15/04/2009

G20:POISSON D AVRIL! C'ETAIT LE G2 !!

Vous avez remarqué non ?

C’était bien un premier avril que le G20 a été inauguré ?

Le G 20 ?

Vous savez bien ! Ce machin hors normes, extramidable, fabulissime à partir de quoi les riches vont devenir gentils, les pauvres pris en considération et devenir, eux, moins pauvres voire, pardon pour le blasphème, un chouia plus richounet, un peu à l’aise quoi.

Pas mal non ?

Le G 20 c’est, c’était puisque c’est fini jusqu’au prochain de septembre, une rencontre de gens très sérieux, tous plutôt riches, voire richissimes, (eux ou leurs véritables patrons qui les envoient), et qui se rencontrent non pour discuter le bout de gras, mais bien décider de l’avenir de la planète avec tous ce qui vit dessus, vous et moi compris.

Alors, ils se rencontrent et, comme ladite planète, surtout ce qui vit dessus, est en faillite totale, ils se mettent d’accord pour aider les banques, les organismes de crédit, les supergros industriels, les riches donc pour faire court, à se refaire une santé vu que la perte de leurs montagnes de fric (le nôtre et pas le leur) a fondu au feu de leur dynamique activité économique ultralibérale.

Quand on dit économique, c’est d’ailleurs une manière de s’exprimer car les activités de ces experts, manipulent fort bien les nôtres, et de façon pas économique du tout puisqu’après nous avoir mis à sec, ils vont, pour se renflouer…nous mettre encore et de nouveau à sec.

 

J’en reviens donc au début : le G20 s’est donc promis de changer tout ce qui nous fait tant de mal. Entre autres choses, s’arrêter de foutre l’argent par les fenêtres…en fait, cesser de faire sortir NOTRE argent de notre fenêtre pour entrer dans la leur et, évidemment, de manière indolore car quasi invisible. Virtuelle comme on dit savamment aujourd’hui .(2)

(SE)SERVIR ?

Et puisque tout va changer, on apprend, il y a quatre jours, que pour renflouer Freddy Mac et Fanny Mae, les deux organismes qui ont fait démarrer la crise à force d’accorder des prêts à des pauvres que les courtiers qui les leur plaçaient, savaient fort bien insolvables, pour renflouer donc ces criminels financiers, le Trésor américain leur a fait cadeau, oui cadeau, de 200 milliards de dollars, sur les quelques…12 mille milliards.

Fort bien, il fallait leur éviter de se déclarer en faillite vu les conséquences qui s’en seraient suivies (3).

Petit hic, tout de même, dès l’argent versé, les grands patrons ont piqué 10% (Messieurs 10% ?), soit 20 millions de dollars et les ont partagés entre tous les hauts responsables, courtiers en chef compris, c’est-à-dire ceux-là même qui nous ont mis au fond du trou. Quand je dis nous, ce n’est pas une simple manière de dire : les impôts US sont aussi payés par ceux des contribuables du monde entier, vu que grâce ou par la faute du dollar, première monnaie mondiale transactionnelle, et de l’inflation américaine, le niveau de vie des Américains c’est nous qui le payons.

Les fameux organismes dont la mission était de servir aux citoyens désireux d’accéder à la propriété ont bien fait leur boulot. Sauf qu’au lieu de servir, ils se sont servis.

Voilà. C’était simplement pour dire que Barack Obama a beau dire aux patrons voyous ‘’Hou les vilains’’ (4), c’est quand même et quoi qu’il arrive dans le présent et le futur, que c’est bien eux et eux toujours qui commandent à la planète, fermez le ban.

ET CA CONTINUE !

La preuve, les Etats-Unis continuent donc à donner le ton.

Un numéro du Washington Post de la semaine passée, nous apprend que les maisons impayées des pauvres se chiffrent par centaines de milliers et que, une fois leurs malheureux propriétaires jetés à la rue, elles sont squattées et, petit à petit, tombent en ruines.

Comme les banques créancières sont incapables de les faire réparer, une armée de petits malins a vu le jour qui continue à proposer de ‘’superbes occasions’’ à bas prix.

Et il se trouve toujours de nouveaux gogos qui achètent sans voir…et, vu l’état des constructions, sont bien incapables de les faire réparer une fois entrés dans les lieux.

Heureusement, un tribunal US local a fait condamner les banques pour non entretien des habitations en détresse…mais les banques ont trouvé une parade : elles ne se présentent pas aux audiences…et ne sont pas condamnées car la cour d’appel des états interdit de condamner en absence pour un ‘’simple’’ délit.

Certes, il suffirait à la Cour Suprême des Etats-Unis de rendre ces jugements applicables ce qui contraindrait les banques à arrêter de creuser la faillite, mais les juges qui font la majorité à ladite cour ont été mis en place par…Georges W. Bush, celui-là même sous le règne et l’administration de qui, la si efficace et si triomphante politique de marché (5) nous a mis dans le trou (6).

Et Barak Obama n’a pas intérêt, ni peut-être envie, de se colleter avec les vrais maîtres du monde.

Et voilà !

QUI COMMANDE ICI ?

D’ailleurs, le vrai G20 s’est résumé à un…G2 !

En effet, si l’assemblée générale de toutes les nations ‘’qui comptent’’ a fini comme on s’en doutait, en queue de poisson, c’est-à-dire sur des déclarations pompeuses et des promesses étincelantes au dessert du plantureux repas de clôture, le plus clair du temps passé à des entretiens totalement secrets a été celui consacré à la rencontre de Barak Obama et de…Hu Jintao.

Dans un conflit planétaire du Bien ( ?) contre le Mal ( ?), il importe de savoir qui l’on a devant soi.

D’un côté, les USA . De l’autre, la Chine.

Aucun des deux champions ne s’y est trompé.

Qui commande le monde hein ?

Car, entre le communisme gavé de dollars et le capitalisme qui dit bien haut qu'il faudrait peut-être revenir, évidemment pas à un socialisme déclaré mais, du moins à un libéralisme un peu plus humain, il n'y a guère de différence. Dès lors, comment savoir, et qui va gagner nom de nom? Qui va gouverner le monde à la fin?

D'autant que le dollar en question commence à battre de l'aile. Les Chinois en ont tellement qu'ils les ont planqués...en valeurs américaines...mais comme les amerlos font chauffer la planche à billets et paient toutes leurs dettes en billets verts, la monnaie reine se dévalue toute seule petit à petit. Et bazarder leur stock alors que le dollar dégringole ne sourit guère aux prudents Fils du Ciel.Prudents mais, désormais, coincés. Eux aussi. Et comme, en plus, ils ont hyper exporté aux Etats-Unis en premier, et que le pouvoir d'achat US, et du monde entier, dégringole aussi, le taux de croissance chinois a pris froid.

Mais bon, vu que le fric commande encore des deux côtés, de même que partout ailleurs, le capitalisme désormais fondamentalement moral peut dormir sur ses deux oreilles...sauf à ce que les forces militaires chinboises (eh oui...)deviennent d'ici peu une menace réelle.Et l'aventure armée est toujours à portée de main des chefaillons qui n'ont d'autre argument que celui-là lorsqu'ils n'en ont plus d'autres.

En attendant ces joyeusetés d'un autre âge nous disent les civilisés, et comme le fric a fondu, eh bien il faut en faire, en refaire et en refaire.

Et pour cela, rien de tel que les banques et...les paradis fiscaux, dont le nombre n'a pas changé d'un centime.

Et même augmenté, vu les révélations désormais quotidiennes dont les gazettes font leurs choux gras en se donnant des airs de défenseurs de la veuve et de l'orphelin, c'est bon pour les ventes et l'audience.

Or donc, des paradis fiscaux, il y en a toujours autant et il a suffi de voir que les seuls à figurer sur la liste noire en ont été enlevés à partir du moment où ils ont promis juré qu’ils seraient sages…

Comme par hasard, au passage, on nous apprend donc que les super hyper paradis fiscaux ne sont pas toujours ceux que l’on pouvait croire. Il existe, par exemple, une demi douzaine d’états américains où il est possible de monter n’importe quelle société, en fait n’importe quoi où camoufler tout ce que l’on veut, sans montrer patte blanche, sans même donner une identité autre qu’une vague photocopie d’un permis de conduire périmé…

Mais ne faisons pas d’angélisme chez nous. Monaco, Le Luxembourg, les Iles sous le vent, la Grande Bretagne…font en gros, ce que font tous les pays où les banques et le marché commandent à l’économie.

Bon.

On va bosser ?

Ne serait-ce, pour parler plus proche, que pour nourrir nos fonctionnaires territoriaux surchargés de travail et au bord de la dépression, les employés de mairies, de conseils régionaux et généraux dont une récente étude vient de nous apprendre que bien plus que les fonctionnaires de niveau national, ce sont eux qui pèsent de plus en plus lourd dans les impôts locaux, lesquels, d’ailleurs, vont augmenter puisque l’Etat transfère au niveau local les charges qui étaient les siennes, sans mettre avec, les moyens que nous continuerons de payer.

Allez ! Encore une bonne nouvelle : d’ici quelque temps, les routes nationales vont, elles aussi, devenir payantes.

Tout simplement parce que l’Etat transfère donc ses obligations de service public soit au privé, soit  sur le dos des autres institutions républicaines les plus lointaines et que les départements et régions ne pourront faire face.

Et voilà.

La révolution de 89 avait rendu gratuite la circulation, auparavant payante sous les vilains mauvais et méchants rois.

La si brave, si généreuse, si égalitaire et surtout si fraternelle bien sûr, République ultralibérale, elle, fait marche arrière.

Il faut dire qu’elle avait bien commencé, et depuis pas mal de temps, en rendant le stationnement payant, lequel avait pourtant été rendu gratuit par la Révolution Française puisque stationnement et circularion ne sont qu'une seule et même chose autrefois toutes deux payantes.

On se disait aussi : il n’y a pas plus amoureux de la royauté et de ses délicieuses histoires, que les Français qui ont fait la Révolution en coupant pas mal de têtes royales et princières.

Retour à la royauté! C’est Paris-Match, Gala et Voici qui vont en gagner des lecteurs…

Aaaaaahhhhh ! Lire et rêver de si belles histoires de la vie de nos élites, de nos étoiles, de nos vedettes, de nos nouveaux aristocrates…

Et payer de plus en plus cher l’imprescriptible droit de rêver…

Ce qui nous amène, en cette fin d’article comme promis, au fameux argent virtuel.

Rappelez-vous. On nous a dit, en long en large et en travers, que l’argent disparu n’était, pour la plus grande partie, que de l’argent virtuel. Et que toute cette histoire de crise n'était donc pas si grave que celà.

Ce qui était vrai. En partie il est vrai. Tout ce qui n'a pas été matérialisé autrement qu'en chiffres, manipulations, spéculations et sur spéculations informatisées…

Sauf que, cet argent virtuel a servi à acheter et à accumuler des biens pas virtuels du tout et très réels. Biens que l’on peut voir, comptabiliser, voire geler…

Question à un euro : qui ira demander des comptes et saisir les biens réels achetés avec de l’argent virtuel, des responsables connus de tous ?

Maurice Caron

 

(1) D’accord, d’accord, le ‘’Canard ench aîné’’ en a fait aussi son titre mais on l’avait trouvé avant lui. En toute modestie.

(2)Pour l’argent virtuel d’ailleurs, on en reparle. En fin d’article.

(3) Ca, c’est ce qu’on nous a dit car côté conséquences, de toutes manières, on est largement servis…

(4).. ;et chez nous c’est tout pareil…mais dans le monde entier itou…

(5) ‘’C’est le marché qui doit diriger l‘économie’’. Cette bien jolie affirmation était, et est toujours, le maître mot de toute la politique suivie par tous les chefs d’Etat.

(6) Rassurez-vous, G.W.Bush dort tranquille dans son ranch. Certes, il (et les USA entiers) se considérait comme responsables de la prospérité de la planète. L’ennui vient du fait que, maintenant, le et les responsables de la faillite mondiale, on ne les trouve plus. A croire qu’il n’y en a pas. Aux dernières nouvelles, les conférences de Bill Clinton (Qui avait, lui aussi poussé à l’économie par le crédit et à la surchauffe de la machine) se vendent bien, 500.000 euros de l’heure. Par contre, l’on ne sait pas encore si celles de Deubeliou se vendront aussi bien.

11:50 Ecrit par Maurice CARON dans actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

14/02/2009

CRISE: ESCROQUERIE A TOUS LES ETAGES

Voilà voilà. Nos crânes d’oeuf vont nous sortir de là.
Nos rêves les plus fous vont se réaliser.
Désormais, et la crise va nous y aider, tout va aller on ne peut mieux.
Oh, bien sûr, les pauvres ne vont pas devenir riches mais, promis juré, et pas seulement par le nouveau président américain, les pauvres, eh bien, il n’y en aura plus.
Ou quasiment.
Après, certes, un dégraissage indispensable des revenus de nos smicards nantis, sans oublier ceux des classes moyennes, tellement gavées et repues qu’on se demande comment elles font pour ne plus alimenter un marché intérieur qui est en train de se racornir en creusant la vraie de vraie récession de 2009.

GROS BONNET D’ANE
Mais bon ! Passée la crise, vous allez voir ce que vous allez voir : le vilain méchant capitalisme qui nourrit les riches aux dépens des pauvres va changer. Il va devenir, promis-juré, le gentillet capitalisme qui nourrira les …riches au dépens des…pauvres.
Comment c’est tout pareil ?
Mais non Gaston.
Désormais des règles toutes différentes vont être édictées, La gentille patronne des patrons, Laurence Parisot l’a promis : si les inégalités dans l’entreprise persistent, et surtout si les grands patrons osent encore se gaver, eh bien elle les grondera très très très fort. Elle leur fera honte devant tout le monde. Voire les menacera de leur mettre un gros, mais alors très très gros bonnet d’âne.
Et leur criera bien fort : ‘’Hou les vilains méchants !’’
Peut-être, direz-vous, ce sera bien fait car auparavant, tout se passait dans l’honnêteté et la fraternité les plus pures mais, depuis quelques années, les malfaiteurs, les profiteurs, en un mot les escrocs ont pris les commandes de la planète?
Et bien, manifestement vous n’avez pas tout compris.
CONFORTABLES PRIMES
En effet, comme nous le serinent, à chaque coin de discours, nos responsables en chefs, la crise leur a, désormais, fait comprendre qu’il ne fallait plus faire de bêtises, en un mot, qu’il ne fallait plus être méchants avec leurs semblables.
En particulier, à l’égard des moins riches qu’eux mais surtout, parce qu’ils sont nettement plus nombreux, vis-à-vis des petits, des sans-grade, des faibles, les pauvres.
On vous le dit avec un viril mouvement du menton : désormais, tout ça c’est du passé, nos riches et super riches vont te nous concocter une refondation du capitalisme en tous points…identique au précédent.
Une preuve, parmi des milliers d’autres ?
Juste avant de percevoir une vingtaine de milliards de dollars de l’Etat US, les patrons de City Bank, de Wall Street et de leurs copains des banques américaines bénéficiaires des impôts payés par les contribuables, ont alloué, à toute vitesse, de confortables primes à tous leurs employés, en commençant par les PDG, et directeurs cela va de soi.
Probablement pour avoir mis le monde à genoux.
En France ? En France mon bon, après avoir promis juré (les promesses n’engagent que ceux qui y croient) que ‘’tout le monde allait participer à l’effort commun’’, les salaires et autres stock options sont aussi complaisamment distribués qu’avant la crise, les patrons du secteur automobile, bénéficiaires eux aussi, des subsides payés par les citoyens, continuent à licencier après avoir promis le contraire, les délocalisations vont bon train aussi allègrement qu’auparavant malgré les menaces spectaculairement terrifiantes que le monde politique a proférées à l’encontre des ‘’patrons voyous’’, bref, tout continue non seulement comme avant mais, en fait, le capitalisme n’aura pas connu d’avant ni d’après puisqu’il n’y aura pas eu, et il ne saurait y avoir, de changement compte tenu du fait que ce sont les mêmes principes qui sous tendent la machine à faire du fric.
PLUS CA CHANGE…
Un exemple ?
Celui de Total prêterait à rire s’il n’était aussi sinistre.
Parce que ses 14 milliards d’euros de bénéfice sont peu de chose, en somme, à côté des…85 milliards d’euros de bénéfices nets qu’ont accumulé les 40 entreprises du CAC 40 en 2008.
Evidemment, les actionnaires ont bien le droit de voir leur argent leur rapporter quelque peu et ce ne sont pas les quidams de notre genre avec leur minable livret A à 2,5% qui diront le contraire.
Cependant, lorsqu’un homme politique promet que ‘’tout le monde devra faire des efforts pour sortir de la crise’’, il serait, même pas moral mais simplement mathématiquement logique, que, véritablement, les actionnaires comme les salariés acceptent de ’’faire un effort’’.
En réalité, l’effort est fait par tout le monde sauf les actionnaires et le petit monde politico-médiatico-financier qui nous gouverne.
Une autre preuve ? En dix ans, les entreprises françaises ont accumulé une dette de plus de…200 milliards d’euros en ne payant pas leurs cotisations santé ce qui, entre autres résultats, de faire du trou de la sécu, un vrai tonneau des Danaïdes.
En clair : tous les discours qui veulent nous convaincre que les entreprises n’ont aucune responsabilité dans la crise, ne servent qu’à masquer soit l’impuissance, au mieux, soit, au pire, l’incompétence voire la tromperie, l’escroquerie pour dire le mot, qui est faite aux bons petits peuples qui continuent à croire que les promesses vont être suivies d’effets et que bientôt, vont se réaliser celles qui lui ont été faites il y a 220 ans, savoir que désormais, allait enfin régner en France, voire dans le monde, ces trois mots inscrits sur tous les documents et palais de la république ‘’liberté, égalité, fraternité’’.
Pendant une crise, ce serait pourtant bien le moment de les mettre en pratique non ?
Hélas !
Depuis lors, c’est fou que plus ça change et plus c’est pareil.
Je vous raconterai dans quelques jours, (1) comment, face à la crise, les pauvres s’en sortiront.
Enfin ceux qui pourront.
M. CARON

(1) …quand je trouverai la petite demi-heure pour…avec mes excuses pour ma lenteur à bosser depuis deux mois. Ce n’est pas le temps qui me manque mais l’accroissement exponentiel de la quantité de tâches à accomplir tous les jours…dans le même temps…

00:08 Ecrit par Maurice CARON dans actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

07/01/2009

LES INFILTRES vs TEMOINS DE JEHOVAH: les journalistes-raviolis (1)ont encore frappé.

Heureuse surprise il y a quelques jours avec le grand spectacle des Infiltrés, morceau choisi de ce que prétend être l’émission du petit jeune paraît-il journaliste David Pujadas, savoir, une dénonciation pure et sans tache des scandales cachés qui menacent notre belle société.

Vous connaissez et peut-être avez suivi la formule. Après une émission sur les traitements, d’ailleurs réellement odieux, subis par les personnes âgées dans certaines, voire beaucoup de maisons de retraite, puis une autre sur les coulisses de la rédaction du magazine ‘’Gala’’, notre chevalier blanc s’est attaqué aux sectes, pardon, aux mouvements sectaires.

 

Comme prévu, c’est là l’heureuse surprise, l’émission n’a pas mais alors pas du tout changé l’opinion que nous avons, que j’ai personnellement, de l’art et de la manière qu’ont les journalistes, au choix, de mal faire leur boulot, ou plutôt de bien faire leur sale boulot.

En effet, cette fois, on a eu droit à tous les procédés bien vicelards propres (façon de parler) à faire de l’audience en effrayant le gogo voire à intéresser les voyeurs.

On a eu les photos flouzées de parties fines chez les Raéliens, lesquelles, certes, ont montré combien ces zèbres-là pouvaient être vraiment dégueus et dans leurs propos et dans leurs pratiques, mais aussi de nous faire toucher du doigt l’hypocrisie des pratiques journalistiques qui finit par ôter toute crédibilité à leurs assertions.

Entre nous, passer ce genre de photos ne revenait-il pas, ni plus ni moins, à exciter un peu le côté voyeur de certains malades du bulbe ?

LES INCONTOURNABLES

On a eu droit, aussi, à la présence en plateau des incontournables défenseurs du genre humain en les personnes du président de la MIVILUDES et de son alter ego l’ex-Témoin de Jéhovah, ‘’victime’’ mais néanmoins fort sémillante, qui ne loupe aucune occasion d’affirmer sans preuve, qu’au moins trente ou quarante mille enfants de Témoins de Jéhovah sont d’ores et déjà des victimes de pédophiles.

Et de prétendre, tous azimuts, que les Témoins de Jéhovah sont une énorme puissance financière, sans citer quelque chiffre que ce soit.

Moyennant quoi, monsieur David Pujadas, en bon journaliste qu’il est censé être, n’a pas jugé utile, au nom de l’objectivité et de la vérité tout simplement, de demander à son interlocuteur des éléments probants de ce qu’il avançait. Pas plus, d’ailleurs, qu’il ne lui a enjoint de ne pas accuser sans preuves, ce qui était justement le cas.

Mieux encore, carrément de parti pris, mais sans le dire car le journaliste (sic) est très malin, il a tenu à préciser, comme ses interlocuteurs, que le terme de secte n’était plus approprié mais a, en permanence, parlé de dérives sectaires : cherchez la différence.

Enfin, alors que la fameuse liste infamante des sectes compte 172 et quelques noms, celui des Témoins de Jéhovah a été quasiment le seul à être évoqué, en plus de celui des Raéliens qui eux, pourtant, étaient censés représenter la plus grosse partie des extraordinaires révélations de ces infiltrés qui n’ont, c’est bien dommage, pas eu le courage d’aller se promener dans les salles de réunions des Témoins, alors qu’on en compte, selon les chiffres publiés dans les pages jaunes, un bon millier en France et en particulier dans la région parisienne du moins on le suppose.

SAUVER LA FRANCE

Il serait bon que ce cher monsieur Pujadas, sorte quelquefois de son bureau, pour aller, micro ou caméra à la main, faire, tout simplement et proprement son travail, c’est-à-dire interroger toutes les parties concernées, pour satisfaire tout bêtement à l’éthique, décidément plutôt étique, de sa profession.

Cette émission est vraiment représentative des autres de la série : une intrusion en douce, quelques images ‘’volées’’ (voire…), des commentaires dirigés, des amalgames bien choisis et paf, on vous livre la vérité sur LE scandale et les révélations qui vont sauver la France.

Cette dénonciation courageuse, mais pas téméraire, en dit long sur la bravoure et la pureté des sentiments des dénonciateurs et en particulier de ce sauveur de l’Humanité souffrante.

UN VRAI TRAVAIL ?

A ce propos, je lui propose, d’ailleurs, parce que c’est mon boulot depuis 42 ans, quelques pistes d’enquêtes qui permettraient à ce chevalier blanc des temps modernes, non seulement de gagner de l’audience, mais, surtout, de faire du vrai travail de vrai journaliste.

Où planter ses caméras ?

Pourquoi pas au milieu du conseil des ministres qui, comme chacun sait, se déroule systématiquement à huis clos alors que les élus du peuple discutent du devenir, des sous, bref, de la vie de leurs électeurs ?

Déplacé, illégal ?

Ne serait-ce pourtant pas opportun ? Après tout les élus n’ont-ils pas un devoir de transparence lorsqu’ils débattent de la manière dont ils vont gérer notre argent et de nos existence puisque c’est bien de cela qu’il s’agit non ?

Difficile certes car certaines prises de positions relèvent soit du secret défense, soit du secret économique, soit du secret industriel ?

D’accord, mais une incursion discrète de temps à autres avec autocensure disons raisonnable entre élus, journalistes…et consommateurs ou représentants des contribuables pourquoi pas, ne permettrait-elle pas aux Français de constater l’objectivité des journalistes, de ce fameux et soi disant contre-pouvoir dont la connivence voire la collusion avec le monde politico-financier fait de moins en moins de doute ?

Tiens, plus simple encore : si le conseil des ministres est une cible trop difficile à viser, pourquoi ne pas tenter quelques opérations ‘’révélations des infiltrés’’ dans les séances plénières des conseils municipaux, là où encore, on discute de l’art et la manière de concocter la sauce à laquelle seront mangés les sous des citoyens ?

Cela permettrait peut-être de faire le tri entre bons et mauvais, compétents et incapables, altruistes et profiteurs, vu que dans ce domaine, il est utile de ne pas succomber au ‘’tous pourris’’ mais de faire un tri qui permettrait aux contribuables de s’y retrouver.

Quoi encore ?

Pourquoi ne pas aller traîner ses caméras au sein de quelques conseils d’administration de multinationales, par exemple des sociétés ayant pignon sur rue telles que les opérateurs de télécoms ?

On y apprendrait probablement pas mal de choses sur leur habileté à faire payer les services de communications à des tarifs les plus élevés d’Europe ou à éliminer les adversaire potentiels malgré les belles promesses de franche concurrence, comme ce que viennent de faire les trois ‘’grands’’ en barrant la route à un quatrième qui menaçait leur monopole.

Et pourquoi, enfin, ne pas faire une petite incursion au sein de la rédaction des…Infiltrés, histoire de montrer que là aussi il y aurait probablement beaucoup à dire sur la manière de préparer cette soupe soi disant informative servie tous les soirs aux consommateurs qui avalent n’importe quoi en leur faisant croire que c’est bon pour leur santé mentale et physique?

Conclusion ?

Bravo au président de la République de décider désormais de diriger en direct l’information en France.

Certes, on peut rêver mieux en matière d’indépendance, néanmoins, cette façon de faire obligera les journalistes à jeter bas le masque.

Et à ne plus prétendre qu’ils sont indépendants alors que depuis belle lurette, connivence, copinage, compromissions sont leur lot quotidien. On en voit les ficelles au travers de ce genre d’émission soi disant révélatrices de scandales cachés.

Alors ?

On a le courage de faire son travail ?

Et de faire suivre ses enquêtes par des mises au point régulières afin que le…’’contre-pouvoir’’ continue son boulot sur le terrain.

 

(1) Comme Buitoni disait à propos de ses raviolis que l’important c’était ‘’ce qu’il y a dans la boîte’’ et pas l’étiquette, les journalistes dont on cause ressemblent beaucoup à de bien belles boîtes dans lesquelles on ne trouve, hélas, que de l’ersatz d’information. Une nourriture propre à intoxiquer avant que d’en vomir.

18:52 Ecrit par Maurice CARON dans actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note