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  • Presse et politique: même crapoteux

    Alors comme ça, le fleuron de notre presse magazine, des images de choc et des mots qui font mouche, y va de sa leçon de morale politique en publiant les images prises au hasard bien sûr, de l’épouse de notre ministre présidentiable ?

    Ben mon colon !

    Ou c’est que, et jusqu’où ce que, la morale ira se nicher ma doué ?

    Blague dans le coin : vous trouvez ragoûtant ce genre de journalisme ?

    C’est des gens qui ont leur carte de presse qui écrivent ces torches culs avec leurs pieds ou leur derrière ?

    On prend parti dans cette histoire pas propre ?

    Sûrement pas !

    Les histoires de fesses on s’en tape encore que l'actu nous montre que notre société de l’info et de la politique mêlés, soit en train de viser le fond du pot de chambre.

    D’ici à 2007, le combat, les combats, les multiples bagarres des chefs, vont se terminer soit au couteau, soit dans le sordide et même le crapoteux du plus bas niveau.

    Voire dans tous les recoins de ces registres-là.

    Quand je pense que lorsque j’était gamin, il y a de cela une cinquantaine bon poids, mon papa m’avait appris à considérer nos dirigeants comme une gens inattaquable car irréprochable dans la forme et, surtout, sur le fond.

    Les meilleurs des meilleurs petitou.

    ‘’Regarde fiston, le ministre Machin, ça c’est quelqu’un. Honnête. De la moralité à revendre. Discret. Et puis la manière. Un grand bonhomme quoi.’’

    C’était il y a…des siècles.

    Certes, il y avait aussi la façade.

    On se souvient de Napoléon à Talleyrand qui incarnait la politique à lui tout seul : ‘’Talleyrand, vous êtes de la m….dans un bas de soie.’’

    On se souvient aussi d’Herriot qui disait que la politique c’était comme l’andouillette, pour être bonne il fallait qu’elle sente la m…mais pas trop.

    Mais on pensait que c’était l’exception…

    Aujourd’hui…

    Dites donc. Où dégringole-t-on comme ça ?

    Et les medias qui en rajoutent.

    En se gargarisant et en se référant, évidemment et toujours aux grands ancêtres du journalisme, de Théophraste Renaudot à Albert Londres, on fait aujourd’hui dans l’abject.

    A croire que les journaleux en question ont été faire leurs stages de début de carrière au ‘’Sun’’, ou dans les autres titres de la presse d’égouts d’Outre Manche.

    C’est vrai. Tant qu’il y aura des lecteurs de pareils torchons…

    C’est comme les claques d’antan et les professionnelles d’aujourd’hui.

    Elégantes ou pas.

    Tant qu’il y aura des clients…

    Au fait. Vraie l’histoire en question ?

    Sortie ‘’par hasard’’.

    Manœuvre sordide ?

    Téléphonée par d’élégants et subtils intéressés ?

    Allez…

    A politique torchon journalisme torchon.

  • Grippe aviaire: LA solution

    Les oiseaux migrateurs sont priés de passer au large.

    Au large et bien au large de la France précisons, et d’aller porter leurs miasmes ailleurs.

    C’est les crânes d’œuf de la Santé de l’Hexagone qui l’ont dit.

    Et les medias, bien sûr, d’y aller de leur interview tehnico-écolo-économique d’un producteur de foie gras du Sud Ouest, région évidement plus menacée que toutes les autres, vu que les oiseaux migrateurs passent surtout par là, à leurs risques et périls bien sûr.

    Pourquoi cette nouvelle lubie ?

    Parce que la grippe aviaire serait propagée par des agents vecteurs évidents, les oiseaux migrateurs qu’on vous cause.

    Comme, à l’instar du nuage de Tchernobyl, les oiseaux en question snobent superbement les frontières.

    Ils risquent donc, au passage et durant leurs haltes chez nous, de faire copains avec les bestiaux de nos basses cours et de contaminer leurs ami(e)s d’un jour, poules, canards, pintades et autres gallinacés domestiques.

    Migrants, passez au large !

    Tiens, ça fait penser à quelque chose ça !

    -Eh oh. On ne fait pas de politique dans cette histoire !

    -Pardon ? Dites donc, vous ne sentez rien venir de carrément politique justement dans ce machin-là ?

    -Quoi donc ?

    -Très simple Duchmol. UN : les oiseaux migrateurs sont difficiles à contrôler. DEUX : ils sont vecteurs (éventuels ou pas c’est tout pareil) d’un virus cata de chez cata. TROIS : faut éliminer cette engeance.

    QUATRE : on a la solution !

    La solution ?

    Non : LA Solution : il existe une armée de bénévoles qui vont se charger, gratos, de cette élimination.

    Vous avez vu qui ?

    Ben les chasseurs quoi.

    Déjà qu’ils ont de moins en moins de peines, surtout dans le Sud Ouest, à violer tranquillement les directives européennes en matière de chasse avec impunité garantie, ce coup ci ils vont avoir, en plus, la reconnaissance de la Nation avec médaille d’Or du Ministère de l’Environnement et de la Sécurité Sociale.

    Olé !

    Contre la grippe aviaire, nous avons notre propre Arme de Destruction Massive que le monde entier va nous envier bientôt: les chasseurs !

    Les oiseaux migrateurs n’iront qu’à aller se faire voir et passer ailleurs.

    Tiens, en Turquie, par exemple.

    Là-bas, c’est des pauvres, ils habitent éparpillés et il y a de la place partout.

    Et puis pas de canards à foie gras. Et surtout pas de cochons.

    Bonne occasion pour se montrer utiles à l’Europe ceux-là.

    Peut-être qu’au lieu de 65 ans, on ne les fera attendre que 50 pour devenir candidats à l’UE.

    Et puis entre immigrants hein ?

     

  • Présidente de la République?

    Une femme pour présidente?

    Incroyable !

    Incroyables les réactions des hommes…et des femmes interviewés sur les ondes des radios périphériques ou pas.

    Les commentaires vont de (Une femme) ‘’Ouais, ouais, ça ferait un peu exotique ( !)’’, à (Un jeune homme)‘’Ouais mais Roudy elle est trop vieille’’, en passant par ‘’Oui, pourquoi pas, mais il faudrait qu’elle ait un peu d’expérience…’’.

    La justesse de jugement et la clarté de vue de nos concitoyens sont sidérantes.

    La politesse des hommes aussi.

    Visions à long terme, à vue de nez et carrément au pif mélangées, l’on voit combien nos concitoyens sont, femmes et hommes ensemble, autant machos que ringards et, en tous cas, totalement incapables d’aller au bout de leurs idées, quand bien même ces idées n’en sont qu’au stade de faibles balbutiements.

    Car, si notre manière de penser à nous tient dans cet abrupt jugement des femmes de notre rédaction : ‘’Depuis que les femmes votent, elles ont démontré qu’elles savaient être aussi bêtes que les hommes…’’, nous acceptons bien volontiers la validité du principe général de parité, considéré comme logique dans une société qui se veut égalitaire et refusant, désormais, toute ségrégation.

    Tant qu’à être logiques, puisque parité il faut, pourquoi y aurait-il des domaines réservés ?

    Pour cause d’incompétence, ou de peu de compétence ?

    Pourquoi ?

    Parce que vous pensez que les femmes ne peuvent pas être aussi compétentes que les hommes, voire aussi incompétentes qu’eux?

    Grotesque.

    Ou hypocrite plutôt.

    Que les femmes, à gauche comme à droite, jalousent celle d’entre elles qui, la première, a eu l’idée et l’a exprimée, se comprend aisément.

    Que les hommes, forts de leur position aussi latine que dominante, se conçoit tout autant.

    Comme est aisée à concevoir, l’attitude générale de la société qui reste toujours pétrie de culture catholico ringarde, laquelle, depuis le XVIII° n’a jamais vraiment abandonné la conviction que le travail de la femme était , naturellement, soit de touiller les marmites soit de torcher les gosses et de veiller mémé. Et même d’y aller des trois…et de tout le reste, pour plus d’efficacité et d’ordre social.

    Toutefois, du moment où la volonté est affichée, ne fut-ce qu’en paroles, d’égaliser vraiment les tâches et les responsabilités du haut en bas des activités sociales, politiques comprises, on ne voit pas pourquoi cette égalisation ne passerait pas par la présidence de l’Etat.

    Parce que vous croyez qu’une présidente ferait plus mal, (ou mieux), qu’un président ?

    Et pourquoi donc ?

    Qu’elle serait plus, ou moins honnête ?

    Ah bon !

    Et en vertu de quoi ?

    L’honnêteté, le mensonge, la courage, la volonté, l’intelligence, la sagesse et la stupidité: ces attributs porteraient-ils jupes ou pantalons ?

    Que l’on sache, toutes celles qui ont œuvré, et oeuvrent encore, à la tête de leurs pays respectifs, ne les ont pas menés à la catastrophe que l’on sache.

    En tous cas ni plus ni moins que parmi les nations dirigées par des hommes.

    La compétence et l’honnêteté, pas plus que l’incompétence et le mensonge, ne sont l’apanage du sexe masculin.

    Les femmes savent faire tout pareil.

    De toutes manières, plus ça changera et plus ce sera la même chose.

    Tout le reste n’est que PQ (1), presse magazine et pipeule et infos télévisées.

     

    (1). P.Q : Presse Quotidienne, précision utile encore que l’on puisse y trouver quelque ressemblance…

     

  • Ouacances: mystères en Provence

    Alors, les ouacances ?

    On y arrive.

    Après l’autoroute, les raffinements gastronomiques locaux et les découvertes de la flore garantie provençale par l’Union Européenne ou inversement on ne sait plus très bien, nous avons donc passé notre première nuit et notre premier réveil en compagnie des sonnailles chevrotantes et des chants du coqs pas vraiment matutinaux. (1)

    Autant dire, dans une quiétude suffisamment altitudinale pour goûter au bon air qui donne le teint frais, l’humeur avenante et les muscles dynamiques, et même, la dangereuse présomption de nos humaines forces au coin du projet de randonnée.

    Pour la présomption, on a tout de suite compris.

    Les mollets aussi.

    Vu qu’au départ d’une de nos balades, on a dégusté un raidillon qu’on connaissait déjà de l’an passé mais dont notre mémoire corporelle avait oublié la rigueur.

    Qu’à cela n’Etienne, nous avons bravement surmonté l’obstacle, langue pendante et regard chaviré pour accéder à un GR, pour les initiés sentier de grande randonnée, avec le désir affirmé d’en faire une, grande randonnée, mais, bon, ma non tropo…

    Tout de même…

    On y est arrivé.

    Ouf !

    12/15 bornes en montagnes, avec grosso modo 200 mètres de dénivelés…

    Et surtout, avec des découvertes…

    Ainsi, après trois à quatre kilomètres, quoi là ?

    Une BAIGNOIRE.

    -UNE BAIGNOIRE ???

    -Oui, une BAIGNOIRE…pas en plein champ, en pleine garigue. A des kilomètres de toute habitation. Même de huttes. Sauvages.

    Une baignoire ?

    Allez Bobonne, c’est un signe du ciel. On n’est pas loin de la civilisation.

    -Un kilomètre plus loin QUOI là encore ???

    -Une seconde BAIGNOIRE !!!

    -Encore un signe pour tout de bon cette fois non ? On est vraiment proches d’un lieu habité.

    Ca annonce un jolie chaumière, un bon feu pour réchauff…non, pardon, un peu d’ombre plutôt, et un, bon verre d’eau fraîche vu la température et le Mistralet qui sèche les papilles…

    -Eh, arrêtez un peu là. Les baignoires c’est simple. Vous êtes pas au courant ?

    -D’accord, d’accord. On a compris. Les baignoires c’est pas des OVNI du tout. Simplement, comme vous nous le criez déjà pour qu’on entende vu que vous vous y connaissez mieux que nous en matière ethnologicoagriculture, les baignoires, c’est tout bêtement pour faire boire les bêtes.

    -Ben voilà !

    -Ouais mais dites, elles étaient toutes neuves et autour, on est des randonneurs observateurs aguerris à l’interprétation de tous les signes de pistes possibles tout de même, pas de traces de piétinements visibles, pas d’herbes foulées au pied par quelque horde assoiffée…

    Le mystère reste entier.

    D’autant qu’elles étaient vides.

    Et aux alentours, même pas d’indigène prévoyant d’aller au bal de la société la Boule Rieuse ou au cinéma ambulant - avec Tino Rossi dans ‘’l’Ile Enchantée’’ du temps où çà y pétait pas encore -, du soir à l’horizon…

    Aux environs des baignoires en question, encore moins de plongeur, pas encore professionnels, en stage de formation en site hautement sécurisé…

    Même au village voisin, nul n’a pu nous tirer de l’abîme de réflexion dans lequel ces baignoires flambantes neuves nous ont plongés.

    Allez, on était là pour bosser, enfin, pour randonner.

    Après une halte, forcée pour cause de yenamarre pour le moment, retour sur le GR.

    Direction plein Ouest.

    Le Far West même.

    On s’y serait crus un instant.

    A l’horizon d’une heure de marche, trois…TEPEES !!!

    -Vous avez dit ?

    -Oui oui. Trois tepees. Trois wigwams si vous préférez. Des tentes indiennes quoi.

    -Eh, oh, vous savez pas qu’en Haute Provence, comme partout ailleurs d’abord, on en trouve plein des qui veulent vivre comme là-bas dis... ?

    -Si, si mais là, trois immenses, tout blancs, avec personne dedans en plus.

    Ou plutôt en moins…

    Pour faire une photo du château médiéval, avec ça devant, ça fait un peu drôle non ?

    Pour la mise en page c’est coton…

    Et puis, comme le chemin était balisé de crottins relativement frais - à l’odeur on pouvait dater le dernier passage de la tribu -, on s’attendait à les voir surgir en troupe déferlant sur les deux visages pâles, enfin déjà pas mal rouges, assez imprudents pour s’aventurer sur leurs terres.

    Eh ben rien. Nibe.

    Pas même une plume d’Indien à l’horizon.

    Voilà.

    Un mystère de plus de ce grand et beau livre sur la Haute Provence Mystérieuse à paraître bientôt chez Tchou éditeur à Paris.

    On a poussé plus loin vers l’Ouest encore.

    Pour s’apercevoir que les cartes IGN ne sont pas garanties par le gouvernement.

    D’ailleurs ils le mettent dans la marge. ‘’Sur place, faire confiance aux renseignements locaux plutôt qu’aux parcours indiqués sur la carte.’’

    Rassurant.

    Surtout pour ceux qui se baladent, par exemple, entre le Tchad et le Mali.

    Les renseignements locaux là-bas…

    D’autant que le Tchad, le lac surtout, ça rétrécit à la chaleur de plus en plus…

    Or donc, on s’est aperçus que le sentier en question, prévu pour passer dans une zone fortement boisées, à l’ombre donc, faisait une courbe élégante pour aller se promener en pleine savane, voire carrément désertique, pour une cause de nous ignorée.

    Pas longtemps car en bordure, barbelés, mirador, murs costauds…

    Explication au village : ‘’Ah ouais, c’est à cause de l’émir !’’

    Explication : un distingué et enturbanné prince du golfe, - lequel, il y en a entre 3 et 4 mille… -, a acheté une foultitude d’hectares de forêts et de garigues, a entouré le tout d’une ceinture high Tech, et, ignorant sans doute voire sûrement, les us et coutumes de notre civilisation gauloise qui, depuis Poitiers de sinistre mémoire, reconnaît le droit de passage sur les terres même des seigneurs des lieux, a superbement coupé le sifflet aux randonneurs en déplaçant le sentier hors de son royaume.

    Et alors ?

    Le maire du coin ?

    Il n’a rien dit ?

    Vous rigolez pas un peu non ?

    La France éternelle se doit de protéger la vie et les biens de tous les exilés de la planète non ?

    Fussent-ils argentés et même friqués jusqu’au turban ?

    Ce sont des hommes que diable !

    On a été surpris tout de même.

    Vu que le zig a acheté une propriété qui, à vol d’oiseau, n’est pas loin du tout et de nos sites mirlitaires que l’Europe entière nous envie, et des sites nucléaires que la Terre entière voudrait bien avoir.

    Dites donc...

    Des fois que lui ou ses copains de là-bas voudraient nous faire une vilaine méchanceté un jour ou l’autre…

    On va te me le signaler avec une belle lettre anonyme à qui de droit tu vas me voir ça…

    D’abord, non, c’est pas de la basse et crasse vengeance.

    On fait ça au nom de tous les randonneurs déjà.

    Et au nom de la simple logique cartésienne qui nous caractérise en plus.

    Dites voire…

    Un citoyen habitué à la chaleur et à la sècheresse viendrait se planquer dans un coin bien chaud et bien sec, en prétextant de ces incommodités pour nous faucher un des rares brins de forêt qui nous restent dans notre si belle Provençou, tout simplement parce qu’elle fleure bon la lavande ?

    A qui ferez-vous croire cette histoire ?

    Alors ?

    Un mystère de plus ?

    Bon.

    Je vais me raser.

    Et mettre la table.

    A demain.

     

    (1) Si vous trouvez pas dans votre dico, prenez l’édition Larousse en six volumes de 1929. C’est la meilleure.

    Alors, les ouacances ?

    On y arrive.

    Après l’autoroute, les raffinements gastronomiques locaux et les découvertes de la flore garantie provençale par l’Union Européenne ou inversement on ne sait plus très bien, nous avons donc passé notre première nuit et notre premier réveil en compagnie des sonnailles chevrotantes et des chants du coqs pas vraiment matutinaux. (1)

    Autant dire, dans une quiétude suffisamment altitudinale pour goûter au bon air qui donne le teint frais, l’humeur avenante et les muscles dynamiques, et même, la dangereuse présomption de nos humaines forces au coin du projet de randonnée.

    Pour la présomption, on a tout de suite compris.

    Les mollets aussi.

    Vu qu’au départ d’une de nos balades, on a dégusté un raidillon qu’on connaissait déjà de l’an passé mais dont notre mémoire corporelle avait oublié la rigueur.

    Qu’à cela n’Etienne, nous avons bravement surmonté l’obstacle, langue pendante et regard chaviré pour accéder à un GR, pour les initiés sentier de grande randonnée, avec le désir affirmé d’en faire une, grande randonnée, mais, bon, ma non tropo…

    Tout de même…

    On y est arrivé.

    Ouf !

    12/15 bornes en montagnes, avec grosso modo 200 mètres de dénivelés…

    Et surtout, avec des découvertes…

    Ainsi, après trois à quatre kilomètres, quoi là ?

    Une BAIGNOIRE.

    -UNE BAIGNOIRE ???

    -Oui, une BAIGNOIRE…pas en plein champ, en pleine garigue. A des kilomètres de toute habitation. Même de huttes. Sauvages.

    Une baignoire ?

    Allez Bobonne, c’est un signe du ciel. On n’est pas loin de la civilisation.

    -Un kilomètre plus loin QUOI là encore ???

    -Une seconde BAIGNOIRE !!!

    -Encore un signe pour tout de bon cette fois non ? On est vraiment proches d’un lieu habité.

    Ca annonce un jolie chaumière, un bon feu pour réchauff…non, pardon, un peu d’ombre plutôt, et un, bon verre d’eau fraîche vu la température et le Mistralet qui sèche les papilles…

    -Eh, arrêtez un peu là. Les baignoires c’est simple. Vous êtes pas au courant ?

    -D’accord, d’accord. On a compris. Les baignoires c’est pas des OVNI du tout. Simplement, comme vous nous le criez déjà pour qu’on entende vu que vous vous y connaissez mieux que nous en matière ethnologicoagriculture, les baignoires, c’est tout bêtement pour faire boire les bêtes.

    -Ben voilà !

    -Ouais mais dites, elles étaient toutes neuves et autour, on est des randonneurs observateurs aguerris à l’interprétation de tous les signes de pistes possibles tout de même, pas de traces de piétinements visibles, pas d’herbes foulées au pied par quelque horde assoiffée…

    Le mystère reste entier.

    D’autant qu’elles étaient vides.

    Et aux alentours, même pas d’indigène prévoyant d’aller au bal de la société la Boule Rieuse ou au cinéma ambulant - avec Tino Rossi dans ‘’l’Ile Enchantée’’ du temps où çà y pétait pas encore -, du soir à l’horizon…

    Aux environs des baignoires en question, encore moins de plongeur, pas encore professionnels, en stage de formation en site hautement sécurisé…

    Même au village voisin, nul n’a pu nous tirer de l’abîme de réflexion dans lequel ces baignoires flambantes neuves nous ont plongés.

    Allez, on était là pour bosser, enfin, pour randonner.

    Après une halte, forcée pour cause de yenamarre pour le moment, retour sur le GR.

    Direction plein Ouest.

    Le Far West même.

    On s’y serait crus un instant.

    A l’horizon d’une heure de marche, trois…TEPEES !!!

    -Vous avez dit ?

    -Oui oui. Trois tepees. Trois wigwams si vous préférez. Des tentes indiennes quoi.

    -Eh, oh, vous savez pas qu’en Haute Provence, comme partout ailleurs d’abord, on en trouve plein des qui veulent vivre comme là-bas dis... ?

    -Si, si mais là, trois immenses, tout blancs, avec personne dedans en plus.

    Ou plutôt en moins…

    Pour faire une photo du château médiéval, avec ça devant, ça fait un peu drôle non ?

    Pour la mise en page c’est coton…

    Et puis, comme le chemin était balisé de crottins relativement frais - à l’odeur on pouvait dater le dernier passage de la tribu -, on s’attendait à les voir surgir en troupe déferlant sur les deux visages pâles, enfin déjà pas mal rouges, assez imprudents pour s’aventurer sur leurs terres.

    Eh ben rien. Nibe.

    Pas même une plume d’Indien à l’horizon.

    Voilà.

    Un mystère de plus de ce grand et beau livre sur la Haute Provence Mystérieuse à paraître bientôt chez Tchou éditeur à Paris.

    On a poussé plus loin vers l’Ouest encore.

    Pour s’apercevoir que les cartes IGN ne sont pas garanties par le gouvernement.

    D’ailleurs ils le mettent dans la marge. ‘’Sur place, faire confiance aux renseignements locaux plutôt qu’aux parcours indiqués sur la carte.’’

    Rassurant.

    Surtout pour ceux qui se baladent, par exemple, entre le Tchad et le Mali.

    Les renseignements locaux là-bas…

    D’autant que le Tchad, le lac surtout, ça rétrécit à la chaleur de plus en plus…

    Or donc, on s’est aperçus que le sentier en question, prévu pour passer dans une zone fortement boisées, à l’ombre donc, faisait une courbe élégante pour aller se promener en pleine savane, voire carrément désertique, pour une cause de nous ignorée.

    Pas longtemps car en bordure, barbelés, mirador, murs costauds…

    Explication au village : ‘’Ah ouais, c’est à cause de l’émir !’’

    Explication : un distingué et enturbanné prince du golfe, - lequel, il y en a entre 3 et 4 mille… -, a acheté une foultitude d’hectares de forêts et de garigues, a entouré le tout d’une ceinture high Tech, et, ignorant sans doute voire sûrement, les us et coutumes de notre civilisation gauloise qui, depuis Poitiers de sinistre mémoire, reconnaît le droit de passage sur les terres même des seigneurs des lieux, a superbement coupé le sifflet aux randonneurs en déplaçant le sentier hors de son royaume.

    Et alors ?

    Le maire du coin ?

    Il n’a rien dit ?

    Vous rigolez pas un peu non ?

    La France éternelle se doit de protéger la vie et les biens de tous les exilés de la planète non ?

    Fussent-ils argentés et même friqués jusqu’au turban ?

    Ce sont des hommes que diable !

    On a été surpris tout de même.

    Vu que le zig a acheté une propriété qui, à vol d’oiseau, n’est pas loin du tout et de nos sites mirlitaires que l’Europe entière nous envie, et des sites nucléaires que la Terre entière voudrait bien avoir.

    Dites donc...

    Des fois que lui ou ses copains de là-bas voudraient nous faire une vilaine méchanceté un jour ou l’autre…

    On va te me le signaler avec une belle lettre anonyme à qui de droit tu vas me voir ça…

    D’abord, non, c’est pas de la basse et crasse vengeance.

    On fait ça au nom de tous les randonneurs déjà.

    Et au nom de la simple logique cartésienne qui nous caractérise en plus.

    Dites voire…

    Un citoyen habitué à la chaleur et à la sècheresse viendrait se planquer dans un coin bien chaud et bien sec, en prétextant de ces incommodités pour nous faucher un des rares brins de forêt qui nous restent dans notre si belle Provençou, tout simplement parce qu’elle fleure bon la lavande ?

    A qui ferez-vous croire cette histoire ?

    Alors ?

    Un mystère de plus ?

    Bon.

    Je vais me raser.

    Et mettre la table.

    A demain.

     

    (1) Si vous trouvez pas dans votre dico, prenez l’édition Larousse en six volumes de 1929. C’est la meilleure.

  • Catastrophes aériennes: coucou, c'est la Progrès!

    Deux Trackers au tapis, 2 MD explosés, un Airbus, un Canadair…

    Les journaux et télés en reviennent toujours à évoquer, d’un ton de moins en moins compassé tellement l’argument est usé, la ‘’douloureuse et tragique loi des séries’’.

    Les officiels, quant à eux, évoluent dans les mêmes schémas : ‘’loi des séries’’, avec son petit côté mystère et boule de feu voire les esprits frappeurs plus forts que la froide technique, sans oublier ‘’la fatalité hélas’’.

    Ils l’assortissent, inévitablement, du rappel attristé, et toute honte bue d’ailleurs, de ce qu’il est de bon ton d’appeler la ‘’dure rançon du Progrès’’, sous entendant ainsi que le Progrès en question doit obligatoirement se payer avec des larmes, des douleurs, des morts.

    Si vous voulez l’eau chaude bonnes gens, il faut accepter de souffrir et même de mourir un peu.

    La vie de château ça se paye.

    Ce qui se constate, évidemment, au quotidien, mais l’argument aurait une tout autre valeur si, à la place de Progrès, était utilisé le mot Profit.

    Mourir, d’accord, mais en sachant vraiment pourquoi.

    Car à l’occasion, seulement hélas, des sempiternelles tragédies mortelles que constituent non seulement les accidents d’aéronefs mais aussi toutes les catastrophes dues aux activités humaines, - qu’on dénomme nos ‘’exploits technologiques’’ quant tout va bien,- tout le monde se rend bien compte d’une évidence : le Progrès est payé par les uns mais bénéficie aux autres.

    Alors ?

    Eh bien, il y a quelques années, j’avais été amené à effectuer un reportage - je suis reporter, pas très grand, c’est vrai, encore qu’avec 1, 85m, mais bon, j’en suis pas peu fier – un reportage, donc, sur une brigade d’hélicos de la Gendarmerie Nationale.

    Des vrais pros, sympas, gendarmes évidemment mais vachement clairvoyants en plus, et qui se désolaient, par exemple, de payer une fortune la moindre pièce de rechange.

    Ainsi, en me désignant un bout de ficelle rouge que les mécanos accrochent à certains endroits lorsque un appareil est au repos, l’un d’eux me disait, ‘’regardez, ‘’ça’’, c’est rien du tout et ça coûte plus de mille balles !’’.

    Un bout de ficelle de 8 à 10 centimètres, tout riquiqui, même rouge, à mille francs, ça fait vraiment cher du mètre…

    Explication : ‘’C’est certifié, conforme, et tout et tout. Avec ça et tout le reste, on vole l’esprit tranquille. ‘’.

    Le fait est que ces pièces étaient chères mais c’était le coût de la sécurité.

    C’est-à-dire le coût des appareils pour tester les pièces, de la fréquence accrue des opérations de contrôle, de la qualification des experts etc.

    Pourquoi ?

    Déjà à l’époque les pilotes m’avaient cité des cas d’intrusion sur les marchés intérieurs occidentaux de pièces issues de…la fraude.

    En clair, de pays pas clairs du tout qui fabriquaient en papier mâché des trucs qui auraient du l’être en alu aviation voire en acier inox de haute qualité…et qui les vendaient en douce par des circuits d’une opacité égale à leur rentabilité.

    Très hautes…

    Et c’était, déjà, il y a 7 à 8 ans.

    Aujourd’hui ?

    Avec la montée en puissance des économies émergeantes et des ‘’besoins’’ de profits exacerbés qui vont avec, il y a du souci à se faire.

    Non. Pas question de dire que la ou les causes des accidents c’est ci ou ça. On laisse ça aux vrais experts. Qui sauront. Et diront. Pas très fort peut-être. On a plus facilement cravaté l’abruti zozo qui a téléphoné pour s’authentifier auteur d’une catastrophe que les vrais coupables qui continueront à nuire ad vitam.

    Mais notre boulot est seulement de dire que la course au Progrès suit un chemin parallèle évident, incontournable et, cette fois, o-bli-ga-toire à celui de la course à la rentabilité.

    On n’en sortira JA-MAIS.

    Notre boulot aussi de dire qu’à l’occasion de ces tragédies, le problème de fond, -pourquoi et pour qui le Progrès ?-, pourrait être abordé mais qu’il ne l’est et ne le sera jamais.

    Ni par les officiels chargés des discours de condoléances, pas plus que les têtes d’œufs qui leur servent les expertises, tout juste destinées à fermer le bec aux raisonneurs pas d’accord, ni, a fortiori, par des journalistes tout contents et flattés d’y aller, les sourcils navrés, de leurs commentaires d’initiés technologiques et compassionnels.

    Pièces contrefaites, plus vraies que les vraies ? Et moins chères ?

    Qui osera attaquer de front les pays émergeants que tout le monde connaît, du moins dans certaines hautes sphères, mais que personne ne voudra affronter pour des raisons que personne n’ignore non plus.

    ‘’Ah, cher monsieur, vous comprenez, les complications diplomatiques. Politiques en plus…’’

    Sans oublier les profits à la clef et au coin des tractations qui commandent la balance de nos échanges commerciaux…

    Fermez le ban.

    Et les cercueils.

    Les ‘’arguments’’, on nous les ressert, également, lorsque est évoquée la fiabilité des compagnies aériennes domiciliées dans les mêmes pays.

    La fameuse liste noire existe.

    Les parlementaires ont fait leur boulot après la catastrophe de Charm el Sheik .

    A l’époque, un ministre, on est charitable on ne le citera pas, avait précisé, onctueusement diplomate : ‘’Nous préférons rendre publique une liste bleue, des compagnies fiables.’’

    Gentil non ?

    Surtout ne pas dire aux assassins qu’ils le sont.

    Les relations que nous entretenons avec leurs gouvernements vous comprenez…

    Depuis lors, et malgré les efforts d’une armée d’avocats qui bataillent ferme, les indemnités continuent à produire des intérêts, bien au chaud dans les banques des ‘’pays amis’’ en question.

    Pas de rouspétances officielles ?

    Pas d’actions, de pressions en douce toujours possibles ?

    Même pas de campagnes de presse ?

    Tout le monde aux ordres ?

    De qui ?

    Du Progrès ?

    De ceux qui le payent ou de ceux qui encaissent ?