte tenu du fait que les salaires et autres émoluments de nos candidats ne leur permettent guère d’imaginer ce que signifie cette importune incongruité…

    Compte tenu aussi que les 4 à 5.000 euros que perçoivent mensuellement les intervieweurs, ne leur permettent pas davantage de s’inquiéter de la question…

    Donc, on ne voit pas non plus l’opportunité de poser une question manifestement hors de propos, même si elle intéresse bougrement 2,5 millions de Français.

    TOUS POURRIS ?

    Au fait, que dire à propos des responsables, directs, de cette dégringolade du pouvoir d’achat ?

    Grande, grande, super grande question : sont-ILS tous pourris ?

    Qui ça ?

    Les élus voyons !

    Les instituts de sondage se sont donc mis au boulot et là, stupeur, (seulement affichée il est vrai), 60% de Français estiment que leurs représentants sont tous corrompus ou quasiment, toutes couleurs confondues d’ailleurs.

    Dessous de table. Complaisance pour les inéligibles. Indulgence de certains juges. Cécité sélective de certains policiers.

    Mais que fait la police ? Et la justice donc ?

    Nuance, d’importance : un  sondeur en chef est venu dire dans le poste qu’en fait, les 60% en question, et les 40% des autres on le pense, estiment que cette corruption est acceptable dans la mesure où…elle leur est bénéfique.

    Du genre : une bonne place par-ci, un petit boulot par là, une intervention opportune en haut lieu, un coup de main côté impôts, bref, tout cela révèle que la France, en fait, est une république bananière ou à peu près, puisqu’elle fonctionne au clientélisme. Et surtout au niveau local.

    A part pour les laissés pour compte, il est vrai.

    Ceux qui ont encore la stupidité d’avoir des principes, de ne pas ‘’manger de ce pain-là’’, d’être stupidement honnêtes, ou de ne pas pouvoir bénéficier de ce genre de services.

    Par exemple, en n’ayant rien à offrir, alors que les obligatoires renvois d’ascenseur sont un des fondements du système.

    Impossible de bénéficier de quoi que ce soit si l’on n’aime pas coller des affiches, si l’on ne fait pas la pub du bienfaiteur sur le zinc ou dans son quartier, et si, bien sûr, l’on n’a pas la surface nécessaire pour financer une partie de campagne électorale…

    Moralité, là il y en a une : si les élus sont pourris, c’est bien parce que les électeurs le sont aussi.

    Belle trouvaille en vérité.

    Et dont la justesse nous paraît d’une fort efficace inutilité.

    D’ici à ce que les Français adoptent une haute moralité…

    Donc que leurs élus…

    C.Q.F.D

    GUERRE ET (NOBEL DE LA) PETS

    Bonne nouvelle par contre, le prix Nobel de la Paix a été attribué à un auteur Turc qui a eu l’insolence, disent son gouvernement et sa vox populi, de stigmatiser le refus de reconnaissance du génocide arménien.

    Comme si 1,5 de massacrés ne pouvaient pas, encore, représenter un vrai de vrai génocide…

    A croire qu’il faudrait probablement en rajouter un million de plus pour que la Turquie accepte de reconnaître enfin…

    Il est bon que ce prix Nobel aille, quelquefois et côté Paix on le précise, à de bien méritantes personnes.

    Sauf lorsque Yasser Arafat l’a obtenu, alors que malgré les mérites qu’il a pu avoir ensuite de vouloir la faire la paix, il a bien commencé sa carrière en massacrant les Juifs à force d’attentats sanglants.

    Pour un prix Nobel de la Paix, il y avait tout de même mieux à trouver.

    Et puis, pour l’attribution de ce prix Nobel là, avait été invitée, comme éminente personnalité destinée à donner plus de lustre à la cérémonie, mademoiselle, ou madame on ne sait pas, Sharon Stone soi-même…

    Vous savez l’accorte personne qui figurait en bonne place dans un film ou une créature terrifiante, genre amante religieuse, assassinait son crétin de partenaire à coups de pic à glace.

    Edifiant non pour présider un Nobel de la Paix ?

    Et puis, encore, il faut rappeler que ce bon monsieur Alfred Nobel n’a jamais vouloir instituer un prix Nobel de mathématique vu qu’il avait été trompé par sa femme avec un…prof de maths.

    On comprend, ô combien, le mari trompé et on l’approuve quelque part mais pour un promoteur de la Paix, pas des ménages mais mondiale, il avait la rancune tenace.  Et tous les profs de maths ne sont pas des saligauds.

    Enfin, ce bon Alfred, ne l’oublions pas, a fait sa fortune en inventant la dynamite et autres percutants explosifs qui, s’ils ont été utiles dans le bâtiments et les travaux publics, ont surtout servi à toutes les armées du monde et à tous les propriétaires d’armes à feu, pour trucider et massacrer plus efficacement.

    Enfin, les fortunes ainsi amassées, ont été investies dans des sociétés qui, suivant les sacro saints principes de l’ultra libéralisme échevelé, ont fait des petits sur le dos de tous les miséreux du monde.

    En vertu du principe des vases communicants qui nous rappelle que pour qu’il y ait un petit nombre de super riches, il faut bien qu’un grand nombre de pauvres travaillent pour eux.

    Tiens, au fait, en matière de paix, le ‘’Canard enchaîné’’ de cette semaine, à qui nous empruntons sans vergogne l’intertitre plus haut, nous apprend qu’un champion de la guerre et de la paix, a été vilainement dénoncé par Bob Woodward (1) dans son dernier livre sur le président Bush.

    Et qu’a-t-il dit ce journaliste?

    Eh bien que Georges W. Bush a été surpris avec Karl Rove, son conseiller encore plus va-t-en guerre que lui, dans le bureau ovale, en train de se livrer très finement à un concours de pets.

    D’où l’on voit donc bien que guerre et pets peuvent fort bien gaiement aller ensemble.

    Chez Guignol, on  ne fait pas mieux.

    Bon, le minable jeu de mots nous l’empruntons au ‘’Canard’’, mais on goûtera sûrement très fort le sérieux des amusements du maître du monde.

    On espère seulement que les effluves ainsi exprimés, ne pollueront pas toutes ces grandes choses exprimées par une bouche dont le propriétaire veut nous convaincre qu’il s’agit là de paroles d’évangile.

     

    (1) Un des deux journalistes dont l’enquête sur le Watergate avait fini par faire démissionner le président Nixon.

  • POLITKOVSKAIA: à qui profite le crime?

    Il n’y a de bons journalistes que les journalistes courageux.

    Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (1) qui savait ce qu’il pouvait en coûter de dire la vérité qui dérange.

    Pour l’avoir fait, Anna Politkovskaia en est morte.

    Tout le monde en a parlé…à notre tour de le faire.

    Pour, évidemment, dire ce que les autres n’ont pas dit.

    Car, à propos de cette histoire, tous les medias, et c’est bien normal par les temps qui courent, ont entonné le discours convenu sur le mode :’’L’indépendance de la presse, le recul vers la barbarie, le kagébéisme de retour…’’. Avec les trémolos de rigueur dans la voix.

    Mais mezzo voce. Pas de grève, pas d’appel solennel et massif de toutes les rédactions à nos élus, lesquels observent un silence poli, assorti de commentaires convenus et convenables.

    Pas question de plaisanter avec les choses sérieuses…Comme l’Algérie, la Russie nous ravitaille en gaz…

    Bref.

    Il y a, bien sûr, un peu de tout cela dans nos commentaires à nous mais tout de même un peu plus encore, que vous ne trouverez pas dans les autres gazettes on vous l’assure.

     

    Pour commencer, comme le disent les policiers, à qui profite le crime ? Qui avait des raisons, à défaut d’avoir raison, de la tuer ?

    Comme elle se préparait à expédier son papier sur la Tchétchénie et la politique violemment répressive de Vladimir Poutine soi-même, et de faire entendre la voix des massacrés dans l’épais silence des belles consciences européennes, il est évident que le Kremlin et tout le pouvoir qui va avec, en avaient, à la fois, plutôt marre de les entendre et besoin de les faire taire.

    Celle-ci tout particulièrement.

    UN BON JOURNALISTE EST UN JOURNALISTE MORT

    La Russie d’aujourd’hui nous rappelle la France de Beaumarchais qui, sur la liberté d’informer disait à peu de choses près : ‘’Vous pouvez parler de tout sauf de religion, de politique, des abus de pouvoir, des fermiers généraux, de la noblesse, de la pauvreté et de la justice.’’.

    C’est fou comme la Russie d’aujourd’hui ressemble à la France du XVII°/ XVIII° siècle. Comme, aussi, elle fait penser, et plus que penser, à l’URSS d’avant-hier.

    Une différence, notable : alors qu’aujourd’hui les journalistes russes risquent leur vie sur un simple froncement de sourcil d’un politique ou/et d’un profiteur du régime, les plumitifs sous Krouchtchev ou Brejnev ne risquaient, au mieux, que l’envoi dans un placard, pas même doré, au fin fond de la Sibérie à compter les convois de corbeaux ravitailleurs, et au pire l’attribution d’un aller simple vers un camp de travail ou un asile psychiatrique.

    Aujourd’hui, l’ultra rapide efficacité néolibérale anglo-saxonne, traduite en russe, est passée par là : un bon journaliste ne peut être qu’un journaliste mort.

    De toutes manières, commenter la réalité autrement que selon la volonté du maître du Kremlin est une aberration de journaliste.

    La réalité est ce que le pouvoir décide qu’elle soit. Point.

    PAYS EN TROMPE L’OEIL…

    Depuis la Grande Catherine on mesure l’évolution. Souvenez-vous de cette bonne impératrice qui, entre deux, trois ou quatre vacances frénétiquement amoureuses, ne visitait son petit peuple qu’en traversant des villages flambant neufs, proprets, respirant la santé et la prospérité, mais construits à l’avance de toutes pièces en prévision de son passage. Un pays de décors. Entièrement en trompe-l’œil.

    Et c’est ainsi que la Russie était heureuse puisque l’impératrice l’avait vue telle de ses propres yeux.

    De la Grande Catherine à Vladimir Poutine, la Russie n’a pas avancé d’un pouce. Du moins pour ce qui est de l’expression de la vérité, de la liberté d’expression, de la démocratie ou de ce qui devrait y ressembler, bref, de la civilisation ou de ce qu’elle devrait être, vu que désormais, elle a suffisamment de sous pour faire face aux dépenses de liberté retrouvée.

    Drôle de rémanence, de permanence, tout de même depuis Nicolas II, que dis-je, depuis Pierre le Grand voire Ivan le Terrible ou Attila lui-même.

    Sauf que le changement, rappelons-le, devient aujourd’hui de plus en plus sanglant. Salement inquiétant de la part d’un pays qui prétend à la civilisation, et dont les dirigeants se fâchent tout rouge lorsqu’on qualifie leurs manières de barbares.

    Par ailleurs, nous savions à l’avance ce qu’allaient être la, les réponses du nouveau tsar de toutes les Russies aux questionnements, surtout étrangers. Ceux d’Angéla Merkel par exemple.

    Les réponses correspondaient bien à nos attentes :’’Laissons l’enquête se faire et la justice suivre son cours car nous tenons à l’indépendance des pouvoirs.’’ Ou encore, ‘’De nombreuses pistes sont à envisager car cette dame avait beaucoup d’ennemis.’’.

    Il y en a un tas d’autres qu’on peut vous servir à la demande.

    Mais deux d’entre elles nous ont surpris : ‘’Les articles de cette dame n’avaient que très peu d’influence et ne gênaient même pas notre politique.’’

    Enfin, la Vérité sort de la Voix de son maître !

    ROUPIE DE SANSONNET ET PIPI DE CHAT !

    Effectivement, les articles de la journaliste ne gênaient en rien le Kremlin qui continuait, contre vents et marées, à massacrer ou à couvrir les massacres de son gauleiter sur place. Les articles de la Politkovskaia ? Bof ! Roupie de sansonnet pour le Kremlin. Pipi de chat  quoi!

    L’ennui c’est que par ce demi aveu, Vladimir Poutine sous-entend que comme les articles ne le gênaient en rien, -sauf qu’il les lisait pour en connaître si bien le contenu-, ce ne peut absolument pas être lui le haut commanditaire responsable du meurtre.

    Circulez, il n’y a plus rien à voir !

    Comme disait l’autre, les choses que l’on ne fait pas en disent bien plus sur nous que les choses que l’on fait.

    Et, durant deux grands jours, monsieur Poutine n’a pas pipé mot alors que, pour un excellent démocrate qu’il prétend être, on se serait attendu à une réaction aussi immédiate, indignée et tonitruante du Grand Tsar.

    Du genre ‘’Scandale ! Une honte, Lâche assassinat ! Intolérable atteinte à la liberté d’expression !’’

    Au lieu de cela : silence sur les ondes…

    Dommage : il a manqué une bonne occasion de se refaire une virginité internationale. Mais on ne peut pas penser à tout…

    A quel usage ces deux jours silencieux ?

    A concocter les réponses à faire au questionnement international ?

    A aiguiller les curieux vers une culpabilité obscure et multiple, crapuleuse pourquoi pas, voire mettant, peut-être, en cause, -en voilà une idée qu’elle est bonne -l’intégrité de la morte ?

    Ou à dégoter quelque part un ou des possible coupables bien minables, bien commodes et bien gênants, qui feront bien l’affaire pour mettre un terme à toutes les investigations… ?

    Qui n’ont guère de chances d’aller à leur terme. En tous cas en satisfaisant la raison et la Vérité toute nue.

    MAITRE DU MONDE

    Voilà ! La Russie, aujourd’hui, est encore plus intouchable que l’URSS d’hier.

    Vladimir Poutine est le maître du monde.

    Il n’a pas encore rattrapé le Japon et les Etats-Unis et n’est pas encore rattrapé par la Chine. Mais patience…

    Pour le moment, il peut faire chanter à la planète entière, le grand air des esclaves pour peu qu’elle sache donner la papatte et se taire pour avoir du gaz ou du pétrole.

    Il le sait, tout le monde le sait.

    Il dicte sa volonté à la Terre entière. USA compris.

    Il a en main les vrais atouts maîtres : l’énergie, les matières premières…et encore un potentiel nucléaire et militaire qui donne à réfléchir, sans oublier un pouvoir fermement tenu dans une seule main. Une main de maître.

    Et ce n’est pas la microscopique mort d’une journaliste encore plus microscopique, même si la voix dérangeait, qui va l’empêcher d’imposer ses quatre volontés au monde entier.

    Alors ?

    Eh bien l’hégémonie brutale, la terreur stalinienne est de retour. Habillée en démocratie…enfin c’est comme cela qu’on appelle le régime moscovite.

    Parce que 150 journalistes déjà descendus par les forces du nouvel ordre local, cela ne signe pas tellement un régime réellement démocratique.

    La manière forte, il n’y a que ça de vrai. La preuve : les Russes l’ont acceptée durant plus de 70 ans, et la chute du Mur n’a été que le résultat de la faillite économique de l’URSS et pas d’un soulèvement populaire.

    De quoi redonner espoir et du tonus à tous les staliniens de notre pays qui n’en pouvaient plus de larmoyer sur la sacro sainte disparition de leur idole bien aimée.

    PAS DE ça CHEZ NOUS

    Cela dit, qui y a-t-il d’original dans notre façon d’appréhender cette histoire ?

    Eh bien la certitude que ce qui est arrivé à notre consoeur ne risque guère de survenir dans notre beau pays. Et c‘est un peu triste. Non que nous aspirions à voir ‘’nos’’ journalistes occis par ceux que leurs écrits dérangeraient. Mais nos inoxydables guides médiatiques, eux, ne dérangent plus personne. Si ce n’est ceux qui ne peuvent pas constituer de danger. Braves les journaleux mais pas téméraires…Forts avec les faibles et faibles avec les forts.

    Et puis, nous n’alimentons plus de guerre impopulaire et nos mirlitaires à nous ne font plus que dans des opérations de pacification. Surtout pas dans le genre pacification de la Tchétchénie.

    ‘‘Nos’’ journalistes ne risquent pas grand-chose à traiter les scandales politiques et politico financiers. Déjà parce qu’ils ne les traitent jamais à fond, et que nos élites à nous sont intouchables puisque toujours blanches comme neige.

    Et puis parce que dès que ‘’ça sent mauvais’’, mieux vaut se détourner du danger.

    Chez nous, on ne flingue pas, du moins pas ostensiblement. Enfin pas souvent en tous cas.

    On se contente de faire d’amicales pression, qui montent en gamme selon la résistance ou l’honnêteté du journaliste : primes qui sautent, avancement compromis, voire déplacements dans un autre centre, quand ce n’est pas un mauvais et rapide procès avec licenciement à la clef. Licenciement généralement confortable…

    Mais l’on va rarement jusque là. L’auto-censure est devenu un principe de survie dans la profession. Difficile, aujourd’hui, de trouver un journaliste qui risquerait sa place pour le droit de dire la Vérité. Et évidemment pas sa vie…

    J’ai connu ça…

    LES PLUS HONNETES

    Et puis, il est malséant, dans notre beau pays de France, d’aller titiller l’honneur de nos élus qui, s’ils ont été élus justement, étaient, de ce fait reconnus comme étant les plus honnêtes, donc des hommes dont l’honneur ne saurait en aucun cas être seulement mis en doute. Ils sont les meilleurs, bref, les plus dignes de représenter le peuple.

    Tiens, un exemple : l’ex-maire de Bordeaux a été réélu. Certes, il a été condamné à une peine infamante, en tous cas pour un élu, pour qui, se servir dans la caisse des impôts publics, pour son propre usage politique devrait être, tout de même, quelque chose de vraiment honteux.

    Néanmoins, cela ne l’empêche pas, toute honte effacée par le temps passé à souffrir dans le silence glacé des blancheurs canadiennes, de revenir aux commandes.

    En toute démocratie.

    Donc, d’avoir droit aux félicitations les plus chaudes de tous les journalistes (sic) à qui il ne viendrait jamais à l’idée de dire que, quelque part, c’est tout de même un peu gênant pour la morale ne pensez-vous pas chers lecteurs ?

    Quant aux électeurs eux, invoquer cette morale-là ne saurait être que ringard, passéiste, donc, argument sans valeur. Le relativisme moral est contagieux…

    Notons au passager que le nouveau maire a clamé bien haut que le scrutin et l’élection étaient une victoire de la démocratie.

    Alors que…euh…user du terme démocratie, nous ça nous fait un peu drôle…

    En effet, 58% de votes favorables sur 40% d’exprimés, ne représentent, en définitive, que 23% du corps électoral de tous les Bordelais.

    Ce qui signifie que si 23 habitants sur cent voulaient du nouveau maire, 77 n’en veulent pas.

    Même si le scrutin est ainsi fait, et même si les abstentionnistes n’avaient qu’à se déplacer et les opposants se rassembler, cela donne, tout de même, une bien curieuse démocratie.

    Heureux pays donc pour les journalistes que le nôtre.

    Auréolés de la ‘’gloire’’, bien haut (auto) proclamée des envoyés spéciaux dans les pays en guerre ou à risques et dans lesquels ils n’ont jamais mis les pieds (2), les présentateurs des JT, éditorialistes et autres grands (quelle hauteur ?) journalistes, ne risquent plus guère, en fait de fusillade, que des désaveux de leur rédac-chef ou directeur de rédaction, émanations directes des pouvoirs politiques et financiers.

    Lesquels ont pour ligne de conduite : ‘’La meilleure pêche se fait par beau temps.’’

    Donc, pas de vagues et l’argent de la pub sera bien gardé.

    Le fric d’abord, le reste n’est que divagations de fumeux moralistes et états d’âme de névrosés du bocal.

    Même discours, au fond, que celui du pouvoir russe, à ceci près que là-bas, l’omnipuissance d’argent et d’armes automatiques, comme l’était celle du KGB, est toujours présente et se manifeste avec une férocité tranquille qui s’adresse aux gêneurs mais aussi à tous ceux qui pensaient qu’était venu le temps de la démocratie et à qui l’exemple est aussi destiné. A toutes fins utiles…et à bon entendeur…

    Les journalistes russes vont-ils partir en guerre ?

    Mais d’abord, seront-ils seulement suivis par leurs lecteurs, tristement absents aux obsèques de la malheureuse ?

    La démocratie succédant à la dictature bolchevique ? Un vieux rêve toujours remis aux lendemains qui déchantent de plus en plus.

    C’était oublier un peu trop vite l’éternelle et sacro sainte Russie pétrie d’autoritarisme, d’inégalité criante de classes et de religiosité complice…

    C’était compter sans le couple infernal du pouvoir et de l’argent.

    Quel Soljenitsyne se lèvera-t-il pour dénoncer le pourrissement et les iniquités de ce nouveau goulag ?

     

    (1) Dans le Mariage de Figaro.

    (2) Il est plus glorieux -et facile- de faire pleurer Margot et frissonner le bourgeois au 19-20 avec des images irakiennes, qu’à l’aide de reportages sur la dure vie des SMICARDS et leurs moyens (inefficaces) pour boucler leurs fins de mois.

     

  • POLITKOVSKAIA: à qui profite le crime?

    Il n’y a de bons journalistes que les journalistes courageux.

    Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (1) qui savait ce qu’il pouvait en coûter de dire la vérité qui dérange.

    Pour l’avoir fait, Anna Politkovskaia en est morte.

    Tout le monde en a parlé…à notre tour donc...

    Pour, évidemment, dire ce que les autres n’ont pas dit.

    Car, à propos de cette histoire, tous les medias, et c’est bien normal par les temps qui courent, ont entonné le discours convenu sur le mode :’’L’indépendance de la presse, le recul vers la barbarie, le kagébéisme de retour…’’. Avec les trémolos de rigueur dans la voix.

    Mais mezzo voce. Pas de grève, pas d’appel solennel et massif de toutes les rédactions à nos élus, lesquels observent un silence poli, assorti de commentaires convenus et convenables.

    Pas question de plaisanter avec les choses sérieuses…Comme l’Algérie, la Russie nous ravitaille en gaz…

    Bref.

    Il y a, bien sûr, un peu de tout cela dans nos commentaires à nous mais tout de même un peu plus encore, que vous ne trouverez pas dans les autres gazettes on vous l’assure.

     

    Pour commencer, comme le disent les policiers, à qui profite le crime ? Qui avait des raisons, à défaut d’avoir raison, de la tuer ?

    Comme elle se préparait à expédier son papier sur la Tchétchénie et la politique violemment répressive de Vladimir Poutine soi-même, et de faire entendre la voix des massacrés dans l’épais silence des belles consciences européennes, il est évident que le Kremlin et tout le pouvoir qui va avec, en avaient, à la fois, plutôt marre de les entendre et besoin de les faire taire.

    Celle-ci tout particulièrement.

    UN BON JOURNALISTE EST UN JOURNALISTE MORT

    La Russie d’aujourd’hui nous rappelle la France de Beaumarchais qui, sur la liberté d’informer disait à peu de choses près : ‘’Vous pouvez parler de tout sauf de religion, de politique, des abus de pouvoir, des fermiers généraux, de la noblesse, de la pauvreté et de la justice.’’.

    C’est fou comme la Russie d’aujourd’hui ressemble à la France du XVII°/ XVIII° siècle. Comme, aussi, elle fait penser, et plus que penser, à l’URSS d’avant-hier.

    Une différence, notable : alors qu’aujourd’hui les journalistes russes risquent leur vie sur un simple froncement de sourcil d’un politique ou/et d’un profiteur du régime, les plumitifs sous Krouchtchev ou Brejnev ne risquaient, au mieux, que l’envoi dans un placard, pas même doré, au fin fond de la Sibérie à compter les convois de corbeaux ravitailleurs, et au pire l’attribution d’un aller simple vers un camp de travail ou un asile psychiatrique.

    Aujourd’hui, l’ultra rapide efficacité néolibérale anglo-saxonne, traduite en russe, est passée par là : un bon journaliste ne peut être qu’un journaliste mort.

    De toutes manières, commenter la réalité autrement que selon la volonté du maître du Kremlin est une aberration de journaliste.

    La réalité est ce que le pouvoir décide qu’elle soit. Point.

    PAYS EN TROMPE L’OEIL…

    Depuis la Grande Catherine on mesure l’évolution. Souvenez-vous de cette bonne impératrice qui, entre deux, trois ou quatre vacances frénétiquement amoureuses, ne visitait son petit peuple qu’en traversant des villages flambant neufs, proprets, respirant la santé et la prospérité, mais construits à l’avance de toutes pièces en prévision de son passage. Un pays de décors. Entièrement en trompe-l’œil.

    Et c’est ainsi que la Russie était heureuse puisque l’impératrice l’avait vue telle de ses propres yeux.

    De la Grande Catherine à Vladimir Poutine, la Russie n’a pas avancé d’un pouce. Du moins pour ce qui est de l’expression de la vérité, de la liberté d’expression, de la démocratie ou de ce qui devrait y ressembler, bref, de la civilisation ou de ce qu’elle devrait être, vu que désormais, elle a suffisamment de sous pour faire face aux dépenses de liberté retrouvée.

    Drôle de rémanence, de permanence, tout de même depuis Nicolas II, que dis-je, depuis Pierre le Grand voire Ivan le Terrible ou Attila lui-même.

    Sauf que le changement, rappelons-le, devient aujourd’hui de plus en plus sanglant. Salement inquiétant de la part d’un pays qui prétend à la civilisation, et dont les dirigeants se fâchent tout rouge lorsqu’on qualifie leurs manières de barbares.

    Par ailleurs, nous savions à l’avance ce qu’allaient être la, les réponses du nouveau tsar de toutes les Russies aux questionnements, surtout étrangers. Ceux d’Angéla Merkel par exemple.

    Les réponses correspondaient bien à nos attentes :’’Laissons l’enquête se faire et la justice suivre son cours car nous tenons à l’indépendance des pouvoirs.’’ Ou encore, ‘’De nombreuses pistes sont à envisager car cette dame avait beaucoup d’ennemis.’’.

    Il y en a un tas d’autres qu’on peut vous servir à la demande.

    Mais deux d’entre elles nous ont surpris : ‘’Les articles de cette dame n’avaient que très peu d’influence et ne gênaient même pas notre politique.’’

    Enfin, la Vérité sort de la Voix de son maître !

    ROUPIE DE SANSONNET ET PIPI DE CHAT !

    Effectivement, les articles de la journaliste ne gênaient en rien le Kremlin qui continuait, contre vents et marées, à massacrer ou à couvrir les massacres de son gauleiter sur place. Les articles de la Politkovskaia ? Bof ! Roupie de sansonnet pour le Kremlin. Pipi de chat  quoi!

    L’ennui c’est que par ce demi aveu, Vladimir Poutine sous-entend que comme les articles ne le gênaient en rien, -sauf qu’il les lisait pour en connaître si bien le contenu-, ce ne peut absolument pas être lui le haut commanditaire responsable du meurtre.

    Circulez, il n’y a plus rien à voir !

    Comme disait l’autre, les choses que l’on ne fait pas en disent bien plus sur nous que les choses que l’on fait.

    Et, durant deux grands jours, monsieur Poutine n’a pas pipé mot alors que, pour un excellent démocrate qu’il prétend être, on se serait attendu à une réaction aussi immédiate, indignée et tonitruante du Grand Tsar.

    Du genre ‘’Scandale ! Une honte, Lâche assassinat ! Intolérable atteinte à la liberté d’expression !’’

    Au lieu de cela : silence sur les ondes…

    Dommage : il a manqué une bonne occasion de se refaire une virginité internationale. Mais on ne peut pas penser à tout…

    A quel usage ces deux jours silencieux ?

    A concocter les réponses à faire au questionnement international ?

    A aiguiller les curieux vers une culpabilité obscure et multiple, crapuleuse pourquoi pas, voire mettant, peut-être, en cause, -en voilà une idée qu’elle est bonne -l’intégrité de la morte ?

    Ou à dégoter quelque part un ou des possible coupables bien minables, bien commodes et bien gênants, qui feront bien l’affaire pour mettre un terme à toutes les investigations… ?

    Qui n’ont guère de chances d’aller à leur terme. En tous cas en satisfaisant la raison et la Vérité toute nue.

    MAITRE DU MONDE

    Voilà ! La Russie, aujourd’hui, est encore plus intouchable que l’URSS d’hier.

    Vladimir Poutine est le maître du monde.

    Il n’a pas encore rattrapé le Japon et les Etats-Unis et n’est pas encore rattrapé par la Chine. Mais patience…

    Pour le moment, il peut faire chanter à la planète entière, le grand air des esclaves pour peu qu’elle sache donner la papatte et se taire pour avoir du gaz ou du pétrole.

    Il le sait, tout le monde le sait.

    Il dicte sa volonté à la Terre entière. USA compris.

    Il a en main les vrais atouts maîtres : l’énergie, les matières premières…et encore un potentiel nucléaire et militaire qui donne à réfléchir, sans oublier un pouvoir fermement tenu dans une seule main. Une main de maître.

    Et ce n’est pas la microscopique mort d’une journaliste encore plus microscopique, même si la voix dérangeait, qui va l’empêcher d’imposer ses quatre volontés au monde entier.

    Alors ?

    Eh bien l’hégémonie brutale, la terreur stalinienne est de retour. Habillée en démocratie…enfin c’est comme cela qu’on appelle le régime moscovite.

    Parce que 150 journalistes déjà descendus par les forces du nouvel ordre local, cela ne signe pas tellement un régime réellement démocratique.

    La manière forte, il n’y a que ça de vrai. La preuve : les Russes l’ont acceptée durant plus de 70 ans, et la chute du Mur n’a été que le résultat de la faillite économique de l’URSS et pas d’un soulèvement populaire.

    De quoi redonner espoir et du tonus à tous les staliniens de notre pays qui n’en pouvaient plus de larmoyer sur la sacro sainte disparition de leur idole bien aimée.

    PAS DE ça CHEZ NOUS

    Cela dit, qui y a-t-il d’original dans notre façon d’appréhender cette histoire ?

    Eh bien la certitude que ce qui est arrivé à notre consoeur ne risque guère de survenir dans notre beau pays. Et c‘est un peu triste. Non que nous aspirions à voir ‘’nos’’ journalistes occis par ceux que leurs écrits dérangeraient. Mais nos inoxydables guides médiatiques, eux, ne dérangent plus personne. Si ce n’est ceux qui ne peuvent pas constituer de danger. Braves les journaleux mais pas téméraires…Forts avec les faibles et faibles avec les forts.

    Et puis, nous n’alimentons plus de guerre impopulaire et nos mirlitaires à nous ne font plus que dans des opérations de pacification. Surtout pas dans le genre pacification de la Tchétchénie.

    ‘‘Nos’’ journalistes ne risquent pas grand-chose à traiter les scandales politiques et politico financiers. Déjà parce qu’ils ne les traitent jamais à fond, et que nos élites à nous sont intouchables puisque toujours blanches comme neige.

    Et puis parce que dès que ‘’ça sent mauvais’’, mieux vaut se détourner du danger.

    Chez nous, on ne flingue pas, du moins pas ostensiblement. Enfin pas souvent en tous cas.

    On se contente de faire d’amicales pression, qui montent en gamme selon la résistance ou l’honnêteté du journaliste : primes qui sautent, avancement compromis, voire déplacements dans un autre centre, quand ce n’est pas un mauvais et rapide procès avec licenciement à la clef. Licenciement généralement confortable…

    Mais l’on va rarement jusque là. L’auto-censure est devenu un principe de survie dans la profession. Difficile, aujourd’hui, de trouver un journaliste qui risquerait sa place pour le droit de dire la Vérité. Et évidemment pas sa vie…

    J’ai connu ça…

    LES PLUS HONNETES

    Et puis, il est malséant, dans notre beau pays de France, d’aller titiller l’honneur de nos élus qui, s’ils ont été élus justement, étaient, de ce fait reconnus comme étant les plus honnêtes, donc des hommes dont l’honneur ne saurait en aucun cas être seulement mis en doute. Ils sont les meilleurs, bref, les plus dignes de représenter le peuple.

    Tiens, un exemple : l’ex-maire de Bordeaux a été réélu. Certes, il a été condamné à une peine infamante, en tous cas pour un élu, pour qui, se servir dans la caisse des impôts publics, pour son propre usage politique devrait être, tout de même, quelque chose de vraiment honteux.

    Néanmoins, cela ne l’empêche pas, toute honte effacée par le temps passé à souffrir dans le silence glacé des blancheurs canadiennes, de revenir aux commandes.

    En toute démocratie.

    Donc, d’avoir droit aux félicitations les plus chaudes de tous les journalistes (sic) à qui il ne viendrait jamais à l’idée de dire que, quelque part, c’est tout de même un peu gênant pour la morale ne pensez-vous pas chers lecteurs ?

    Quant aux électeurs eux, invoquer cette morale-là ne saurait être que ringard, passéiste, donc, argument sans valeur. Le relativisme moral est contagieux…

    Notons au passager que le nouveau maire a clamé bien haut que le scrutin et l’élection étaient une victoire de la démocratie.

    Alors que…euh…user du terme démocratie, nous ça nous fait un peu drôle…

    En effet, 58% de votes favorables sur 40% d’exprimés, ne représentent, en définitive, que 23% du corps électoral de tous les Bordelais.

    Ce qui signifie que si 23 habitants sur cent voulaient du nouveau maire, 77 n’en veulent pas.

    Même si le scrutin est ainsi fait, et même si les abstentionnistes n’avaient qu’à se déplacer et les opposants se rassembler, cela donne, tout de même, une bien curieuse démocratie.

    Heureux pays donc pour les journalistes que le nôtre.

    Auréolés de la ‘’gloire’’, bien haut (auto) proclamée des envoyés spéciaux dans les pays en guerre ou à risques et dans lesquels ils n’ont jamais mis les pieds (2), les présentateurs des JT, éditorialistes et autres grands (quelle hauteur ?) journalistes, ne risquent plus guère, en fait de fusillade, que des désaveux de leur rédac-chef ou directeur de rédaction, émanations directes des pouvoirs politiques et financiers.

    Lesquels ont pour ligne de conduite : ‘’La meilleure pêche se fait par beau temps.’’

    Donc, pas de vagues et l’argent de la pub sera bien gardé.

    Le fric d’abord, le reste n’est que divagations de fumeux moralistes et états d’âme de névrosés du bocal.

    Même discours, au fond, que celui du pouvoir russe, à ceci près que là-bas, l’omnipuissance d’argent et d’armes automatiques, comme l’était celle du KGB, est toujours présente et se manifeste avec une férocité tranquille qui s’adresse aux gêneurs mais aussi à tous ceux qui pensaient qu’était venu le temps de la démocratie et à qui l’exemple est aussi destiné. A toutes fins utiles…et à bon entendeur…

    Les journalistes russes vont-ils partir en guerre ?

    Mais d’abord, seront-ils seulement suivis par leurs lecteurs, tristement absents aux obsèques de la malheureuse ?

    La démocratie succédant à la dictature bolchevique ? Un vieux rêve toujours remis aux lendemains qui déchantent de plus en plus.

    C’était oublier un peu trop vite l’éternelle et sacro sainte Russie pétrie d’autoritarisme, d’inégalité criante de classes et de religiosité complice…

    C’était compter sans le couple infernal du pouvoir et de l’argent.

    Quel Soljenitsyne se lèvera-t-il pour dénoncer le pourrissement et les iniquités de ce nouveau goulag ?

     

    (1) Dans le Mariage de Figaro.

    (2) Il est plus glorieux -et facile- de faire pleurer Margot et frissonner le bourgeois au 19-20 avec des images irakiennes, qu’à l’aide de reportages sur la dure vie des SMICARDS et leurs moyens (inefficaces) pour boucler leurs fins de mois.