04/07/2008
Ingrid Betancourt: des réponses sans questions?
Néanmoins et tout d’abord, saluons l’exploit. Du moins si l’on s’en tient à ce qu’on nous dit, à ce que nous…racontent les medias habituels, aux ordres ou pas, et qui, pour une fois ou plutôt une fois de plus, y vont ferme dans le mélo et la quasi sanctification d’une malheureuse qui n’en demandait pas tant et surtout pas d’être passée par le calvaire qui lui vaut, aujourd’hui, une notoriété planétaire.
En effet, certains medias et non des moindres, ont estimé que trop, en la matière, cela faisait un peu trop.
Et, de notre côté, après ce qu’elle a vécu, nous pensons, d'ailleurs, très fort qu’il il aurait été bien plus convenable, tout simplement humain, de lui ficher la paix à cette quasi miraculée, et de la laisser profiter de cette paix, de son bonheur, de cette quiétude, enfin seule avec les siens et d’une vie désormais normale après une terrifiante survie entre les mains de terrifiants geôliers.
DISCUSSION AVEC LES FARC…QUI L’ ENLEVENT !
Ceci dit, un peu de questionnement ne ferait pas de mal.
Ainsi une remarque toute bête : quid du mari d’Isabelle Betancourt ?
En fait, l’on n’a vu que son ex-mari qui a fait preuve d’une débordante activité et d’une…fidélité digne d’éloges pour le salut de son ex épouse, alors que l’époux actuel, lui, n’a fait, qu’une seule fois, une timide apparition précédée et suivie d’une pesante inexistence.
Remarque inconvenante ? Eh bien, il n'est pas du tout dans nos habitudes d'aller fouiller là où cela ne convient guère, mais, tout de même, pas mal de téléspectateurs et lecteurs se la sont posée cette question.
Autre remarque, plus inconvenante encore ? Là, nous faisons appel à votre oreille et à votre vigilance.
Un intervenant sur le site des infos d'Orange a annoncé que la radio Suisse Romande aurait affirmé que la libération en question avait été...payée, eh oui, aux environs de 20 millions de dollars par le gouvernement d'Uribe, aux FARC. Ce qui, d'ailleurs, ne nous paraîtrait pas du tout inconvenant, mais peu en rapport avec la version officielle des militaires courageux, habiles, rusés et quasi pacifistes puisqu'aucun coup de feu n'aurait été tiré au cours de l'opération.Curieux en plus, le fait qu'en matière de rançon, les FARC en question se seraient montrés cette fois pas très gourmands.
Encore plus curieux?
On a trouvé nous, surtout après la diffusion d’une excellent documentaire sur Arte, qui retraçait brièvement le parcours politique de la célèbre otage, quelque peu bizarre le fait qu’elle avait été enlevée par les FARC, juste après…une rencontre quasi amicale avec…les mêmes FARC.
Ce qui nous a d’autant plus laissés sur notre faim d’infos, c'est que les journalistes auteurs et présentateurs du dcumentaire, ont manifestement oublié de faire la même remarque que nous.
Enlevée, donc, par ceux-là même, avec qui elle avait, semble-t-il, pas mal d’atomes crochus, non qu’elle partageât leurs idées et leurs méthodes, mais bien parce qu’elle était arrivée à nouer avec eux, des relations de relative confiance qui laissaient augurer des résultats sinon vraiment positifs, du moins assez paisibles et bien meilleurs que ceux que le gouvernement de l'époque et son président entretenaient avec les rebelles et qui consistaient à tirer dans le tas.
Alors ? Si l’on s’en réfère au principe vieux comme toutes les polices du monde qui, face à un crime, se posent invariablement la question : ‘’A qui le crime profite ?’’, l’on ne peut que se tourner vers son adversaire de l’époque…l’actuel président qu'elle dérangeait beaucoup mais qui, vient de la faire libérer de magistrale façon. A l’époque, donc, Ingrid était candidate à la présidentielle, - et pas vraiment son amie-, et se trouvait en concurrence, en face en fait, de l’actuel président. Lequel était, en plus, en délicatesse avec la justice puisque la Constitution colombienne n’autorise qu’un seul mandat, alors qu’il en était à l'époque, à son deuxième et qu'il veut, aujourd’hui, et en passant par dessus ladite justice, organiser un référendum qui lui en assurerait…un troisième !
Alors ?
Pas de question de ce genre dans tous les médias, et moins encore de réponse.
Certes, l’on pourrait toujours avancer que les preneurs d’otages de l’époque n’avaient, peut-être, de FARC que le nom qu’on leur a prêté et leur uniforme, encore que rien ne ressemble plus à un treillis qu’un autre treillis..et une étiquette à une autre étiquette donc...
Et l’on pourrait peut-être en déduire que ceux à qui le crime profitait, n’avaient guère de chances d’être les FARC pour qui Ingrid Betancourt était la seule et éventuelle porte de sortie d’une guerre que, déjà, ils avaient pas mal de peine à subventionner.
Alors ? Qui accuser?
Personne d'évidence mais cette bizarrerie, selon nous, pose questions.
Quid des coupables? Qui étaient les ravisseurs ? Une branche plus radicale des FARC ? Un groupe de paramilitaires qui accomplissait les basses besognes du gouvernement de l’époque, identique ou quasiment à celui d’aujourd’hui ?Des narcos acoquinés avec les uns et/ou les autres? Une unité des services spéciaux dont l’armée du pays n’est pas avare, bien plus encore que toutes les armées du monde ?
Alors, deux fois alors ?
Sans adhérer à une quelconque théorie du complot - elles sont légion mais une ou deux sont fondées sur une réalité bien triste- on est bien obligé de se dire qu’il y a là quelques points obscurs que personne ne veut ou ne peut éclaircir .
‘’ILS’’ VEULENT TOUS ETRE SUR LA PHOTO
Ceci dit, l’on peut regretter encore deux autres choses.
L’une concernant Mââme Royal qui a perdu une occasion de se taire en rappelant que le président Sarkozy n’était pour rien dans cette libération. Ce qui n’est pas très juste car, tous comptes faits, tout le monde a fait ce qu’il a pu, si peu que ce soit et le président compris. Et pouvoir juger des pourcentages...bref.
D'autant que tout le monde le sait, une affaire de ce genre est évidemment récupérée de tous les bords, et l’aurait été par un pouvoir de gauche de la même manière.
Et puis c’est un secret de Polichinelle, non seulement tous les journalistes le savent mais tous les lecteurs commencent à le savoir : ‘’ils’’ veulent tous être sur la photo...et sautent sur toutes les occasions, sur toutes les situations pour se faire voir avec...c'est le système, c'est la politique et ça ne surprend plus personne.
L’autre, la petite phrase du premier ministre qui a invoqué la ‘’dignité’’, caractéristique essentielle de toute personnalité politique, et s’est bien gardé d’invoquer cette nécessité de dignité à propos du ‘’casse toi pauvre c..,’’présidentiel, autrement plus indigne de la fonction en question et de celui qui la représente.
Sans oublier la petite phrase de son prédécesseur qui a, lui, stigmatisé une ‘’politicienne secondaire’’ qui fait une ‘’politique secondaire’’, oubliant un peu vite qu’en tant qu’ex second…secondaire de l’Etat, court ferme derrière une éventuelle future présidence du Sénat qui, pour ‘’secondaire’’ qu’elle soit (le président du Sénat est le N°2 de l’Etat en cas de vacance du pouvoir) ne l’en l’intéresse pas moins.
Les emplois secondaires, très bien payés et pas tout à fait aux 35 heures, n’ont rien de déshonorant.
A part ça ?
La miraculée a dit vouloir remercier Dieu et la Vierge Marie.
Sauf le respect et l’admiration, qu’on lui doit, nous, on éviterait ce genre d’invocations. Les familles des otages qui sont encore emprisonnés dans les mêmes épouvantables conditions que l’on imagine, pourraient se demander pourquoi Dieu et la Vierge laissent les leurs pourrir dans leur abominable taule amazonienne.
Un sale coup à vous rendre incroyant pour le restant de vos jours…
19:40 Ecrit par Maurice CARON dans actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22/06/2008
PPDA, 35 HEURES, EUROPE: ARCHETYPES...
Aucun ?
Ben oui, peut-être peut-être mais, comme toujours, en apparence seulement.
Rappelons donc en quelques mots, en quoi ces avatars (1) de notre civilisation judéo chrétienne en sont les archétypes, autrement dit, les symboles on ne peut plus précis, de ce qu’elle peut engendrer comme modèles, en meilleur…ou en pire et nous présenter comme des exemples typiques, archétypiques donc, de ce quelle prétend être: le Progrès à visage humain.
Ouf !
Bon...Compliqué, embrouillé, obscur, confus tout ça?
Allez, on explique.
Ainsi donc, le présentateur que la galaxie entière nous envie, s’en va bientôt, escorté, paraît-il disent les sondages, par des torrents de larmes versées par les ménagères de plus de 50 ans, à l’esprit pas souvent, et pas vraiment, critique.
Auteur d’une ribambelle de livres dont l’histoire littéraire ne gardera, c’est notre avis, guère plus de souvenirs que les lignes, pas vraiment immortelles, que nous leur accordons, notre demi-dieu en forme d’homme tronc (2), a donc été sacrifié sur l’autel de l’Audimat, ce qui montre bien que les temps changent puisque, après avoir été copieusement nourri des sacrifices et multiples dons des téléspectateurs et lecteurs épastrouillés par son ‘’grand professionnalisme’’, c’est au demi dieu en question d’être sacrifié à son tour, afin de céder la bone place à quelq'une qui se gavera au moins autant que lui sinon plus. Manger et puis être mangé, c'est la dure loi de l'ultralibéralisme journalistique à visage sinon humain du moins télégénique.
Ce qui démontre aussi qu’existe quelque part et quelquefois, une espèce de justice immanente.
A ceci près que ce sacrifice-là va coûter très cher aux millions de chers, aussi, admirateurs, puisque c’est eux qui vont payer, directement ou non, les indemnités de départ de ce présentateur doré et pas seulement sur tranches.
Car, non content d’empocher les sommes rondelettes auxquelles sa carte de presse lui donne droit, un mois de salaire brut par année de présence, notre très cher ami va empocher des sommes que lui seul …ou/et le système qui l’a engendré, estiment qu’il vaut, en l’occurrence…4 millions d’euros.
Ben oui quoi, quand on voit les scandaleux montants des parachutes dorés exigés par les copains médiatiques de notre homme (3), il a des exigences d’une très vertueuse modestie.
Les touchera, les touchera pas ?
Nous on pense qu’il les touchera et, peut-être, encore plus. Et qu’il s’en mettra, très probablement, encore un peu plus dans le gousset en pondant un nième bouquin. Bouquin où il contera les palpitantes péripéties qui auront marqué son déchirant départ, mais aussi les dures conditions de travail qu’il aura subies, durant son courageux combat trentenaire visant à faire éclater la vérité tous azimuts, au travers de ses commentaires et interviewes, tous très remarqués en ce qu’ils ont toujours mis à mal les puissants et pris la défense et réconforté le petit peuple.
Enfin pas tout à fait mais presque, puisqu’il a convenu, un jour, que les journalistes ‘’étaient là pour lisser l’information.’’.
AVANT LA MISE A MORT
Lisser ?
Lisez les journalistes sont chargés de faire disparaître tout ce qui peut déranger, déranger les puissants on s’en doute, et donner au populo son comptant quotidien de rêve et de promesses rassurantes et jamais tenues…c’est d’ailleurs pourquoi il faut les répéter sans cesse.
En clair : le travail du journaliste consiste à détourner l’attention de ses lecteurs des véritables problèmes, pendant qu’en hauts lieux, on les leur fabrique, concocte et accumule...pour leur affirmer crânement, campagne de pub à l'appui, qu'ils sont heureux, puisque leur pouvoir d'achat a augmenté et que leur avenir est radieux, même s'ils pensent, et surtout vivent, le contraire en râlant à perdre la voix.
Kif kif le taureau qui s'échine à se battre contre ce qui l'attend, et qu'il attend confusément, et poursuit un leurre insaisissable avant sa mise à mort. Comme disait Bourdieu, ‘’les faits divers c’est pour faire diversion.’’ Faits divers, paillettes, vie par ‘’héros’’ interposés…vie virtuelle pour ne pas penser à la vie réelle, s'étourdir pour ne pas péter les plombs en fait.
Dur ?
Prouvez donc le contraire.
Et si vous êtes smicard, vous devez savoir de quoi qu'on cause....
Voilà voilà. Comme le disait un confrère américain (tout arrive), cité par serge Halimi, le journaliste ‘’doit réconforter les affligés et affliger ceux qui vivent dans le confort.’’
Doit ?
Devrait eh oui…
On ne pense pas vraiment que notre demi-dieu, bien nourri par ses millions d’admirateurs, dont pas mal d’affligés, les ait tous réconfortés en affligeant ceux qui vivent, très largement, dans le confort.
Mais il y a une justice immanente avons-nous dit.
Et qui prend forme, justement avec l’éviction de notre téméraire défenseur de la veuve et de l’orphelin, qui sera remplacé par une présentatrice, évidemment plus séduisante, plus apaisante, plus…réconfortante, -réconfortante pour qui on s’en doute-, donc plus propre à faire rêver le gogo et à lui dire que demain est un nouveau jour, plein d’espoir puisque c’est bien ce jour-là, demain donc, qu’on les rasera gratis.
LE HAUT CONTRE LE BAS
Ce renouvellement du petit personnel, les grincheux diront, certes, qu’il coïncide curieusement avec la disparition de la pub pour la télé publique, et que cette dernière va aller regonfler, comme par hasard, la bourse des télés privées, amies de tous les pouvoir et dont, hélas, les grandes qualités et l’objectivité sautent de moins en moins aux yeux des chers téléspectateurs pourtant pas difficiles et très peu regardants bien qu'ils soient censés regarder.
Et ils ajouteront, ces grincheux, que l’on ne peut que souhaiter que les journalistes, ceux du moins qui essaient de l’être au meilleur sens du terme, comprendront, enfin, que ce qui leur arrive était écrit dans la permanente compromission, voire complicité active, qu’il observaient avec la France d’en haut, que dis-je, le monde d’en haut, au grand dam de celle et de celui d’en-bas.
Le haut contre le bas. Rien de bien nouveau…
C’est, pourtant, inéluctable. Si les journalistes se sont conduits, peu ou prou -et plutôt prou que peu- comme les chiens de garde (4) du pouvoir économico-politique, le pouvoir, les pouvoirs, vont donc désormais leur faire comprendre que leur laisse, à ces grands prêtres de l’information objective, va être encore plus courte et leur collier nettement plus serré…
Et que, s’ils renâclent, ils ont intérêt à repérer fissa où se trouve la porte de sortie, vu que, du fait des concentrations médiatiques et de la rentabilité obligatoire, le monde de l’information, si l’on appelle ça comme ça, va avoir de moins en moins besoin de… courtisansSony nous a, récemment, montré que d'idi à quelques années, il serait possible d'expédier des robots caméras enregistreurs et commentateurs, qui feront un aussi bon boulot que les humains, et bien meilleur, en réalité, vu que les robots ne coûtent que le contrat de maintenance qui va avec, sans grève possible, qu'ils ne mangent ni ne boivent, et, surtout, qu'il n'y a aucun risque qu'ils y aillent de commentaires et de critiques autres que ceux qu'on leur aura programmés au préalable.
FEIGNANTS DE FRANCAIS
Et les 35 heures, direz-vous ?
En fait, il ne s’agit pas des 35 heures mais des…60 heures, voire 65 ou 70 que, à Bruxelles, les députés ont décidé d’autoriser dans les entreprises, puisque les Européens, nous le serinent assez les Américains et les Chinois et tous leurs copains bien pensants français, sont des feignants invétérés, et qu’il urge de les faire enfin bosser pour que notre économie puisse, tout de même, retrouver des couleurs , vu que malgré les incantations de nos responsables économiques, notre taux de croissance tend à s’accroître… négativement.
Ben oui : 60 heures, c’est pas la mer à boire allez. Des générations d’esclaves ont travaillé à ce rythme durant des siècles, et en particulier au XIX°, et notre économie ne s’est jamais si bien portée que grâce à ces horaires d’une logique ultralibérale absolue.
60 heures : les journalistes en sont toujours aux 35 évidemment et le seront probablement encore longtemps mais, comme la menace ne sera pas pointée vers leur colonne vertébrale, mais seulement si elle est assez souple pour éviter d’irriter les tireurs, ils ne se sont guère répandus sur ce retour aux conditions de travail du Moyen Age.
Pas plus, d’ailleurs, que nos courageux vrais socialistes n’ont daigné se saisir de la question, tout heureux de la mise en place par la droite, d’un esclavage millénaire bien efficace et bien rentable et pour lequel ils pourront plaider non coupable, au cas, assez invraisemblable où ils reviendraient aux affaires.
60 heures de travail ? 65 heures ? Payées au SMIC chinois ?
Pourquoi en parler puisqu’il s’agit là d’un sujet qui ne concerne pas les journalistes, socialistes ou pas...et que l'affaire est dans le sac. il suffira d'une bonne concertation avec les représentants syndicaux, qui accepteront une demi mesure -qui ne gênera pas trop les représentants syndicaux- et la décision finale viendra, comme on a commencé à le voir, dans un sens diamétralement opposé à ce qui aura été conclu. La concertation sociale c'est simple: on discute largement, on se concerte, on confronte les points de vue puis...le décideur décide, comme il a de toutes manières décidé depuis bien longtemps.
Dites moi, maintenant, vous croyez, vous, qu’on va pleurer sur le sort des journalistes (sic) qui couinent sur la mainmise du privé sur l’information, mainmise qu’ils ont ardemment travaillé à mettre en place ?
Cette mise au pas des appétits de presse des groupes économiques avait, pourtant été interdite par les strictes lois issues de la Résistance, afin d'encadrer radios et journaux...et journalistes, et qui ont suivi la fin de la guerre de 39-45. Et ce, afin d’empêcher que l’information ne devienne la propriété des pouvoirs financiers, économiques ou idéologiques quelconques...avec tous les excès que l'on a pu voir par le passé...et que l'on voit, de nouveau, de nos jours: compromissions, complicité, corruption, désinformation.
On voit, cinquante ans plus tard, ce qu’il en reste.
Quant on entend, en plus, certains de nos chefs suprêmes se réclamer de l’héritage du général de Gaulle…
Il a de quoi, le brave homme, se retourner dans sa tombe, même s’il a passablement…dominé le problème avec l’ORTF.
SEMAINE DE 60 HEURES POUR LES DEPUTES?
Et l’Europe direz-vous ?
On y est, en plein.
Les Irlandais ont dit non, mais tout est mis en œuvre pour leur faire dire oui, à eux, mais plus sûrement encore à leurs députés.
Lesquels n’ont plus guère d’irlandais que le nom.
Désormais, le simple qualificatif de députés européens leur va bien mieux. En effet, ils partagent cette caractéristique avec tous les élus de tous pays : ils ont en commun d’excellents salaires mais aucun des problèmes vécus au quotidien par ceux qui les ont mis en place et qui ont, eux, et en commun vraiment entre eux et entre autres soucis, un pouvoir d’achat déclinant qu'une campagne de pub télévisée va nous démontrer, petit a petit b, qu'heureux nous sommes, puisque ce mirifique pouvoir d'achat a monté et pas descendu comme tous les smicards (plus 9 centimes d'augmentation de l'heure les veinards) le couinent à tous les vents.
Le bon docteur Coué ne faisait pas autrement en nous apprenant qu'à force de dire voire de brailler bien fort, ''Je ne suis pas malade'' tout au long de la journée, on finissait par se retrouver en bonne santé. Aphone peut-être mais tout regaillardi..
60 heures pour les députés européens ?
Vous rigolez non ?
Leur taux d’absentéisme à Bruxelles est tel, qu’une petite étude, dont plus personne ne parle, avait abouti, il y a un an et demi environ, à proposer de suspendre leurs émoluments…au prorata de leurs heures de présence.
Mais bon…
Mieux vaut passer sous silence...ce que n'a pas fait notre bon ministre, monsieur Xavier BERTRAND, qui a confié à une charmante intervieweuse de Canal+, bien connue pour son indépendance et sa hargne à faire connaître la vérité, que lui, ministre d'Etat, se levait à ...six heures du matin, pour aller bosser.
Splendide exploit non?
Sauf qu'il y a entre 3 et 6 millions de Français qui en font tout autant, et qu'une bonne partie d'entre eux passent deux à trois heures dans les transports publics ou privés et ne sont pas payés pour...en tous cas s'ils le sont, c'est ou ce sera à hauteur de cinquante à cent fois moins qu'un ministre qui ne se déplace, lui, qu'en voiture de fonction.
Cela dit, la journaliste(sic), courageuse mais pas téméraire, n'a pas osé non plus demander à son ministre pourquoi il lui était récemment advenu un énorme trou de mémoire qui l'avait poussé lors d'une récente séance de concertation sociale, à accepter certaines conditions en discutant avec les représentants syndicaux et, à signer exactement le contraire, une fois rentré au bureau.
Archétypes que tous ceux-là ?
Pas qu’un peu.
On résume ?
Etre député européen signifie-il qu’on représente vraiment mieux le peuple et les intérêts des électeurs dont on est au plus près ? Et être député d’ailleurs ? (5)
Et être ministre sinifie-t-il affirmer voire signer tout un jour et son contraire le lendemain?
Et les salaires des journalistes sont-ils mérités au prorata de leur ardeur à remplir la mission de réel contrepouvoir qu’ils sont censés accomplir?
Enfin, les directives européennes sont-elles, telles qu’on nous les vante, la meilleure, la seule manière d’accéder au plus tôt au paradis de la démocratie, savoir, une meilleure vie pour tout les individus de tous peuples ?
A vous de répondre.
Et bon courage..
(1) Les avatars sont non seulement des changements de situation plus ou moins catastrophiques mais également les noms utilisés par les hindous anciens pour désigner leurs dieux et demi-dieux.
(2) Afin de garder intacte son aura de grandeur et de respectabilité, il ne serait pas logique qu’un demi dieu puisse être vu en entier. Et puis vu, aussi, le peu d’importance de l’offrande redevance qui ne peut permettre à n'importe quel contribuable de bas étage venu, d'accéder au privilège de l'image du dieu au complet.
(3) Hasard ? La police et la justice sont, quand même, pas si mal faites. Des mises en examen pour faux, usage de faux et recels viennent d’être annoncés et touchent un ancien grand patron de télé, bénéficiaire de somptueux avantages, et qui avait signé de curieux justificatifs antidatés permettant à ses copains à lui d’être…licenciés, avec vingt fois plus en poche. Une quarantaine de millions d’euros chacun. Chouette non ? Le hic: d’une manière ou d’une autre, c’est, aussi, la redevance, donc vous et moi qui payons..et la pub aussi, que nous payons encore...
(4) Relire ou lire à ce propos l’ouvrage de Serge Halimi qui porte ce titre, aux éditions Raisons d’agir.
(5) Allez va, on vous l’accorde : il y en a, on en connaît, qui se dévouent vraiment. Et de tous bords encore. Mais, hélas, ils ne sont pas légion.
19:30 Ecrit par Maurice CARON dans actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17/06/2008
Irlande: ''Tiens ! Mais c'est la démocratie...!''
Tous les élus, toutes les élites comme on dit, ou comme elles estiment l’être, et pas seulement d’Irlande, ont prêché à outrance, à l’envi, voire ad nauseam, pour le OUI et c’est le NON qui l’a emporté. Et pas qu’un peu.
Ca alors… ! !
Et c’est…le peuple qui a imposé sa façon de voir.
La honte non ?
Pour qui à votre avis?
Pas pour le populo bien sûr, irlandais ou français et moins encore néerlandais, mais pour tous ceux qui lui ont dit comment voter, alors que le vulgum pecus, lui, n’a jamais compris goutte au charabia européen des traités, de Nice, de Lisbonne ou d’ailleurs, ce qui, déjà, ne l’a guère disposé à voter des deux mains pour ce qu’il n’entendait guère que d’une oreille…et encore.
Vous vous rendez compte ?
C’est purement et simplement Incroyable !
Le peuple se met à voter comme il veut maintenant !
Il va même jusqu’à dire NON alors qu’on lui a bien fait comprendre qu’il fallait dire OUI !
Quelle audace !
Quelle impudence !
Où allons-nous grands dieux ?
Ben oui ! Où, je vous le demande ?
Ben peut-être, des fois, vers la démocratie non ?
D’autant qu’il aurait fallu ne pas tant s’éloigner, vous ne pensez pas ?
Certes, ils auraient du comprendre ces Irlandais de malheur, quel devait être leur devoir d’Européens pur sucre.
Les députés français de la majorité locale, leur avaient pourtant montré la voie.
Notamment en s’asseyant d’une fesse distraite sur le NON de leurs concitoyens, ils s’étaient fait un devoir national et européen, de corriger le tir en votant OUI.
Et ceux de l’opposition avaient fait de même.
En s’asseyant, tout aussi distraitement, mais, eux, pour d'insondables et mystiques raisons, sur la volonté populaire et en lui jurant mordicus que le socialisme de papa, ou de Tonton, n i ni, c’était bien fini.
Mais non.
Cabochards ces Irlandais !
Et un peu bêtas aussi.
Ils ont cru qu’ils étaient en démocratie.
NON AU PROCHAIN REFERENDUM.
Mais leurs dirigeants vont te leur apprendre que tout ça c’était pour la galerie.
Un prochain référendum ?
Vous n’y pensez pas.
Comme leurs collègues de France et du reste de l’Europe, les députés irlandais vont, eux aussi, remplacer ce bien vilain résultat en votant à la place de leurs électeurs mais dans la bonne direction cette fois.
Déjà en n’accordant pas un nouveau référendum aux électeurs….non mais…
Plutôt que de risquer un nouveau impondérable et aléatoire NON, mieux vaut ne pas offrir d'autre solution que celle ne présentant plus de risques du tout...pour les députés évidemment. Pour supprimer la fièvre, rien de tel que de casser le termomètre.
Les députés voteront comme il faut, eux…
Ah certes. Les dirigeants en question vont y aller à leurs risques et périls.
Mais là, il n’est pas certain du tout que les Irlandais accepteront d’être aussi tolérants, voire, diraient d’aucuns, aussi cocus, battus et contents, que les Français, et qu’ils ne le feront pas payer cher lors de leur prochaines consultations.
C’est qu’ils ont un sacré passé ces Irish. Pire que les Gallois ou les Eccossais.
Près de 60 ans de guerre d’indépendance. Et la discussion épouvantablement explosive.
Et de religions mélangées en plus, certes. Mais tout de même.
Pas le genre moutons de Panurge en tous cas.
Mais on leur doit tout de même une fière chandelle.
Eh oui…L’Europe allait oublier ce que c’était que la démocratie.
Il faut dire qu’avec cette nouvelle et fâcheuse habitude de désigner des dirigeants à Bruxelles plutôt que de les élire, on était en train, vite fait, d'être dirigés par des chefs qui se cooptent et de se retrouver très bientôt, avec ce que nous voyons déjà : une jolie petite oligarchie, certains diront en plus, une nomenklatura, qui décidera de nos vies sans que nous ayons à dire quoi que ce soit.
Et ce, jusqu’au moment où, avec un numéro tatoué, pourquoi pas sur le bras comme il y a soixante ans, ou une puce implantée sous la peau (1) puis dans le cerveau, nous deviendrons – redeviendrons ?- des animaux taillables et corvéables à merci (2), avant d’aller nourrir…nos semblables puisque dans notre merveilleux système ultralibéral, et pour de vertueuses raisons d’économie et d’économies, il faut, absolument, que rien ne se crée et que rien ne se perde, vous et moi compris..après avoir boulotté les autres, on est bouffé à son tour..durant encore au moins une à deux éternités et demie.
PHOTOCOPIE DU TRAITE PHOTOCOPIé
A votre avis, le NON irlandais va-t-il servir à quelque chose ?
Sûrement pas.
L’appétit des riches est insatiable.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces braves gens-là, ne s’arrêtent jamais de stocker.
Et, comme tout appétit, une fois gavé et ayant digéré, doit se gaver encore, digérer de nouveau…et ainsi de suite…
Foin donc de ce NON qui fait tache dans l’Europe Immaculée.
Comme pour le traité de Lisbonne qui n’était pas du tout semblable au précédent, mais en était simplement la photocopie, on va nous trouver une nouvelle mouture du traité européen, qui sera…une photocopie supplémentaire de la précédente photocopie, encore plus simplifiée, laquelle sera...etc, etc, etc....
On prend les mêmes et on recommence.
Et le peuple, de droite bien sûr, mais aussi de gauche, applaudira des deux mains.
On s’est moqué des Français qui voyaient des plombiers polonais partout ?
Une des multiples raisons pour lesquelles les Irlandais ont dit zut, c’est qu’ils en voient autant, à ceci près qu’ils sont bien installés là-bas..et que, vous ne l'avez peut-être pas remarqué, les députés européens, à la quasi unanimité, ont voté des deux mains la disparition de la semaine de...45 heures maxi, qui était la règle jusqu'ici, pour autoriser la semaine de...60 heures voire 65 et même plus....les Polonais, eux, ça ne leur fait pas peur. Habitués qu'ils sont de vivre en petites colonies de célibataires et dans des conditions précaires, mais tout heureux d'expédier en pologne la moitié voire les trois quarts de leurs salaires mensuels. Histoire de vivre comme ça cinq ou six ans et de retourner au pays ensuite.
Chez nous, ces stakhanovistes bien formatés, sont déjà remplacés par les Roumains, les Bulgares et les Ukrainiens, qui acceptent de bosser pour des salaires deux fois moindres que le SMIC qui va bientôt disparaître d'ailleurs, et qui ne dépensent pas non plus leur fric ici et en envoient la majeure partie chez eux, participant ainsi des deux mains, à l’accroissement du chômage français, au gonflement des impayés, subprimes comprises, à l’hémorragie monétaire, fuite des capitaux disent les nantis, à l’affaiblissement du marché intérieur, et au déficit sans cesse accru de notre balance commerciale.
Une paille…
Ouaouh !
Le trou dans la caisse, et pas seulement dans celui de la Sécu, ne va plus cesser de s’agrandir…
Il suffira pour masquer la catastrophe qui s’amène, d’avoir recours à un nième plan comm, et à inciter les bfrançais à regarder ailleurs, je ne sais pas moi, vers une fracassante annonce du super plan Cancer, d'un projet Alzheimer, ou d'une opération Handicap, voire un miraculeux dispositif anti-terrorisme, histoire de faire voir au petit peuple qu'en hauts lieux, on pense à leurs vrais soucis, qu'on s'efforce de résoudre leurs vrais problèmes.
C’est fou le choix qu’on a de sujets qui font un chouette effet au journal de 20H sur TF1 et qui, en fait, ne concernent généralement qu’un à cinq pour cent des Français, mais qui sont d’une drôle d’utilité pour inviter nos concitoyens à s'intéresser à autre chose qu'aux problèmes qui les touchent vraiment, genre augmentation du coût des carburants, les OGM, les retraites, la hausse vertigineuse des prix, ou le…pouvoir d’achat…oups
(1)...ça se fait déjà...
(2) On ne vous le dira jamais assez, tâchez de vous trouver le DVD ou la VHS ‘’Soleil vert’’. Il y a quarante ans, ce vers quoi nous allons, était déjà prévu.
19:25 Ecrit par Maurice CARON dans actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

